La mauvaise herbe

On a découvert Agustín Martínez avec Montepertido, il revient avec La mauvaise herbe. Et il n’aime toujours pas la campagne.

MartinezDepuis que Jacobo a perdu son boulot, sa vie et celle de sa famille, son épouse Irene et sa fille Miriam de 13 ans dégringole. Il leur semble qu’ils ont touché le fond quand ils sont obligés d’aller s’installer dans la maison de la mère d’Irene, à Portocarrero, un village perdu en plein désert à quelques kilomètres d’Almería.

Quelques mois plus tard, alors que Miriam passe la nuit chez une amie du village, des inconnus entrent dans la maison, tirent sur Irene et Jacobo. Elle est tuée sur le coup. Quand il reprend conscience à l’hôpital il apprend que c’est leur fille qui a commandité leur meurtre. Là oui, dans ce village perdu où les haines rancissent sous le voile de la convivialité et des apéros partagés, là oui Jacobo et Miriam touchent le fond.

Ne parlez pas à Agustín Martínez de la beauté du désert et des grands espaces. Il les hait, ils lui font peur. C’est ce qu’il avait expliqué lors d’une table ronde passionnante avec Andrée Michaud lors d’une édition de Toulouse Polars du Sud. Il le confirme ici, avec ce cauchemar en plein désert andalou.

Parce qu’ici tout est moche, chaud, poussiéreux. Les rancœurs, l’ennui, la jalousie mijotent dans la sueur poisseuse. On y étouffe, mais on se sourit quand l’occasion de boire un coup gratuit se présente, et on remercie celui qui invite, même si on a envie de le rouer de coups de pieds. On y est lâche, écrasé de misère et de chaleur, on y bouffe du sable, et on essaie de le noyer sous la bière glacée et le gin tonic.

Et c’est dans cette cocotte minute qu’Agustín Martínez plonge une famille proche de l’explosion, avec deux adultes qui ne se supportent plus, un mari frustré près à passer sa rage sur ses deux femmes, une épouse qui n’en peut plus, et une ado qui n’a plus qu’une envie, que ses parents crèvent pour qu’elle puisse se casser de cet enfer.

C’est poisseux, violent, parfaitement construit. Bienvenue à Portocarrero.

Agustín Martínez / La mauvaise herbe, (La mala hierba, 2017), Actes Sud/Actes Noirs (2020) traduit de l’espagnol par Amandine Py.

5 réflexions au sujet de « La mauvaise herbe »

  1. flyingelectra

    je ne l’ai jamais lu mais là c’est du café noir bien serré ! Un peu trop pour moi, en ce moment je vais plus vers les lectures plus « gaies » que l’actualité … mais je le note si un jour je peux retourner à la BM

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