Ceci n’est pas une chanson d’amour

Un nouvel auteur italien, milanais pour être plus précis. Alessandro Robecchi, avec Ceci n’est pas une chanson d’amour.

RobecchiCarlo Monterossi devrait être un parfait connard. Il a inventé une émission bien putassière, où l’on va interviewer en direct monsieur et madame tout le monde, quand ils ont des chagrins d’amour : Et c’est ainsi qu’en direct un mari apprend qu’il est cocu, ou une femme révèle que son amant l’a quittée après l’avoir battue … De la vraie merde en barre, et bien entendu, ça marche.

Mais Carlo n’est pas un parfait connard, alors il veut arrêter, au bord de la nausée. Et c’est juste là qu’un inconnu débarque chez lui et tente de l’assassiner, manque son coup, et descend Bob Dylan (enfin le poster de Bob Dylan qu’il a dans le salon).

Comme la police n’est pas brillantissime, Carlo va faire appel à quelques aides pour se sortir de cet imbroglio. En parallèle, deux tueurs à gage très pros sont engagés pour éliminer un gros bras maladroit et excité. Et deux gitans veulent se venger de ceux qui ont mis le feu à leur campement, tuant un gamin de 2 ans.

Un vrai bordel.

« L’amour fait faire de ces choses. », voilà qui pourrait le leitmotiv, du roman. Un roman enlevé, au style imagé et drôle. Et pour me débarrasser d’un petit bémol, l’auteur insiste un peu trop à mon goût sur la phrase qui tue et le bon mot systématique :

« Un coup sur la table. Fort, paume ouverte. Qui fait sursauter les stylos, les feuilles, la bouteille d’eau pétillante, l’écran d’un ordinateur, probablement d’ère préchrétienne, un cadre en argent avec femme et enfant, et naturellement l’assistance qui s’efforce de garder les yeux baissés, sur un lino crasseux dont la datation requerrait du carbone 14. »

Ca marche la plupart du temps, il y a de vraies trouvailles, mais j’aurais préféré un peu plus de sobriété. D’autant plus dommage que quand il fait dans la « simplicité » Alessandro Robecchi peut être passionnant et très émouvant.

Car au-delà du numéro de clown, il nous offre de très belles pages sur Milan, sur ceux qui ont pris des coups, beaucoup de coups, beaucoup trop. Il sait construire de beaux personnages, décrire une jeune femme qui retrouve le sourire, faire rager, émouvoir, faire sourire, donner l’espoir. Avec cette fausse désinvolture et ce sourire que nos amis italiens savent si bien manier, même et surtout quand ils décrivent les situations les plus horribles.

Une très belle découverte, le début d’une série en Italie. En espérant juste que l’auteur arrive par la suite à canaliser un peu cet humour et cette énergie.

Alessandro Robecchi / Ceci n’est pas une chanson d’amour, (Questa non è una canzone di amore, 2014), L’aube Noire (2020) traduit de l’italien par Paolo Bellomo avec le concours d’Agathe Lauriot dit Prévost.

PS. Ne croyez surtout pas la quatrième, je ne sais pas ce que boivent ou fument les journalistes du Corriere della sera, mais contrairement à ce qu’ils ont écrit, ce roman n’a rien à voir avec Scerbanenco (si ce n’est qu’il se déroule à Milan), encore moins avec Lansdale, et, heureusement, toujours pas avec le soporifique Millenium. A se demander s’ils ont vraiment lu le roman, et ces auteurs.

5 réflexions au sujet de « Ceci n’est pas une chanson d’amour »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s