La grâce des rois

C’est les vacances, un peu de fantasy conseillée par Kti de Bédéciné : La grâce des rois de Ken Liu.

LiuLes îles de Dara étaient divisées en 7 royaumes qui se faisaient constamment la guerre. Jusqu’à ce que le souverain de Xana, un des sept royaumes, ne découvre un moyen de s’assurer la maîtrise des airs avec ses dirigeables. Au bout de quelques années de guerre, il est devenu l’empereur Madipéré de l’empire de Dara. Un empire où la paix règne, mais une paix de soumission et de terreur. Un empire où les ressentiments et les haines refont surface. Et donc un empire fragile.

Mata Zyndu, un véritable colosse, dernier survivant d’un clan massacré par les armées de l’empire a été formé, toute sa jeune vie, par son oncle pour venger son père et ses ancêtres. Loin de là, Kuni Garu vit d’expédients, un peu voleur, un peu arnaqueur, très charmeur, il sait qu’il voudra faire quelque chose de sa vie.

Au-dessus de tout cela, les Dieux de Dara jouent avec le destin des hommes, au gré de leurs préférences, de leurs humeurs et de leurs disputes.

J’avais beaucoup aimé la novella publié par le Belial, L’homme qui mit fin à l’histoire de Ken Liu, c’est ce qui m’a convaincu de me lancer dans ce pavé impressionnant. Et bien m’en a pris.

J’ai lu ici et là qu’il s’agissait de Silkpunk, je ne connaissais pas le terme, mais il se comprend facilement, tant on est effectivement dans une version chinoise (version soie, cerfs-volants et poudre) du steampunk très british.

Mon ignorance crasse de l’histoire chinoise ne m’a pas permis de deviner à quels épisodes ou légendes le roman fait allusion. Mais ça ne m’a pas empêché d’être pris par le souffle de l’auteur qui réussit à nous intéresser au sort de nombreux personnages et à nous faire appréhender la rigidité d’une société où les femmes n’ont d’autre existence que celle d’épouse, de fille ou de veuve, où tout semble prédestiné à la naissance, et où il est indispensable de respecter les préceptes des anciens, même si le monde change.

Les deux personnages principaux, deux faces de la révolte, l’un totalement respectueux des traditions, l’autre voulant changer, non pas d’empereur, mais de modèle de société sont bien campés, s’allient, s’opposent et se répondent. Mata Zyndu assure une bonne dose d’héroïsme, de batailles homériques (je sais homérique c’est en Grèce, mais je n’ai pas l’équivalent chinois), alors que Kuni Garu fait souffler un vent de liberté et d’originalité, et laisse une place importante, voire primordiale aux femmes.

Bref, c’est enlevé, très plaisant, une bonne lecture de vacances. Je lirai très certainement la suite, qui, si je ne m’abuse, est déjà sortie chez nous.

Ken Liu / La grâce des rois (The grace of kings, 2013), Pocket/Fantasy (2019), traduit de l’anglais (USA) par Elodie Coello.

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