Get up

Michaël Mention nous revient avec un roman très ambitieux, et très réussi sur le mouvement des Black panthers : Power.

MentionLes USA pataugent au Vietnam, Malcom X vient d’être assassiné, les noirs américains sont harcelés par la police, discriminés, matraqués. Ceux qui trouvent le pasteur King trop modéré ne savent plus à quoi se raccrocher.

A Oakland deux jeunes, Bobby Stills et Huey Norton lancent leur parti, révolutionnaire, social, armé : le BPP, le Black Panther Party. Ils veulent armer les noirs, pour qu’ils puissent se défendre contre des flics racistes, ils veulent nourrir, soigner et éduquer les ghettos, ils ne veulent plus faire partie de l’armée d’un pays raciste et capitaliste … Ils veulent la révolution.

Et rapidement leur mouvement s’étend dans tout le pays. Les blancs prennent peur, le FBI réagit. La drogue, les gangs et les infiltrés seront leurs armes contre ce mouvement qui met en péril le fondement raciste et capitaliste du pays.

Sur fond de rock, de soul et de funk, Charlene, jeune fille militante, Neil flic choqué par ce qu’on lui fait faire, et Tyrone sorti de prison pour infiltrer le mouvement feront partie des nombreux jeunes broyés par cette lutte.

Michaël Mention a parfaitement évité tous les pièges d’un tel livre : Il aurait pu tomber dans l’essai, l’accumulation d’informations au détriment des personnages. Il aurait pu tomber dans le manichéisme, montrant tous les Black Panthers comme des enfants de cœurs, ou des Robin des Bois et ceux qui les détruisent comme de purs pourris. Il aurait pu simplifier à outrance.

Il n’en est rien. Power est un roman passionnant, autant sur le fond que sur la forme. Il vous fait rêver, vous met la rage aux tripes, vous donne envie de danser et chanter sur une bande son exceptionnelle, vous fait pleurer avec Charlene, péter un câble avec Neil. Il groove d’un personnage à l’autre sans jamais vous perdre. Il vous met des dizaines de titres en tête (et des bons !) il vous apprend plein de choses, il vous fait réfléchir.

Vous hurlez (intérieurement) de colère et de frustration face aux menées du FBI, et surtout, vous regrettez la fin d’un tel mouvement qui, avec ses lacunes, ses erreurs, ses conneries, a eu le mérite d’essayer de soulever les damnés de la Terre, a nourri des gamins, éduqué des adultes, soigné des humains, ceux dont personne ne voulait, ceux dont personne ne s’occupait.

Un tel roman est-il indispensable en ces périodes d’individualisme, de recul du collectif, de fric tout puissant, d’oubli des luttes passées, d’inexistence de vision du futur ? Il me semble que la réponse est contenue dans la question.

Michaël Mention / Power, Stéphane Marsan (2018).

6 réflexions au sujet de « Get up »

  1. Usva K.

    Ce livre fait partie de mes prochaines lectures, j’ai bien fait de poser mon lundi pour m’y consacrer, cette chronique renforce encore l’envie de le dévorer ! 🙂

    Répondre

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