Le dernier thriller norvégien

Je n’avais encore rien lu de Luc Chomarat, et les copains en disent le plus grand bien. Maintenant j’en ai lu un : Le dernier thriller norvégien.

ChomaratDelafeuille travaille aux éditions Mirage, et se rend à Copenhague pour essayer de faire signer Olaf Grunddozwkzson le maître incontesté du thriller nordique. Un voyage qui tourne au cauchemar quand : 1. Il se trouve que deux concurrents sont déjà sur place 2. « L’esquimau », un tueur en série qui ressemble aux créatures de Grunwskzmachin sévit à Copenhague 3. La réalité et la fiction se mélangent allègrement les pinceaux et, en compagnie de Sherlock Holmes (LE Sherlock Holmes), Delafeuille va se retrouver immergé en vrai dans le récit de Grundkwkztruc dans un déballage de sang, de tripes et de blondes minces à gros seins.

Avant de parler du roman, il faut dire que face au procédé littéraire utilisé par Luc Chomarat, je pense immédiatement à un chef d’œuvre, Continuité des parcs de Julio Cortazar. Une nouvelle extrêmement courte qui me retourne chaque fois que je la relis. Si vous voulez vous faire une idée, elle est ici en français, et là en espagnol. C’est pour moi une sorte de nouvelle étalon, de celles qui donnent une idée de la perfection (comme toutes celles du recueil Les armes secrètes d’ailleurs). Et pour apprécier ce roman, sans qu’il soit trop écrasé, je dois faire abstraction de cette référence, et je n’y arrive pas toujours, ce qui fait apparaître toute tentative semblable comme du travail d’amateur, éclairé certes, amusant certes, divertissant … Mais loin du maître. Je ne dis pas que c’est juste, mais c’est mon passé de lecteur qui explique que je sois moins enthousiaste que Yan par exemple.

Ceci étant dit, il faut reconnaître un talent indéniable à Luc Chomarat pour stopper un précédé juste avant qu’il ne devienne lourd. Les blagues qui pourraient être potaches, le comique de répétition, l’absurde assumé, fonctionnent, et s’arrêtent juste avant de paraitre vains. Un vrai numéro d’équilibriste.

Bel équilibre aussi entre la critique du milieu éditorial, de ses modes, des engouements pour n’importe quelle daube du moment que c’est « le nouvel auteur scandinave », de l’argument de plus en plus mis en avant du chiffre de vente comme gage de qualité, et l’expression d’un véritable amour pour la littérature et les livres, y compris ceux des bons auteurs scandinaves.

Une des limites du roman, pour conquérir un vaste public, tient peut-être à son côté très référencé, et je me demande comment pourrait le percevoir un lecteur qui ne connait pas le polar, ou qui est fan de Millenium et autres Stieg Camila Adlerson.

En ce qui me concerne, ayant les références en tête, et étant du même avis que l’auteur sur la vague glacée du thriller venu du nord, si je ne crie pas au chef-d’œuvre, je me suis bien amusé avec ce pastiche original.

Luc Chomarat / Le dernier thriller norvégien, La manufacture des livres (2019).

7 réflexions au sujet de « Le dernier thriller norvégien »

  1. Françoise

    J’ai enfin fini par le lire (ironie et hasard, c’était juste après le dernier Jo Nesbo 🙂 )
    C’est pas mal, on passe un moment sympa, je reconnais que c’est plutôt bien foutu, mais ça s’arrête là.

    Répondre

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