Une république lumineuse

Que voilà un drôle de roman, assez inclassable, et qui vaut la peine qu’on s’y plonge. Une république lumineuse d’Andrés Barba.

BarbaSan Cristobal, une petite ville tropicale, définie par le fleuve qui la traverse et la forêt qui la borde. Le narrateur, qui a travaillé dans les services sociaux d’aide à l’enfance revient, vingt ans plus tard, sur les événements qui avaient bouleversé la ville.

Vingt ans auparavant donc, 32 enfants âgés de 8 à 13 ans, sont apparus, venus de nulle part. Personne ne les comprend, et ils se contentent de mendier et de jouer. Puis ils se mettent à voler, jusqu’au pillage d’un supermarché qui se solde par 2 morts chez les clients. Une explosion de violence qui change le regard des habitants, au moment où les 32 disparaissent dans la forêt. Quand les enfants de la ville fascinés par les 32 commencent à disparaitre, les habitants lancent une traque, qui se terminera par la mort de tous les gamins.

Roman étonnant, original et inclassable. J’ai essayé de voir si ce que raconte l’auteur fait référence à un endroit ou des faits réels, mais je n’ai rien trouvé. Nous sommes donc dans une ville imaginaire, et tout le récit, fait des années plus tard sur un mode assez extérieur et froid, va nous interroger sur notre façon de voir l’enfance, mais aussi l’étranger et sur nos réactions de peur, de rejet ou de compassion. Des interrogations auxquelles l’auteur n’apporte pas de réponse.

Tout cela au travers d’un texte intrigant, très bien construit avec, paradoxalement, un suspens créé par la connaissance donnée dès le départ, de la fin de l’histoire. Reste à savoir comment ces enfants vont mourir. Et c’est cette tension qui monte tout le long du roman.

Une lecture où l’on se sent à la fois détaché, parce que l’auteur a choisi une narration à froid, et très intrigué et fasciné. Etrange et très intéressante expérience de lecture.

Andrés Barba / Une république lumineuse, (República luminosa, 2017), Christian Bourgois (2020) traduit de l’espagnol par François Gaudry.

2 réflexions au sujet de « Une république lumineuse »

  1. Meyer Meyer

    J’ai un sentiment mitigé en refermant le livre. Je n’ai pas été vraiment emballé par la lecture certainement à cause de la narration à froid que tu soulignes très justement. Certaines pages sont remarquablement écrites et il est sûr que c’est un livre qu’on n’oublie pas après lavoir refermé. En tout cas un livre singulier dont l’intrigue se déroule dans un pays imaginaire certainement situé en Amérique du Sud et qui nous laisse avec un sentiment de malaise mais un malaise pas désagréable. Je viens de le terminer mais je pense que cest un livre que le temps me fera plus apprécié.

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    1. actudunoir Auteur de l’article

      je suis assez d’accord avec toi, ce bouquin laisse un sentiment très étrange. Je l’ai lu sur épreuves, juste avant sa sortie prévue, puis comme la sortie a été décalée, j’ai gardé ma chronique sous le coude, pour la relire et la modifier au moment de la sortie réelle, et l’impression à froid change de celle à chaud, le bouquin étant par moment assez déstabilisant.

      Répondre

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