Le premier roman d’Indridason

Métailié a décidé de ressortir le tout premier roman d’Arnaldur Indridason, qui n’avait pas été traduit en français : Les fils de la poussière. Etait-ce vraiment indispensable ?

IndridasonDaniel, la quarantaine, interné depuis des années, se suicide en sautant par la fenêtre sous les yeux de son frère Palmi venu lui rendre visite. D’après les infirmiers, depuis quelques temps il était étrangement abattu.

Est-ce lié au visites qu’un vieil homme lui a rendues dernièrement ? Il s’avère que c’est un de ses anciens professeurs, qui quelques jours plus tard est retrouvé assassiné chez lui, brûlé vif attaché à une chaise dans son bureau.

Palmi, bouquiniste qui vit seul dans l’ancien appartement de leur mère va commencer à mener l’enquête en parallèle de celle des policiers : un certain Erlendur, et un petit jeune, Sigurdur Oli.

Voici donc les début d’Arnaldur Indridason. Qui révèle ici qu’il a vite appris de ses erreurs, tant son suivant, qui l’a fait découvrir en France, est beaucoup plus abouti.

Parce qu’il faut avouer que l’enquête est assez poussive, et surtout pas vraiment crédible. Le final est invraisemblable, le « méchant » caricatural, complètement cinglé dans le genre maître du monde ricanant, ses actions passées sont atroces, et en même temps il est trop gentil avec ceux qui enquêtent sur lui. En gros la partie policière est ratée.

Ensuite, pour nous qui sommes habitués à partager les doutes et la solitude d’Erlendur, de le connaître comme un proche, il est assez frustrant de ne le côtoyer ici que de loin, comme un personnage de plus, sans réelle épaisseur.

Par contre on voit déjà apparaître quelques traits caractéristiques de ce qu’allait devenir la saga Erlendur : L’intérêt de l’auteur pour les plus démunis, la mise en lumière des côtés sombres de l’Islande, le poids du passé sur nos vies actuelles, et le changement du pays qui s’américanise, jusque dans sa langue. Tout cela était déjà là, en germe, dans ce polar un peu maladroit, et allait lancer, dès La cité des jarres, la grande série du maître islandais.

Une curiosité pour les fans absolus qui veulent absolument tout lire de l’auteur, et attendent avec impatience ses premières rédactions et ses listes de courses, plutôt évitable pour les autres.

Arnaldur Indridason / Les fils de la poussière (Synir duftsins, 1997), Métailié (2018), traduit de l’islandais par Eric Boury.

16 réflexions au sujet de « Le premier roman d’Indridason »

    1. actudunoir Auteur de l’article

      Oui et non !
      C’est le premier d’Indridason et Erlendur y apparait comme un des personnages, mais pas le personnage central.
      Le premier où il est central est La cité des jarres.
      Et ensuite Indridason a écrit des romans où il est beaucoup plus jeune, à ses débuts dans la police.

      Répondre
  1. Meyer Meyer

    Je te trouve un peu sévère avec le livre. J’ai pris beaucoup de plaisir à la lecture à l’exception de la fin du livre sur laquelle je suis d’accord avec toi. C’est loin d’être le meilleur livre de la série mais ça m’a intéressé de découvrir cette esquisse d’Erlandur qui est assez différente du personnage qu’il deviendra par la suite. Un livre qui n’est pas indispensable mais qui peu t intéresser les fans d’Erlandur.

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    1. actudunoir Auteur de l’article

      Bon voici un avis plus nuancé. Je dois être trop exigeant envers Indridason.
      D’un autre côté, ça peut intéresser aussi les fans qui veulent voir l’évolution de son écriture.

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  2. belette2911

    J’adore Erlendur, j’adore son père littéraire, mais si son premier n’est pas aussi fort, aussi bon, aussi extra que les autres, je vais peut-être m’abstenir de lire ses débuts balbutiants ! 😆

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      1. belette2911

        Oui, j’ai vu des moins durs que toi… en tout bien tout honneur, je ne voudrais pas avoir des ennuis avec madame Actudunoir ! 😆

        Bon, c’est pas tout ça, mais je suis toujours avec mon cul entre deux chaises, moi 😆

  3. cécile

    Bonjour,
    j’ai eu le plaisir de participer à la journée « une année de polars » hier et j’ai oublié de vous demander si ça vs ennuyait que je mette ds les livres empruntés un marque page »coup de cœur de l’Actu du noir »?
    Quant au dernier-premier d’Indridason,c’est vrai qu’il n’est pas bon mais il est émouvant car on y devine tout ce qui fera son talent qqs années après!
    Merci encore pour ces découvertes!

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