L’histoire des Osages

Bien que je ne sois pas habituellement lecteur d’essais, les avis positifs lus sur plusieurs blogs polar m’ont convaincu de lire La note américaine de David Grann.

GrannAux XIX°, le peuple Osage, comme les autres peuples indiens, s’est vu attribuer quelques terres dans une réserve pourrie, terre sèche et cailloux. Tout change au début du XX° siècle quand on découvre dans les sous-sols de la réserve un gigantesque gisement de pétrole. Les Osages deviennent alors richissimes, et leur réserve, ainsi que leur situation, attirent tout ce que le pays compte de vautours.

En 1921, deux membres de la communauté sont assassinés, d’autres meurent étrangement de maladies foudroyantes. Les enquêteurs sur place disparaissent à leur tour, ou sont achetés. Un jeune bureaucrate, arrivé à la tête du Bureau Of Investigation envoie alors sur place un ancien Texas ranger incorruptible, Tom White. Il peut recruter qui il veut, travailler comme il veut, seule obligation, tenir son chef au courant tous les jours et surtout, réussir à tous prix. C’est que le jeune bureaucrate a de l’ambition, beaucoup d’ambition, une ambition dévorante et maladive. C’est Edgar J. Hoover de sinistre mémoire.

Pour lui, Tom White va mettre à jour un réseau de criminels qui tuent les indiens pour s’emparer de leurs richesses. Et il ne découvrira pas tout, au début du XXI° siècle le journaliste David Grann qui s’intéresse à cette affaire totalement oubliée va découvrir que la réalité était encore plus sinistre.

Je vais être honnête avec vous (comme toujours), c’est un livre qui m’a appris une quantité impressionnante de choses, c’est peut-être même un livre qu’il faut lire si on veut connaitre l’histoire cachée des USA, et sans doute la nôtre (parce que les américains ne sont pas le seuls qui cachent leurs saloperies), mais ce n’est pas un livre que j’ai eu un grand plaisir à lire.

La rigueur et l’honnêteté de l’enquête, ne sont pas en cause, l’intérêt historique non plus. C’est juste que j’ai un peu perdu le goût des essais, et que, désolé, non, ça ne se lit pas comme un polar pour reprendre la phrase type des imbéciles.

Tout est passionnant … Sauf l’écriture très plate, qui énonce des faits, mais ne donne pas vraiment, sauf par moment, de chair aux protagonistes. J’ai appris, effaré, comment les indiens étaient traités comme des enfants qu’il fallait mettre sous tutelle, j’ai découvert, ou confirmé après le famille Winter les mœurs ouvertement corrompues de toute la société américaine au début du XX°, j’ai vu, atterré, comment l’histoire est toujours écrite par les vainqueurs, et je me suis demandé ce que ça veut dire chez nous. J’ai lu, j’ai été très intéressé, mais je n’ai pas dévoré. Alors qu’un polar de Don Winslow sur le sujet m’aurait fait grimper au rideau.

Je suis devenu trop accro à la littérature de fiction. Désolé.

David Grann / La note américaine (Killers of the flower moon, 2017), Globe (2018), traduit de l’anglais (USA) par Cyril Gay.

11 réflexions au sujet de « L’histoire des Osages »

  1. belette2911

    « s’est vu attribuer quelques terres dans une réserve pourrie » : comme ce fut souvent le cas, hélas ! L’Homme est cupide et peu partageur, il s’installe chez les autres, les expédie ailleurs, les place dans des endroits de merde et quand de cet endroit de merde jaillit des richesses, alors, il fait tout pour le récupérer. On est des pourris. :/

    Je note aussi ce roman (tu me tues, toi, ce soir !!!) car j’aime m’instruire durant mes lectures et pas dans le sens d’apprendre la distance terre-lune ! 😉

    Répondre
      1. belette2911

        Non, non, tout était clair dans mon esprit : je vais lire des choses véridiques !! Et j’aime ça (sauf les biographies politiques ou people, on est bien d’accord !).

        Mis la main dessus aussi. Je vais finir sur #DénonceTonCannibal

  2. Michèle

    Il me plaît que vous rappeliez ainsi l’importance de l’écriture et l’importance de la fiction. Sans épaisseur sans poésie (j’appelle poésie une écriture qui percute ) les choses dites ne sont pas là.
    Je viens de lire Les infidèles de Dominique Sylvain.
    Je viens de lire La petite gauloise de Jérôme Leroy.
    Ça vous change le monde, ça vous lave les yeux, ça vous nettoie le coeur.

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  3. Catherine Whitebird

    Il faudrait lire « Enterre mon cœur à Wounded Knee » si vous voulez continuer d’être horrifié par la véritable histoire des USA. .J’ai pleuré tout le long.

    Répondre

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