Du rififi à Wall Street

Du rififi à Wall Street, ou comment réviser ses classiques grâce à une vraie fausse traduction de Vlad Eisinger par Antoine Bello.

BelloUn jour à l’automne 2018 Antoine Bello reçoit un mail avec une pièce attachée, et aucun commentaire. Il s’agit d’un roman inachevé de Vlad Eiseinger commençant ainsi : « Il faut me croire. (…) lire les pages qui suivent en doutant de leur sincérité n’aurait aucun sens. . Accordez-moi votre confiance ou passez votre chemin. »

Première mise en abime, mais pas la dernière, car c’est en écrivant un roman de commande sous le pseudo de Tom Capote que Vlad Eisinger s’est plongé dans la mouise …

Première constatation, voilà un roman qui risque de laisser de marbre quelqu’un qui n’a pas une culture polar minimale, surtout polar français et américains du siècle dernier.

Je ne connaissais pas assez l’œuvre de Bello pour connaître le personnage de Eisinger, mais dès le départ ce sont deux autres références qui me sont venues à l’esprit : les « traductions » Vernon Sullivan / Boris Vian de J’irai cracher sur vos tombes, et Arthur Keelt / JB Pouy Le merle. Il y en a sans doute d’autres.

Pour en revenir au rififi, c’est un exercice brillant et on sent que l’auteur s’est beaucoup amusé. A démonter les grosses ficelles des polars burnés avec enquêteur hardboiled, à multiplier les références et les hommages, à utiliser page 200 les grosses ficelles qu’il vient de démonter page 100, à en montrer les incohérences, à copier les anciens … Le tout toujours avec humour et distance.

Du coup le lecteur averti lit le sourire aux lèvres, enchanté par le brio de l’exercice. Avec cependant, pour moi, une limitation, j’ai trouvé la partie centrale un peu longue, le procédé du roman, dans le roman, dans le roman (celui de Tom Capote) tirant un peu trop sur la corde, avant que cela ne redémarre pour un final vraiment drôle.

Ce doit être les effets délétères du confinement, je ne suis pas certain d’avoir été très clair …

Vlad Eisinger et/ou Antoine Bello / Du rififi à Wall Street, Série Noire (2020) traduit de l’anglais (USA) (vraiment ?) par Antoine Bello.

10 réflexions au sujet de « Du rififi à Wall Street »

  1. Pierre FAVEROLLE

    Salut Jean-Marc, Antoine Bello est un joueur dans l’âme. Il est le seul (je crois) à avoir écrit un roman puzzle, fait de pièces disjointe qui finissent par créer une intrigue (Eloge de la pièce manquante). Sinon, j’avais adoré Les falsificateurs, car malgré une histoire de complotistes, c’est tellement bien écrit qu’on y croit. J’en ai d’autres en stock qu’il va falloir que je lise, en ajoutant celui-ci. Amitiés

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  2. Tasha Gennaro

    Non non tu es clair! Et tu me donnes envie de lire le roman, qui était arrivé dans mon stock (aujourd’hui si précieux) il y a peu de temps. Je n’ai jamais lu Bello auparavant, mais j’ai un fan à la maison, qui devrait me le piquer sans tarder.

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