Entre fauves

Après un roman guyanais, Colin Niel nous balade entre Pyrénées et désert namibien dans Entre fauves.

Charles est un vieux mâle. Chassé par deux jeunes du groupe dont il était le dominant, il survit dans le désert namibien. Pour son malheur il a attiré l’attention des hommes en dévorant leurs chèvres et leurs vaches. Le gouvernement va donc autoriser, exceptionnellement qu’il soit « prélevé ». L’occasion de faire venir des touristes prêts à payer un prix d’or pour la carcasse d’un lion.

Kondjima, jeune homme Himba, fils d’un pasteur pauvre et méprisé, amoureux fou d’une belle promise à quelqu’un de bien plus riche que lui. Kondjima rêve de tuer le lion qui a tué les chèvres de sa famille, pour conquérir la belle.

C’est Apolline Laffourcade, 20 ans, étudiante en droit à Pau, fille à papa fortuné, chasseuse à l’arc qui se fera offrir ce cadeau royal par son papa gâteau si fier de sa fille qui chasse mieux que les hommes.

Quand Martin, garde du parc des Pyrénées en vallée d’Aspe découvre sur internet la photo d’une jeune femme fière du lion qu’elle a abattu, il voit rouge. De plus en plus dégoutté par l’inaction des politiques et de ses chefs face à la destruction programmée de la nature, avec un petit groupe, ils ont décidé de passer à des actions plus violente contre les chasseurs et autres destructeurs. Cette conne sera sa prochaine victime.

Pour la première fois avec Colin Niel j’ai eu un peu de mal à entrer dans le roman. Sans doute la faute de deux personnages qui m’ont repoussé. Martin, aigri, dont on aimerait partager les convictions (dont d’ailleurs on partage pas mal d’analyses), mais tellement agressif et misanthrope, tellement aigri, qu’il arrive à créer autant de rejet chez le lecteur que chez ses collègues. Et Apolline, complètement inexistante dans le début de roman, comme une gentille fille qui fait ce qui fera plaisir à son cher papounet qui est un gros con jovial typique du sud-ouest, avec une bonhommie, une tchatche et une bonne humeur qui cachent pas mal de vide, voire de connerie.

Heureusement il y a Charles et Kondjima. Puis le roman avançant, la tension monte, Martin plonge dans la folie, devenant plus intéressant, Apolline gagne en épaisseur, et on termine sur une très belle construction qui vous fait lire les derniers chapitres en apnée.

Une belle réussite au final, qui rend tout un peu plus complexe que les schémas manichéens habituels, et ça c’est très bien.

Colin Niel / Entre fauves, Rouergue Noir (2020).

6 réflexions au sujet de « Entre fauves »

  1. flyingelectra

    ce sujet (ces chasseurs occidentaux exhibant fièrement leurs trophées) m’énerve tellement que je préfère éviter de le retrouver dans les livres !

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  2. cush

    Pour info, les gros cons qui vont faire des cartons sur du gibier en Afrique a été brièvement évoqué, hier, sur Inter dans « la Tête au carré », au détour d’une émission sur le dernier docu animalier de Canal+ « Le roi batard ». Le montant des prix, on parle de devis !!!!!!, a de quoi rendre malade.

    Répondre

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