15 ans après, Hervé Le Corre revient à Paris

En ce début 2019 Hervé Le Corre retrouve l’époque qui lui avait si bien réussit avec L’homme aux lèvres de saphir et livre un roman tout aussi magistral : Dans l’ombre du brasier.

lecorreMai 1871, la Commune vit ses derniers jours, les Versaillais, bien supérieurs en nombre et en équipement sont aux portes de la ville et le massacre se prépare. Dans ce chaos, le récent sergent Nicolas Bellec court d’une barricade à l’autre avec ses deux amis, Le Rouge et Adrien, un gamin de 16 ans. Il veut défendre son rêve, mais aussi survivre pour retrouver Caroline, qui aide dans un centre de soins aux blessés.

Antoine Roques a été bombardé commissaire de police, et bien que ne connaissant rien au métier, il va tout faire pour retrouver le pervers qui enlève des jeunes filles depuis quelques jours. Non loin, Henri Pujols, colosse défiguré enlève des gamines avec l’aide de Clovis, un cocher sale et mystérieux qui connaît la ville comme sa poche.

Alors que les obus tombent sur Paris, et que les portes tombent une à une, dans la fumée des incendies et au milieu des cris de rage et de douleur les destins de ces personnages vont se croiser.

Qu’est-ce qu’on prend dans la figure à la lecture de ce nouveau roman époustouflant d’Hervé Le Corre !

Pour commencer on finit exténué, tant il excelle à rendre la fatigue, l’épuisement, de Caroline, Nicolas ou Antoine qui ne dorment plus mais s’écroulent, courent d’un côté à l’autre pour sauver leur peau et celle des autres, tentent de maintenir un rêve moribond quelques jours quelques heures de plus, sont assourdis par les explosions, blessés par les éclats de verre, de pierre, d’acier, tombent, se relèvent … Exténué aussi tant on tremble pour eux, tant on espère qu’ils s’en sortiront, jusqu’à la dernière page.

Exténué, mais aussi ravi, bouleversé, enragé, et écœuré. D’autant plus écœuré que malheureusement, les lendemains qu’espèrent des personnages qui ne se font plus d’illusion sur leur présent ne sont jamais arrivés, et que nous ne sommes pas près de les voir.

En attendant, on ne peut qu’être admiratif devant la puissance d’évocation de l’auteur qui nous fait ressentir la crasse, la violence des explosions, l’espoir malgré tout, le désespoir face au manque de moyens et aux discussions stériles, les moments de joie quand le silence se fait et qu’un rayon de soleil éclaire les quais, le plaisir simple d’un café partagé avec deux amis, la solidarité désintéressée des uns, la traitrise et la mesquinerie des autres, les odeurs, les vibrations, la peur …

Et quels personnages ! Magnifiques, fragiles, changeants, doutant parfois mais tellement solides aussi. Vous tremblerez jusqu’au bout avec eux, et les emporterez avec vous une fois le roman refermé.

Hervé Le Corre / Dans l’ombre du brasier, Rivages/Noir (2019).

 

9 réflexions au sujet de « 15 ans après, Hervé Le Corre revient à Paris »

  1. Ingannmic

    J’allais te signaler la coquille en début de billet, je vois que j’ai été devancée !! Cela fait un moment que je me promets de lire cet auteur, rencontré il y a trois ans sur le salon Lire en poche de Gradignan (je l’avais trouvé passionnant), puis mon conjoint a squatté mon exemplaire d’ Après la guerre pendant suffisamment de mois pour que je l’oublie un peu… voilà un bon rappel. C’est de plus une période qui n’est pas traitée si souvent en littérature, et que je connais mal (j’en ai appris un peu plus cette année en lisant La débâcle de Zola), je note donc !

    Répondre
    1. actudunoir Auteur de l’article

      En plus des deux romans de Hervé Le Corre (tous depuis l’homme aux lèvres de saphir), sur la Commune il y a l’excellent roman de Patrick Pécherot, Une plaie ouverte.

      Répondre
  2. Trane

    Lu ce week-end et je me suis régalé. Formidable histoire. Nous vivons avec ces personnages servis par une puissance d’évocation hors du commun.
    Magnifique livre sur la Commune, tout comme le livre de Pecherot, plaie ouverte.
    Autre époque mais j’ai été très impressionné par Hevel le dernier livre de Pecherot. Mais je m’égare.

    Répondre
  3. Françoise Croville

    Oui, moi qui avais adoré le Pécherot (comme tous les romans de cet auteur d’ailleurs), je suis curieuse de lire celui-ci. Il arrive bientôt à ma bibliothèque 🙂

    Répondre

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s