Encore au cinéma !

De nouveau un week-end long et de nouveau un temps pourri, résultat, de retour au cinéma pour deux films récents, avec un résultat mitigé.

Cinq1

Une petite déception pour commencer, 5 est le numéro parfait de Igort. Peppino lo Cicero était tueur pour la camorra, et depuis qu’il est à la retraite son fils a pris le relais. Un soir de pluie il part dans les rues de Naples pour un contrat ordinaire. Mais c’est lui qui se fait descendre. Persuadé qu’il est le prochain sur la liste, Peppino ressort les flingues, fait appel à son ami de toujours, Toto le boucher et part en guerre.

Je suis pourtant allé voir ce film avec enthousiasme, tenté par de très bonnes critiques, une bande annonce intrigante et un sujet qui ne peut qu’attirer l’amateur de polars que je suis. Et puis flop. Enfin demi flop. Je ne me suis pas vraiment ennuyé, Toni Servillo alias Peppino joue très bien, les images de Naples, sous la pluie, avec les reflets de néons sont belles, les voitures drôles … mais le choix esthétique d’amener les personnages et toutes les scènes d’action vers l’outrance et la caricature m’a complètement sorti du film.

Cinq2

J’ai pas mal souri, certains dialogues font mouche, mais je n’ai réussi à m’intéresser ni aux personnages ni à l’histoire, malgré un joli coup de théâtre final.

Joker02

La très bonne demi surprise c’est Joker de Todd Philipps. Demi parce qu’on m’en avait dit le plus grand bien. Et je confirme. Si vous voulez y aller, ou ne pas y aller, en pensant que c’est un film de super héros, oubliez tout de suite. De Batman, on ne garde que le décor, un Gotham City au ras du sol, jamais vu de haut comme avec le chevalier noir, l’ambiance noire, la société très inégalitaire, la télévision omniprésente, et la famille Wayne, comme symbole de ceux qui ont le fric et le pouvoir.

Pour le reste, c’est à la fabrique du monstre que l’on assiste. Où comment on crée un tueur à force d’opprimer, de ridiculiser, de rabaisser Arthur Fleck, un homme à l’origine totalement inoffensif, qui ne cherche qu’à faire rire et apporter du bonheur, mais qui a la malchance d’être mal né.

Scénario impeccable, la mécanique qui va enfoncer Arthur Fleck de plus en plus profond dans la folie est superbement démontée, étape après étape. La ville telle qu’elle est filmée est en parfait accord avec l’évolution du personnage. Mais au-delà du plaisir immédiat de l’histoire, deux choses m’ont frappées et resteront dans ma mémoire.

Tout d’abord l’interprétation époustouflante de Joaquin Phoenix. Torturé, la peau sur les os, gauche dans son attitude, dans sa démarche, émouvant, le spectateur souffre pour lui quasiment tout au long du film. Et quelle métamorphose dans la dernière partie. Sans que l’on puisse mettre le doigt sur ce qui change, il devient tout d’un coup inquiétant, mortellement inquiétant. Le tout sans le moindre effet spécial, sans maquillage supplémentaire. Je sais, c’est ça le boulot d’un acteur. Et bien c’est un sacré acteur.

Joker01

L’autre c’est comment un film, dont le projet doit exister, j’imagine, depuis au minimum deux ou trois ans, se trouve au moment de sa sortie en résonnance avec beaucoup de mouvements de révolte un peu partout dans le monde, ici avec les gilets jaunes, mais aussi au Chili, Liban, Algérie etc …

Pour finir il y a des moments de pur cinéma qui resteront dans la mémoire de ceux qui ont vu le film, émouvant, terrifiants, beaux, dérangeants … Un sacré pari, faire un film de l’univers des super héros en moule-bonbons collants sans super héros, sans effets spéciaux ou presque, sans baston ou presque, sans cascade, avec juste une bonne histoire, un décor magnifique et un grand acteur. Pari totalement réussi.

6 réflexions au sujet de « Encore au cinéma ! »

  1. Ingannmic

    Joker t’a donc conquis… je te rejoins sur le jeu d’acteur de Joaquin Phoenix, bluffant, et j’ai trouvé l’ensemble très bien filmé, mais il m’a manqué un petit quelque chose sur lequel j’ai du mal à mettre le doigt, qui tient, me semble-t-il, au scénario, et à la manière dont il progresse, de façon parfois un peu poussive..

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  2. Caracole

    J’ai vraiment adoré, également, le Joker. Mais vraiment : un putain d’acteur, un scénario tendu et complet, une réalisation au top (avec une photo fascinante)… une des rares fois qu’un blockbuster me laisse une telle impression de perfection.
    Miller doit être fier de ce Joker digne de son adaptation.

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