Jean-Bernard Pouy de retour à la SN

Ce n’est un mystère pour personne, la série noire a changé de « patron », Aurélien Masson est parti vers de nouvelles aventures et c’est Stéfanie Delestré, bien connue des amateurs de polars qui a repris la maison. Elle marque son arrivée avec le retour de Jean-Bernard Pouy dans la maison : Ma ZAD.

PouyCamille Destroit, la quarantaine, est responsable de rayon dans un magasin plus ou moins bio. Il vit seul dans la ferme dont il a hérité, et s’ennuierait s’il ne s’était pas engagé, peu à peu, dans la ZAD voisine. Grâce à son boulot, il peut procurer à ses potes zadistes des palettes ou des invendus. Jusqu’au jour où, lors d’une opération d’évacuation musclée de la zone, il est arrêté et placé en garde à vue.

En sortant il retrouve son hangar où il range les produits qu’il destine à ses potes brûlé, et il se fait virer de son boulot, le magasin appartenant en fait à la famille qui fait la pluie et le beau temps dans la région et qui, ô hasard, doit construire le machin à l’origine de la création de la ZAD.

Dangereux, toujours très dangereux de se faire un ennemi qui n’a plus rien à perdre. Et qui pourrait être facilement motivé par ses nouveaux amis, et plus particulièrement par la jeune et belle Claire qui s’est installée chez lui.

Avec Ma ZAD je m’aperçois que, dernièrement, je préfère Jean-Bernard Pouy brillant nouvelliste, dans ses exercices virtuoses avec son ami Marc Villard par exemple, à Jean-Bernard Pouy romancier.

Attention, il est un romancier brillant, on retrouve son style, son humour, ses références innombrables, sa mauvaise foi assumée, ses goûts marqués, son engagement toujours drôle jamais dogmatique. C’est étincelant, vif, drôle.

Mais c’est également un peu frustrant. Si cette vivacité, cette légèreté, cette insolente facilité nonchalante font merveille sur un texte court qu’il sait toujours terminer sur une pirouette qui vous laisse baba, sur ce roman, j’aurais aimé un poil plus de densité, une intrigue qui ne me laisse pas sur ma faim, des personnages secondaires plus complexes.

Du coup, même si je ne me suis ennuyé à aucun moment de la lecture (c’est impossible de s’ennuyer en lisant du Pouy), j’ai refermé le bouquin avec un goût frustrant de « pas assez », et l’impression que le démarrage promettait mieux que ce que nous offre la fin.

Jean-Bernard Pouy / Ma ZAD, Série Noire (2018).

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