87° District de 36 à 40

Un coup de mou ? hop quelques aventures de Carella et les autres et c’est reparti. Bienvenue dans les années 80 à Isola en compagnie des flics du 87° district.

87-36Nid de poulets (quel titre français pourri !) s’ouvre sur le meurtre de Sally Anderson, danseuse dans une revue, loin du 87°. A priori, rien qui concerne les flics de la bande de Carella. Sauf quand la balistique découvre que l’arme utilisée est la même que celle qui a servi à tuer Paco Lopez, un dealer du 87° qui ne manque à personne. Et c’est comme ça que Carella se retrouve en charge des deux enquêtes. Il va y entrainer Bert Kling en pleine déprime depuis qu’il a divorcée de sa mannequin d’épouse qu’il aime toujours et qu’il voit tous les jours sur les couvertures des magazines. Sans être un des meilleurs, un excellent volume qui permet d’explorer le monde des comédies musicales, et remet en scène le personnage d’Eileen Burke, flic qui joue les appâts pour attirer les violeurs et assassins de femmes. Un personnage qui prend de l’importance dans …

Lightning. Steve est appelé un petit matin parce qu’on a découvert le corps d’une jeune femme, pendu à un lampadaire. Quelques temps plus tard, une deuxième étudiante est découverte dans un autre quartier. Manque de chance pour les flics du 87°, c’est celui de l’affreux Ollie Weeks qui adore travailler avec Carella (mais la réciproque n’est pas vraie). Pendant ce temps, Eileen, qui est plus ou moins en couple avec Kling joue l’appât pour piéger un homme qui a déjà violé plusieurs femmes, et surtout les a violées plusieurs fois. Très bon volume centré sur les violences faites aux femmes. Par des meurtriers et violeurs qui ont chacun leurs raisons, mais aussi par les associations très catholiques qui veulent interdire l’avortement (voir l’évolution retracée mine de rien dans les romans depuis Adieu cousine de 1975). Un volume à la fois très drôle (comme chaque fois qu’intervient le gros Ollie) et très émouvant. Et qui annonce le suivant avec le retour du Sourd.

87-38Huit chevaux noirs voit donc le retour du Sourd. Fin octobre, alors que l’été semble vouloir faire son retour, les flics du 87° reçoivent une enveloppe anonyme avec dessus huit photos de chevaux noirs. Viendront des matraques, des casquettes de flic … Tout cela ressemble fort à leur pire cauchemar, le retour du Sourd. Mais ils ont d’autres chats à fouetter, avec la découverte du cadavre d’une jeune femme, déposée nue dans le parc à proximité du commissariat. Rien ne bouge, Noël et les fêtes approchent, l’hiver est arrivé, et Carella, Brown et les autres tournent toujours en bourrique sans savoir ce que leur réserve leur pire ennemi. Comme toujours quand ce personnage est présent un chef-d’œuvre d’ingéniosité et de suspense. Ed McBain se permet même le luxe de rappeler la définition du suspense par maître Hitchcock ! Et quel sens du dialogue, quel humour, avec une mention spéciale pour la description de la mauvaise humeur de certains inspecteurs à l’approche de Noël et de sa joie obligatoire. Un vrai délice, du pur génie sans avoir l’air d’y toucher.

Poison. Alors que le printemps tarde à venir Steve Carella et Hal Willis pataugent littéralement dans la merde. Auprès d’un homme qui s’est vidé en mourant. Il s’avèrera qu’il a été empoisonné avec de la nicotine. Rapidement l’enquête tourne autour de la très belle et très mystérieuse Marilyn Hollis. La victime était un de ses amis intimes. Quand un second est égorgé, le mystère s’épaissit, et le petit Willis tombe amoureux … un volume émouvant, qui rend hommage au printemps à New York, et brosse le portrait d’une femme étonnante et inoubliable.

87-40Quatre petits monstres (Tricks en anglais), se déroule en une nuit, la nuit d’Halloween. Quatre gamins dévalisent les marchands d’alcool, et descendent les propriétaires sans somation. Un magicien disparaît après une représentation dans un lycée. Un cadavre est découvert, coupé en morceaux. Eileen va se déguiser en pute pour piéger un tueur de prostituées. Autant dire que nos amis du 87° ne vont pas passer une nuit paisible. Un petit détail amusant, au détour d’une phrase Ed McBain signale que la tradition d’Halloween est en train de démarrer à Londres et prédit que dans quelques années même les petits anglais se promèneraient dans les rues déguisés en criant « treat o trick » il n’avais pas prévu que la mode se répandrait dans toute l’Europe … Sinon, un modèle de construction et de suspense. Ajoutez-y l’humour de l’auteur, et quelques mises en scène macabre et vous aurez un parfait épisode de pur plaisir.

Ed McBain / 87° District volumes 36 à 40 :

(36) Nid de poulets (Ice, 1983), traduit de l’anglais (USA) par M. Charvet.

(37) Lightning (Lightning, 1984), traduit de l’anglais (USA) par Jacques Martichade.

(38) Huit chevaux noirs (Eight black horses, 1985), traduit de l’anglais (USA) par Jacques Martichade.

(39) Poison (Poison, 1987), traduit de l’anglais (USA) par Philippe Sabathé.

(40) Quatre petits monstres (Tricks, 1987), traduit de l’anglais (USA) par Philippe Sabathé et Jacques Martichade.

28 réflexions au sujet de « 87° District de 36 à 40 »

  1. Jean

    Ah, ces couvertures des années 80 (folio policier, J’ai Lu, et autres…) avec ces famapoiles qui enverraient aujourd’hui l’éditeur en taule après avoir été émasculé à la tenaille chauffée à blanc et sans anesthésie !… Nous aurons vu disparaître ça aussi…comme les tourne-disques, les cabines téléphoniques, à pièce ou carte,….

    J’ai les deux premiers omnibus Presses de la Cité, il faut que je m’y remette. En ce moment, j’ai un peu de temps libre, voyez-vous…
    Merci pour tous ces bons conseils de lecture !

    Répondre
    1. actudunoir Auteur de l’article

      De rien. Il faut quand même avouer que les couvertures étaient un peu putassières, et n’avaient pas toujours grand chose à voir avec ce qu’il y avait à l’intérieur.

      Répondre
  2. globrocker

    Superbe ! Ça me rappelle les heures passées avec Mc Bain, j’ai du tout lire. Je me sentais comme chez moi au 87 et on était bien pote avec Carella. D’ailleurs on est toujours en contact et il vous passe le bonjour.

    Répondre
  3. flyingelectra

    si je me souviens aussi de ces couvertures, je crois ne l’avoir jamais lu .. mais quand je vois le nombre de livres, je prends peur … par contre, ça me rappelle de très vieilles séries policières diffusées sur la 5..?

    Répondre
    1. actudunoir Auteur de l’article

      Je crois qu’il est un peu le père spirituel de beaucoup de série. Après il ne faut pas avoir peur de la quantité, ce sont des romanc courts, et c’est un peu comme les pistaches, quand on commence à y gouter, on ne peut plus s’arrêter tant qui’l en reste dans le paquet.

      Répondre
  4. Trane

    J’ai lu toute la série en Omnibus et j’y reviens régulièrement. Quand je vois tes éditions et leurs couvertures, je suis jaloux 😉

    Répondre
  5. BERARD

    Juste avant le confinement j’avais commandé le tome 9 de la série omnibus chez (mon et celui des autres) libraire.
    Quelle frustration.!

    Répondre
      1. BERARD

        J’ai une question : Envoyez-vous des messages personnels avec cette adresse Mail : « jm.laherrere@orange.fr ».
        Merci, car j’en ai reçu un et ça m’étonne et je voudrais être sûr que c’est bien vous, ce dont je doute, et je crains une arnaque.
        Cordialement

  6. Cush

    McBain a en effet largement influencé les séries policières télé en élargissant la notion de héros, ou de personnage principal, à l’ensemble des acteurs du commissariat. L’intérêt relevant moins de la résolution de l’enquête que de l’interaction de tous ses protagonistes, notamment policiers.
    Cerise sur le gâteau, il était aussi le scénariste des Oiseaux d’Hitchcock sous le nom d’Evan Hunter.
    De quoi poser un auteur !

    Répondre
    1. actudunoir Auteur de l’article

      Et en plus du 87° district il a écrit je ne sais combien d’autres polars sous divers pseudo, dont Evan Hunter. Un géant, pas assez lu et relu. Et que tout débutant devrait lire, comme Elmore Leonard, pour voir essayer d’approcher, même de loin, de cette apparente facilité, de cette évidence dans la fluidité des histoires et des dialogues.

      Répondre
  7. Meyer Meyer

    A chaque fois que tu fais une chronique sur le 87e district ça me fait envie et j’en relis 2 ou 3. Je viens de finir le dernier Frédéric Paulin (un peu déçu par rapport au deux premiers de la trilogie) et je pensais attaquer « Janvier noir » d’Alan Parks mais je crois que je vais me refaire un petit Mac Bain avant.

    Répondre
  8. Michèle PAMBRUN

    Lecture. Tout le monde sont là ! (Hail, Hail, the Gang’s All Here !, Ed McBain, 1971 pour l’édition originale, Gallimard, coll. Série Noire n° 1478, 1972 pour la traduction française, rééd. in “87e District 4”, Omnibus, 1999, traduction de l’américain par M. Charvet, revue et augmentée par Pierre de Laubier; 1042 p., 145 F).
    Tout au long de la série consacrée au 87e District, Ed McBain a cherché à innover, à faire en sorte qu’aucun titre ne ressemble à un autre malgré la permanence d’un cadre unique sur le plan géographique et humain. Un roman peut être centré sur une affaire précise intéressant plusieurs enquêteurs, sur un policier occupé sur plusieurs affaires menées de front. Ici, Ed McBain a choisi de mêler les deux procédés : il présente tous les flics du commissariat et toutes les affaires qu’ils ont à résoudre sur une période de vingt-quatre heures. Le livre est divisé en deux parties, équipe de jour, équipe de nuit. Les policiers, qui opèrent en binôme ou en solo, se trouvent confrontés à des dizaines d’affaires (incendie, meurtre, disparition, agression sexuelle, braquage…) que l’auteur présente en montage parallèle. Bien sûr, elles sont rapidement menées, ne bénéficient pas de longs développements ou rebondissements mais la prouesse tient au fait qu’elles ne créent pas de confusion chez le lecteur : de l’écheveau qu’il a créé, Ed McBain sait tirer le fil qu’il faut au moment voulu sans faire de nœud. C’est du grand art.

    (Notules dominicales de culture domestique n°881 du 10 mai 2020, de Philippe Didion

    Répondre

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s