87°, de 26 à 30

L’actualité polar ayant été très riche ces derniers mois, peu de temps pour continuer l’intégrale du 87° District d’Ed McBain. Voici quand même, avant les vacances, les volumes 26 à 30, pour le New York des années 70.

McBain 27Steve Carella croyait que rien ne pouvait l’étonner. Pourtant le démarrage de Après le trépas va le laisser sans voix : l’homme qui l’accueille devant le cadavre sanglant de sa femme lui annonce « bien content qu’elle soit morte ». Et il sait ce qu’il fait, il est avocat d’assises. Les flics du 87° aimeraient bien pouvoir coincer ce mari arrogant et trop sûr de lui. Une intrigue bien tordue, le portrait touchant d’une femme originale et malheureuse, de jolis coups de théâtres, la morgue d’un avocat qui nargue des flics du haut de sa culture et de sa richesse, la ville à la veille de Noël (avec une description très McBain de la veillée au 87° !), et Bert Kling qui se fait mener en bateau pour un épisode délicieux.

Le 27° Le sourdingue, est la troisième apparition de cet adversaire terrifiant des flics du 87°. C’est le printemps, l’air sent bon, le soleil réchauffe les cœurs, les gens se promènent le sourire aux lèvres. Tout commence par un coup de fil, qui tombe sur Meyer Meyer, et le Sourd fait monter la pression … Comme si ça ne suffisait pas, un cambrioleur visite systématiquement les appartements des gens partis en vacances. Et abandonne des petits chats morts pour signer son forfait. Et le Sourd rappelle pour annoncer : « Avec votre aide […], je vais voler cinq cent mille dollars le dernier jour du mois d’avril. » Et Bert Kling va rencontrer Augusta Blair, mannequin de son état, et tomber désespérément amoureux. Un excellent divertissement, comme chaque fois que nos amis affrontent le Sourd.

McBain-29jpgBranle-bas au 87° démarre commence par la découverte de 6 cadavres, dont un bébé, jetés en plein hiver dans une tranchée ouverte dans le rue. Leur sang a gelé et c’est mêlé à la boue. Steve Carella et Bert Kling (qui hésite à demander son amie mannequin en mariage, ce qui donne quelques dialogues assez savoureux) sont en charge de l’enquête. Une enquête qui va les mener dans les quartiers les plus déshérités de la ville, livrés aux gangs qui se font la guerre. Des quartiers qu’il décrit avec une précision toute journalistique sans jamais cependant lasser le lecteur avec cette conclusion : « Une vie d’écrasante pauvreté, de fureur impuissante et de frustration désespérée attendait ceux qui survivaient. Il ne fallait pas s’étonner que la police de ce secteur ait des dossiers sur plus de neuf mille membres de gangs des rues. » Et malgré ce constat désespérant, et une situation qui, on le voit, n’est pas nouvelle (gangs, tags sur les murs, morts quotidiennes de jeunes, assassinats, drogue …), Ed McBain garde son sens de l’humour et du rythme.

Flouze commence en plein mois d’août alors que Steve Carella rentre juste de vacances. En pleine paperasse il est pris à partie par un homme qui voudrait que l’enquête sur l’incendie de son entrepôt aboutisse vite, pour être remboursé par les assurances. Seulement à trop prendre les flics pour des poires, il va leur mettre la puce à l’oreille, et ne pas s’en tirer aussi bien qu’il le voudrait. Un des volumes les plus drôles de la série, qui pourtant ne manque pas d’humour, grâce, entre autres, à l’apparition du délicieux Ollie Weeks, gros, gras, misogyne, raciste, vulgaire, suant et puant … mais excellent flic qui se prend d’amitié pour Carella qui se demande bien ce qu’il a pu faire pour mériter ça. Mais ne peut s’empêcher de reconnaitre que le gros et délicieux Ollie connait son boulot, même s’il ne comprend pas pourquoi ça gène les gens qu’il appelle les nègres des nègres !

McBain 30Adieu cousine commence par une nuit de septembre. Sur le coup de une heure du matin, une jeune fille ouvre les portes du 87° hagarde, les mains en sang. Au même moment Steve est appelé par un flic en patrouille, le cadavre d’une jeune femme, tailladée de multiples coups de couteau est trouvé dans l’entrée d’un immeuble désaffecté. Les deux jeunes femmes sont cousines, la première a réussi à échapper au tueur, un homme qu’elle n’avait jamais vu. Le genre d’affaire où on ne retrouve jamais le tueur. A moins que … Une intrigue au cordeau et un éclairage intéressant sur les mœurs en 1975, ce qui était considéré comme légal ou moral il y a plus de 40 ans …

Ed McBain / 87° District volumes 26 à 30 :

(26) Après le trépas (Sadie when she died, 1972), traduit de l’anglais (USA) par Janine Hérisson, puis Pierre de Laubier.

(27) Le sourdingue (Let’s heart it for the deaf man, 1973), traduit de l’anglais (USA) par Rosine Fitzgerald puis Pierre de Laubier.

(28) Branle-bas au 87° (Hail to the chief, 1973), traduit de l’anglais (USA) par Janine Hérisson, puis Anne-Judith Descombey.

(29) Flouze (Bread, 1974), traduit de l’anglais (USA) par S. Hilling, puis Pierre de Laubier.

(30) Adieu cousine (Blood relatives, 1975), traduit de l’anglais (USA) par Jeannine Hérisson, puis Pierre de Laubier.

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