Les nocturnes de Cathi Unsworth

Cathi Unsworth nous embarque en hiver 42, à Londres, dans London Nocturne.

UnsworthFévrier 1942, Londres subit les bombardements allemands. Malgré la mort, le froid et la destruction, la vie continue, la nuit, dans l’obscurité du couvre-feu. La vie, la fête, l’alcool, la prostitution, les arnaques … Et les meurtres. Un tueur sème les cadavres de femmes étranglées et mutilées, semant la panique dans le monde de la nuit.

L’inspecteur Greenaway s’est juré de le retrouver et de l’amener à la potence.

J’ai ouvert ce roman persuadé que l’allais l’adorer, comme j’ai aimé les précédents romans de Cathi Unsworth, et impatient de voir ce qu’elle allait faire du Londres de cette période très spéciale. Et finalement, je suis déçu.

Parce que si le décor est magnifique, dans la nuit, la brume et les rues parsemées de ruines, et si l’auteur crée une ambiance très originale, entre bars de nuit, séances de spiritisme, et ce pont de Waterloo en construction, elle glisse beaucoup trop vite, à mon goût, sur les personnages.

J’ai eu l’impression qu’à vouloir embrasser trop de thématiques, elle n’a fait que les effleurer, sans que l’on comprenne toujours leur lien entre elles. J’aurais aimé en savoir plus sur Greenaway, sur Duchesse, sur Lady, sur la bande de la mafia juive de Sammy Lehmann, sur le Maestro, sur le jeune Bobby que ce magicien fascine, sur Swaffer, le journaliste socialiste et pianiste et sur bien d’autres qu’on ne fait que croiser, qui portent tous des promesses d’histoires que l’on ne nous raconte pas. C’est frustrant.

Plutôt que de tous les citer, sans nous les faire connaitre, j’aurais préféré que l’auteur élague un peu, se concentre sur une partie de son intrigue, développe certains thèmes, approfondisse certains personnages, quitte à en laisser tomber d’autres.

Le résultat est que je suis resté assez indifférent, et que je n’ai fait que croiser des personnages désincarnés évoluant dans ce décor impressionant.

Cathi Unsworth / London Nocturne (Without the moon, 2015), Rivages/Noir (2019), traduit de l’anglais par Isabelle Maillet.

7 réflexions au sujet de « Les nocturnes de Cathi Unsworth »

  1. belette2911

    J’ai hésité à lire ta chronique car je suis dans ce roman pour le moment et ce que tu dis est hélas vrai. Je n’en suis qu’à 20% mais on survole les personnages, mais j’espérais qu’ensuite on les approfondirait. Merde alors.

    Tiens, le « Lehmann », serait-ce lui qui fondit de l’autre côté de l’océan une petite société nommée « Lehmann Brothers » ??? 😆

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      1. actudunoir Auteur de l’article

        Je crois que j’ai développé un aveuglement sélectif pour éviter de lire leurs noms et arrêter de vomir à chaque fois …

      2. belette2911

        Faut en parler, qu’on ne les oublie pas, sinon, ils auront droit au pardon de la mémoire défectueuse.

        Des salauds, des assassins, des affameurs, des joueurs et ils sont toujours là ! Allez, je vais vomir mon café…

  2. lewerentz

    C’est marrant, je l’ai vu hier en librairie et j’ai franchement hésitée à l’acheter. Mais je ne l’ai pas fait à cause de la période. Par contre, je vais m’intéresser à ses autres romans; lequel me conseilleriez-vous ?

    Répondre

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