La ménagerie de verre

Je continue à explorer les facettes du talent de Ken Liu avec ce premier recueil de nouvelles traduit en France : La ménagerie de papier.

Liu-N1Des extra-terrestres nous permettent de vivre dans la paix et le bonheur, au prix de notre mémoire. Est-ce qu’en apprenant à l’IA d’une poupée à répondre aux questions et aux sollicitations, on finit par apprendre à prévoir les réactions de gens, au risque de ne plus être surpris par rien ? Jusqu’à quel point est-on prêts à nous remettre totalement entre les mains d’un logiciel et d’un réseau sensés nous faciliter la vie ? Se souvenir, y compris des moments difficiles, ou oublier ? Des avantages et inconvénients de l’immortalité. Dieu rencontre quelques problèmes en essayant de raisonner avec une gamine de dix ans. Quel est le rapport avec la vision d’un ange et l’explosion d’une super nova ? etc …

19 nouvelles, toutes très différentes, mais où on peut retrouver des thématiques du premier texte que j’avais lu de cet auteur, la novella L’homme qui mit fin à l’histoire, parue au Belial dans cette superbe collection, Une heure lumière.

En particulier la mémoire, celle que l’on perd volontairement, avec les risques que cela comporte dans la très courte et ironique Emily vous répond, ou dans la réflexion de la première nouvelle Renaissance, où la perte de la mémoire est la condition pour accepter un sort finalement confortable, face à une espèce extraterrestre ayant fait de l’effacement de la mémoire un mode de vie.

Certaines font appel à sa culture d’origine, avec La plaideuse, conte savoureux sous forme d’enquête policière avec l’aide des fantômes des ancêtres, ou la magnifique La ménagerie de papier, qui voit un adolescent rejeter une mère trop chinoise, pas assez américaine, pour s’apercevoir trop tard de ce qu’il a perdu.

Ken Liu explore la folie, le voyage et la rencontre avec d’autres espèces l’incompréhension face à des façons de penser étrangères, la souplesse d’apprentissage et d’adaptation des enfants, la rigidité des adultes, la crainte du futur, que l’on pourrait un jour connaitre etc …

Autant de nouvelles fines, toutes intelligentes, de nombreuses très émouvantes, quelques unes drôles. Un vrai bonheur à déguster, en picorant, ou en dévorant.

Ken Liu / La ménagerie de papier (2004 à 2014), Folio/SF (2019), traduit de l’anglais (USA) par Pierre-Paul Durastanti et autres.

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