Les mains sales

Les mains vides n’est que le quatrième roman de Valerio Varesi traduit en France, et pourtant on a déjà l’impression de les connaitre depuis toujours, lui et son commissaire Soneri.

VaresiFinies les vacances en montagne pour chercher les cèpes. En ce mois d’août, comme tous les habitants de Parme, le commissaire Soneri cuit dans son jus. La ville est assommée par une chaleur accablante, et les nerfs sont à vif.

Est-ce cela qui explique que des voyous aient volé l’accordéon de Gondo, un vieil homme qui fait partie intégrante de la ville et joue sur les marches du théâtre ? et que des inconnus aient tabassé à mort le patron d’une boutique de prêt à porter dans son appartement ?

A moins que quelque chose de beaucoup plus sinistre ne se prépare, qui tourne autour de la personne de Gerlanda, usurier qui tient dans ses pognes une bonne partie des commerçants de la ville, et de la vague de rachats de bâtiments et d’édifices dans tout le centre. Des intérêts qui dépassent de beaucoup le faible pouvoir du commissaire d’une petite ville pourraient être en jeu.

J’avais rarement eu autant l’impression de mourir de chaleur qu’en lisant Les mains vides. Soneri et ses collègues n’en peuvent plus, la ville est un four, la nuit n’apporte aucune fraicheur, la fatigue s’accumule … Tout ce contexte est rendu de façon frappante.

Et ne contribue pas à alléger une enquête sinistre et un constat absolument désespérant. La ville de Parme, qui fut rebelle et révolutionnaire est complètement anesthésiée, et pas que par la chaleur. L’appât du gain immédiat, et de la vie facile, sans aucune ambition de construire quoi que ce soit la livre, pieds et poings liés, aux usuriers et mafieux de tous poils. Et contre les puissances de l’argent, qui achètent tout, les pouvoir des flics, aussi entêtés et incorruptibles soient-ils, est bien dérisoire.

Un constat désespérant pour Soneri, mais également pour son auteur et le lecteur. Désespérant et rendu encore plus accablant par le coup de chaud que vous allez prendre en lisant. Au point qu’on se demande comment Soneri va pouvoir se remettre de ce coup là.

Le roman de Valerio Varesi le plus sombre à ce jour.

Valerio Varesi / Les mains vides (Amani vuote, 2004), Agullo (2019), traduit de l’italien par Florence Rigollet.

5 réflexions au sujet de « Les mains sales »

  1. Matatoune

    Du roman noir de chez noir, ce Valero Varesi ! Je suis entrain de lire  » les ombres de Montelupo » déjà chroniqué sur ce site …Je ne connaissais absolument pas! Une belle découverte!

    Répondre
  2. belette2911

    Aux innocents les mains pleines, donc, tu ne devais pas l’être si tu as les mains vides 🙂 Connaissais pas l’auteur, mais j’ai dû lire les chroniques ici et ne pas prendre note pour cause de PAL surchargée 😉

    Répondre
  3. Jourdan

    Je n’ai pas lu ce roman,mais je lis actuellement Roberto Saviano « Pirahnas »sur la mafia à Naples et la corruption par l’argent facile.
    Mais je lirai volontiers celui que tu chroniques.

    Répondre

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s