Jake Hinkson à la fois classique et original

Revoici Jake Hinkson chez Gallmeister pour la troisième fois, avec Sans lendemain.

HinksonMalgré son prénom Billie Dixon est une fille. Nous sommes dans les années 40, elle parcourt le sud des Etats-Unis pour placer dans les petites villes des films de seconde, voire troisième catégorie. Pas passionnant comme boulot, mais on fait avec ce que l’on trouve.

Jusqu’au jour où elle s’arrête à Stock’s Settlement, dans l’Arkansas. Impossible de placer la moindre bobine, le pasteur local a décidé que le cinéma était l’œuvre du Diable. Billie décide d’aller plaider sa cause mais l’homme, un colosse aveugle, est complètement fanatique. Tout devrait s’arrêter là quand Billie croise le regard d’Amberly, la magnifique épouse du pasteur. Magnifique et … fatale.

Comment faire du neuf avec du vieux ? Jake Hinkson utilise un point de départ vieux comme le polar : La rencontre de la femme fatale comme début de la chute, et l’utilise à sa façon, en y mettant ses propres ingrédients.

Premier élément qui ne trompe pas, ce polar se lit d’une traite. Court et rythmé, il nous embarque et même si on sait que la fin sera sinistre, on est pris par le tempo et le déroulé de l’intrigue.

Ensuite, l’auteur sait rendre son roman original. En choisissant trois personnages principaux étonnants : Billie tout d’abord, femme libre, qui paie le prix fort pour ne pas accepter de se plier aux carcans de son époque. Femme au franc parler qui donne le ton acide du roman. Amberly ensuite, que l’on va découvrir au fur et à mesure du récit, la femme fatale, celle par qui tout arrive. Et Lucy qui va poursuivre Billie, personnage étonnant, forte mais victime de la tyrannie des hommes, au moins autant que les deux autres.

Avec ces trois personnages le ton est donné, et à travers eux Jake Hinkson peut nous parler de la place des femmes dans la société en 1940, et du poids étouffant de la religion dans les campagnes. Une thématique qui revient dans son œuvre, et dont il parle en connaissance de cause : la quatrième nous apprend qu’il vient d’une famille de prêcheurs de l’Arkansas.

Sans être le polar de l’année, Sans lendemain est un classique bien mené, noir et serré.

Jake Hinkson / Sans lendemain (No tomorrow, 2015), Gallmeister/Americana (2018), traduit de l’anglais (USA) par Sophie Aslanides.

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