Une belle découverte russe

Un auteur russe, et une thématique originale. Deux raisons pour s’intéresser à Texto de Dmitry Glukhovsky.

GlukhovskyIlya a fait 7 ans de prison, loin de Moscou, dans la Zone. 7 ans pour rien. Il avait été piégé par un flic des stups en mal de chiffre, en voulant jouer au chevalier servant pour protéger Valentina sa copine de l’époque. Maintenant il rentre chez sa mère, dans la banlieue de Moscou, décidé à reprendre le cours de sa vie, sans Valentina qui va se marier avec un autre.

Mais les choses ne se passent pas comme prévu, et dès le premier soir, traquant l’ordure qui l’a piégé, il va se retrouver en possession de son téléphone portable. Et aujourd’hui, quand on a le portable de quelqu’un on sait tout de lui, on peut même se faire passer pour lui. Mais au prix de quel numéro d’équilibriste ? Et jusqu’où peut-on tenir avant de chuter ?

En cherchant un peu sur internet j’ai vu que Dmitry Glukhovsky a déjà une belle réputation d’auteur de SF. Je ne le connaissais pas, mais ce qui est certain c’est que ce polar vaut vraiment le détour.

Deux éléments, essentiellement, en font une œuvre originale.

Tout d’abord la description de la société moscovite de nos jours. C’est peut-être dû à ma grande ignorance, mais je n’avais encore jamais lu de polar qui décrive ainsi la vie de tous les jours à Moscou. Une jeunesse qui flambe, gagne beaucoup et dépense beaucoup, dans une illusion de liberté et de fête permanente, mais en même temps la surveillance permanente, l’arbitraire de la police, ou plutôt des polices, leur toute puissance, leur corruption et les restes de féodalité avec des dynasties de flics qui se perpétuent.

Le tout dans une ville contrastée, lumière et luxe, et à côté froid, neige maronnasse et ruelles obscures ; centres commerciaux comme des châteaux disneyens ; immeubles gris et sinistres et constructions staliniennes. Comme chez nous pourrait-on dire, mais encore plus que chez nous.

L’autre grande originalité est l’auteur essaie de voir jusqu’à quel point on peut se faire passer pour quelqu’un, le connaître, vampiriser sa vie quand on s’empare de son téléphone. A quel point on peut exister à sa place auprès de ses proches, famille, collègues, sans jamais les rencontrer ni même leur parler.

L’exercice est parfaitement mené, il instaure un suspens et une tension qui font tourner les pages jusqu’au final, où, quand même, il faut se résoudre à revenir dans le mode réel.

Très belle découverte originale.

Dmitry Glukhovsky / Texto (Tekct, 2017), L’Atalante (2019), traduit du russe par Denis E. Savine.

8 réflexions au sujet de « Une belle découverte russe »

  1. flyingelectra

    la couverture est superbe ! pas le temps non plus, mais je vais noter son nom (vraiment le noter car il s’écrit plus facilement en russe qu’en français LOL)

    Répondre
  2. Meyer Meyer

    Les premières pages du lignes sont remarquables mais je dois avouer que je me suis ennuyé à la lecture du livre. Je n’y ai pas trop cru et les péripéties du protagoniste ne m’ont pas trop intéressé. Dommage car il y a tout de même des beaux passages.

    Répondre

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