Le quaker

Glasgow inspire décidément les auteurs de polars. Avec Le quaker, c’est Liam McIlvanney, fils de l’immense William du même nom, et excellent auteur lui-même qui nous replonge à la toute fin des années 60.

McIlvanney1969. Cela fait des mois que la police de Glasgow recherche celui que la presse a surnommé le quaker. Il a tué trois jeunes femmes, à la sortie d’un dancing, et les a laissées dans la rue, étranglées avec leurs bas. L’inspecteur Duncan McCormack est envoyé faire un audit sur l’équipe qui mène ses enquêtes en vain depuis la première victime. Autant dire qu’il ne va pas être très bien accueilli.

Alex Paton, originaire de la ville, vient de Londres pour un gros coup. Ce cambrioleur qui échappe à la police depuis longtemps ne sait pas que sa route va croiser celle du quaker. Dans des rues de Glasgow en chantier, alors que le maire démolit les maisons insalubres et reloge les habitants les plus pauvres à l’extérieur, la police, le tueur, les truands, et les victimes vont mener une danse macabre et plus complexe qu’il n’y parait.

Du beau boulot, comme on l’aime. Avec au premier plan le portrait d’une ville en pleine mutation, avec des rues qui semblent être celles d’une ville en guerre, bordée d’immeubles en pleine démolition, et une population que l’on déplace vers l’extérieur. Comme d’autres auteurs de polar avant lui, Liam McIlvanney, le temps d’un livre, met un scène un monde qui disparait.

Un monde et ses habitants, avec des pauvres, et ici en particulier des femmes qui élèvent seules leurs gamins victimes de pourritures qui ont un peu de pouvoir, et vont leur ôter leur dignité quand ce n’est pas leur vie. Un monde pas si lointain et où pourtant les mœurs sont encore bien archaïques (mais je vous laisse découvrir pourquoi). Un monde de brutalité policière, de corruption et de noirceur. Mais un monde également avec de brefs éclats de lumière, le temps d’une bière au pub, ou d’une danse dans la lumière d’un club.

Une belle histoire, au suspense maîtrisé, avec quelques personnages attachants, et ce qu’il faut de coups de théâtre. Tout ce qu’on aime dans un polar.

Liam McIlvanney / Le quaker (The quaker, 2018), Métailié/Noir (2019), traduit du l’anglais (Ecosse) par David Fauquemberg.

3 réflexions au sujet de « Le quaker »

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