Ah, les braves gens !

J’avais adoré Hôtel du grand cerf de Franz Bartelt, c’est donc avec gourmandise que j’ai ouvert Ah, les braves gens ! Mais cette fois la magie n’a pas opéré.

Puffigny, sans doute dans les Ardennes. Les gens y sont bizarres et menteurs, du moins d’après ceux qui ne sont pas de Puffigny. Julius Dump, un peu écrivain, beaucoup dilettante, y débarque. Il vient de découvrir que son père avait tué des gens et braqué un tableau très cher. Un tableau qu’il a cherché toute la fin de sa vie, et dont il aurait perdu la trace à Puffigny. Julius va donc louer une maison au propriétaire du café de la gare (même s’il n’y a plus de gare depuis longtemps, il y a toujours le café), et tenter de mener l’enquête, et pourquoi pas d’écrire un livre au milieu de ces gens bizarres et menteurs. Et buveurs aussi.

Etrange comme parfois une même « recette » peut ne plus marcher. Du moins avec moi ce coup-ci. Parce que par rapport au roman précédent on retrouve la gouaille, l’absurde, l’humour vache, la méchanceté assumée, le délire, le portrait en creux d’une communauté loin des centres urbains. Et tout ce qui m’avait emballé l’autre fois, m’a ici laissé de marbre.

Il faut dire que c’est un sacré exercice d’équilibriste de manipuler autant l’absurde sans se casser la binette. Et cette fois, il y en avait trop pour moi. Si j’ai apprécié certains passages, la mayonnaise n’a pas pris, j’ai trouvé que l’ensemble ne fonctionnait pas, et qu’on avait une succession de scénettes, certaines très réussies, d’autres un peu forcées, mais sans lien convainquant entre elles.

Peut-être a-t-il manqué un personnage fort pour emballer le tout, un flic gargantuesque comme Vertigo Kulbertus dans le précédent roman. Alors qu’ici Julius Dump est bien fade.

Je serais curieux de savoir ce que d’autres lecteurs ayant aimé L’hôtel du grand cerf ont pensé de ce dernier.

Franz Bartelt / Ah, les braves gens !, Seuil/Cadre noir (2019).

14 réflexions au sujet de « Ah, les braves gens ! »

  1. jeromejukal

    Bonjour Jean-Marc,
    De mon côté, j’ai eu la même impression que toi dans les premiers chapitres, me disant que Bartelt utilisait la même recette que pour l’Hôtel du Grand Cerf et que c’était particulièrement risqué. J’ai tendu le dos… mais finalement, de mon côté, la mayonnaise a pris. J’ai trouvé que l’absurde était là et qu’il tenait la route, que, outre Julius Dump, peut-être fade, il y avait quelques personnages qui valaient le détour, la congrégation qui enquête, le détective privé qui respecte tous les codes, les jeunes filles qui végètent et quelques autres. Tout ce petit monde qui ne vit que dans l’apparence, selon les codes… Et finalement, toute cette population qui n’est pas si différente de celle que l’on croise tous les jours, que l’on aperçoit dans les journaux et sur les différents écrans et que l’on voit même aux plus hautes fonctions. Mais peut-être aussi est-ce parce que je suis presque voisin du romancier…
    Enfin, c’est vrai que d’un autre côté, ça ne peut marcher à tous les coups avec tout le monde… Et heureusement que nos goûts peuvent différer !
    Amicalement,
    Jérôme

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  2. Nicolas

    Idem pas accroché alors que ses précédents polars m’avaient bien plu.
    C’est mon premier message sur ce blog et félicitations pour tout le travail accompli qui m’a permis entre autres de découvrir le montalbano de feu camilleri et par la même pas mal d’écrivains italiens.

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  3. Trane

    Alors que j’attendais beaucoup de hôtel du Grand cerf, j’avais déjà eu du mal à rentrer dedans. Cette fois je vais donc passer mon tour.

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  4. Meyer Meyer

    Je partage assez ton avis, j’avais adoré l’hôtel du grand cerf mais là j’ai eu un sentiment ambivalent tout au long du livre un coup je me disais  » là c’est trop » à d’autres moments je pensais « c’est pas mal quand même ». Je trouve que l’auteur tourne un peu en rond et qu’il utilise un peu toujours les mêmes recettes et que dans ce livre, il a été un peu fainéant.Son oeuvre est assez inégale alternant le très bon (« l’hôtel du grand cerf », « depuis qu »elle est morte elle va beaucoup mieux » ou le jardin du bossu) et le moins bon comme ce livre « les bottes rouges » ou « la belle maison « . pour résumé un auteur toujours intéressant ais un déception avec ce livre qui suit chronologiquement ce qui reste pour moi son meilleur livre à ce jour (l’hôtel…)

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  5. romancerougenouvellesnoires

    Personnellement, j’avais déjà un avis mitigé sur Hôtel du Grand cerf, que j’avais trouvé très bien écrit mais parfois indigeste. Bartelt semble reprendre ici en partie la même recette, je lirais Ah les braves gens! si l’occasion se présente mais je n’ai pas l’intention de la provoquer.

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  6. Hermand

    Bonjour,

    J’ai beaucoup aimé Hôtel du Grand cerf, je l’ai souvent prêté. Les amis ont apprécié.
    A la bibliothèque j’ai emprunté des romans (ou nouvelles) écrits précédemment. Inégal mais souvent bien.
    J’ai malheureusement acheté « Ah, les braves gens » en même temps que j’achetais le dernier Craig Johnson (Dry Bones), (toujours très bon, mais qui annonce – un peu lourdement – le suivant !)

    Pour « Ah, les braves gens », l’achat a précédé ton billet ! j’aurais dû attendre qu’il soit à la bibliothèque, je l’aurais emprunté et… je l’aurais abandonné en cours de route, too much pour moi !
    Il y a tant de bons livres à lire et des auteurs à découvrir…

    Merci pour le blog 😉

    Bien à toi,
    J-M Hermand de Liège

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