La course des rats

Denoël a traduit le premier roman publié par Antonio Manzini : La course des rats.

ManziniRené, Linceul, Franco et le Chinois sont sur un braquage, qui tourne mal. René réussit à s’enfuir mais est vite rattrapé par les flics. Mais c’est certain, même si c’est une récidive, il ne dira rien. Rapidement, il a des doutes, ces flics sont étranges et s’il y avait eu une trahison ?

Pas si loin, Diego végète dans son boulot, pour une caisse d’assurance. A quarante ans ses perspectives sont minces, pour ne pas dire inexistantes. Sauf s’il avait une étrange promotion …

Diego et René sont frères, mais ne se voient que très rarement, et pourtant, dans les jours à venir, ils se croiseront de nouveau dans les rues de Rome, pour le meilleur ou pour le pire ?

On apprend dans la préface, que c’est le premier roman de l’auteur, republié alors qu’il connait un immense succès en Italie avec son excellente série consacrée à Rocco Schiavone. Je ne sais pas si cette réédition, et sa traduction en français étaient vraiment indispensables.

Je ne peux pas dire que je me sois ennuyé, le style est alerte, on perçoit par moment l’humour vache qui va être l’une des marques de fabrique de la série, et une des raisons de son succès. Les chapitres courts s’enchaînent bien, les personnages sont hauts en couleur, et les hommes de pouvoir, qu’il soit petit ou grand (le pouvoir), sont caricaturés de façon incisive. Pour finir le jeu de casse pipe final est rondement mené sans concession. Donc le roman est plaisant.

Mais l’ensemble est quand même bien moins abouti que ce qui suivra, hésite entre deux tons, le réalisme style affreux sale et méchants et la fable sociale irréaliste, et du coup on a du mal à vraiment s’attacher aux personnages et à vraiment accrocher à l’histoire. Pour résumer, j’ai lu avec un certain plaisir, mais tout en restant extérieur et peu touché par l’ensemble.

C’est déjà pas mal, mais loin du niveau de la série Rocco Schiavone qui arrive en même temps à me faire rire et presque pleurer. Un coup d’essai et pas encore un coup de maître pour l’auteur qu’il vaut mieux découvrir au travers de ses romans suivants.

Antonio Manzini / La course des rats (La giostra dei criceti, 2017), Denoël (2019), traduit du l’italien par Samuel Sfez.

15 réflexions au sujet de « La course des rats »

  1. Françoise

    Chronique qui m’est bien utile puisque j’allais me jeter sur ce roman, étant donné le nom de l’auteur. Et comme je n’ai pas envie d’être déçue parce que je l’aime beaucoup, je vais faire l’impasse. Merci Jean-Marc !

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      1. actudunoir Auteur de l’article

        C’est vrai qu’ici c’est polar, pas vraiment thriller, souvent noir, parfois drôle, comme la sécrie Rocco Schiavone du même Manzini, à commencer impérativement par le premier, Piste Noire. Ou on peut lire le maître malheureusement récemment disparu, à savoir Andrea Camilleri.

  2. Meyer Meyer

    C’est vrai que ce n’est pas au niveau de la série des Rocco mais je l’ai lu sans déplaisir.J’ai adoré l’idée pour résoudre la crise des retraites (c’est même étonnant que Delevoye n’y est pas pensé). Après c’est vrai que les fils de l’intrigue sont un peu gros (untel est le frère de l’autre qui connait la mère du 3e etc.) mais dans l’ensemble je suis content que le roman ait été réédité et d’avoir ainsi pu le lire.

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      1. belette2911

        Parce que tu me connais trop bien…. 😆

        PS : au fait, on te cite dans « Le polar pour les Nuls », à la rubrique des blogs « policiers » 🙂

      2. belette2911

        Oui, je suis tombée sur ton article hier, mais je ne sais pas ce que me foutais mon navigateur, ta page ne ressemblait à rien, ou plutôt, à celle après le passage d’un ouragan… WP m’a fait chier grave sa mère hier (je cause bien djeun’s).

        Je suis dedans et je tâche de repérer les auteurs dont on ne parle pas… Pour le moment, je n’ai pas encore vu Charles Williams ni Crumley, ni Lawrence Block…

      3. actudunoir Auteur de l’article

        Ils y sont. Les deux auteurs sont des spécialistes des auteurs anglo-saxons et français, c’est plutôt du côté latin qu’il en manque.

      4. belette2911

        C’est ce que j’avais cru comprendre en arrivant à lire malgré le bug total. Dommage parce que j’apprécie aussi les auteurs sud-américain. J’ai vu pour le moment González Ledesma et Vázquez Montalbán. Mais nous sommes en Espagne, Barcelone, pas dans l’amérique du sud…

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