Lecture en retard : Richard Krawiec

J’ai raté les romans de Richard Krawiec à leur sortie, mais comme il était invité à Toulouse Polars du Sud, j’en ai profité pour le découvrir avec Vulnérables.

KrawiecBilly Pike a une quarantaine d’années. Il a fui sa ville natale, et survit de petit boulot en petit boulot, quand il ne commet pas quelque cambriolage minable. Seul dans l’appartement vide que sa dernière copine vient de quitter, il reçoit un coup de fil de sa sœur Carol : Leurs parents ont été cambriolés, la maison saccagée, et maintenant ils ont peur d’y vivre seuls. Or Carol va bientôt accoucher et leur frère Randy n’est pas au mieux avec sa femme. Elle lui demande de revenir pour aider ses parents.

Comme plus rien ne le retient là où il est, et bien qu’il se soit bien promis de ne jamais y retourner, Billy va donc retrouver sa ville et sa famille. Et affronter le passé qui a fait de lui l’homme perdu qu’il est.

Je ne vais pas prétendre que c’est une lecture aimable ou agréable.

C’est plutôt rude, rugueux même. Les personnages sont souvent pathétiques, de ces gens ternes que l’on croise et à qui on ne prête jamais attention, qui n’osent pas élever la voix pour se faire entendre. Jonglant avec plusieurs boulots, économisant le moindre sou, ils ont réussi, au terme d’une vie, à devenir propriétaires d’une petite maison, et c’est cette maison qui est vandalisée. C’est aussi cette vie que Billy a fui (entre autres choses que l’on découvrira).

Un Billy d’autant plus mal à l’aise dans son rôle de consolateur qu’il ne supporte plus ses parents, et qu’il sait parfaitement qu’ailleurs, c’est lui qui a brisé la confiance d’autres familles en les cambriolant. Un Billy déchiré, au bord de la rupture, qui croit quand même pouvoir arranger les choses mais ne fait que les empirer et en a une conscience qui le ronge.

Le lecteur coule avec le narrateur, et observe le naufrage de ceux qui l’entourent. Avec effroi, sans grand espoir, mais également avec beaucoup de compréhension et d’empathie grâce à l’humanité de l’auteur. A lire, à condition de ne pas être dans un moment de déprime.

Richard Krawiec / Vulnérables (At the mercy), Points/Policier (2018), traduit de l’anglais (USA) par Charles Recoursé.

2 réflexions au sujet de « Lecture en retard : Richard Krawiec »

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