Les histoires d’amour finissent …

Je continue à découvrir les polars français de ce début d’année avec Simple mortelle de Lilian Bathelot.

BathelotNicole est en route vers son premier poste d’institutrice dans un village paumé de l’Aude. Un nouveau départ dans la vie terne de cette mère de famille divorcée et dont les enfants sont partis. Alors qu’elle est bloquée par un orage monstrueux sur la petite route qui l’amène à destination elle tombe sur Louis, qui semble l’attendre sur le bord du chemin, indifférent aux trombes d’eau.

Louis, qui vit dans une ferme isolée et fait un peu de tout dans le village. Entre eux, le coup de foudre. Peu à peu Nicole va découvrir le passé de son amant, et ses activités contre la construction d’un barrage. Ailleurs, de gros intérêts financiers et la raison d’état pourraient bien mettre la vie de Louis en grand danger.

Je ne sais pas si c’est le temps maussade, le hasard des sorties ou le virus de la grogne, mais je continue à rouméguer. Alors que le roman de Lilian Bathelot est accueilli avec enthousiasme ici et là, je suis resté mitigé.

Certes c’est une belle histoire d’amour. Oui ça part plutôt bien avec une belle scène d’orage et une construction intrigante. Mais arrivé à peu près à la moitié, j’ai commencé à m’ennuyer, à relire des BD, à avancer lentement et même à sauter quelques passages.

Je ne saurais mettre exactement le doigt sur ce qui m’a fait décrocher, malgré quelques pistes.

Tout d’abord, les deux personnages principaux sont trop parfaits. Aucun défaut, beaux, amoureux, intelligents, justes jusque dans leurs plus petites actions. Au bout d’un moment, j’en arrive à m’en désintéresser.

Ensuite, les personnages secondaires, qui sont ceux qui font avancer l’action, ne sont qu’à peine esquissés. Et du coup sont assez caricaturaux. On ne peut ni les aimer ni les détester. Comme disait tonton Alfred, pour réussir un polar, il faut réussir le méchant. Là il est fantomatique.

Et pour finir, si le démarrage fait souffler la tempête, tomber des trombes d’eau, marteler la grêle, après je trouve que le souffle tombe, malgré les plus belles pages, celles qui concernent les balades dans la montagne audoise.

Voilà, ça me désole, mais je me suis un peu ennuyé. Alors c’est moi docteur ou c’est le bouquin ? Je suis preneur de vos diagnostics.

Lilian Bathelot / Simple mortelle, La manufacture des livres (2018).

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