Little Caesar

La série noire a eu l’excellente idée de rééditer un roman fondateur, écrit par un auteur moins connu que Hammett ou Chandler, et qui eut pourtant une importance capitale avec son Little Caesar : William R. Burnett.

Cesare Bandelli, dit Rico, est un des truands de la bande de Sam Vettori, un des caïds de Chicago. Mais un des truands qui monte. Il ne boit pas, ne s’intéresse pas aux femmes, mais il veut devenir quelqu’un, et tous les moyens seront bons. Rico est organisé, il réfléchit, est sans cesse en mouvement et n’hésite pas à tuer. Son ascension est inévitable. Sa chute aussi.

A lire ce résumé on se dit que l’on a déjà vu et lu mille histoires sur un truand parti de rien, qui arrive au sommet avant de retomber. Et c’est vrai. Mais celle-ci est la première, ou du moins une des premières et celle qui a inspiré les suivantes, grâce aussi, sans doute, au film qui en a été tiré avec l’immense Edward G. Robinson.

L’introduction écrite en 57 par l’auteur lui-même lors d’une réédition du roman est passionnante. Il y explique comment il décide, après plusieurs manuscrits refusés par les éditeurs, de changer totalement de style, le laisser tomber l’anglais littéraire de mise à l’époque et de passer au langage et au vocabulaire de la rue.

Résultat, un roman sec, beaucoup de dialogues, une action ramassée et centrée sur Rico, sans une page qui ne serve à l’intrigue ou à l’évolution du personnage. Là encore, on a revu tout cela ensuite, et un lecteur d’aujourd’hui peut avoir une impression de déjà vu. Mais c’est que nous avons là l’un des précurseurs.

A découvrir pour ceux qui souhaitent connaître un peu mieux le roman noir et ses racines. Un roman qui, de par la simplicité de son écriture, au plus près des personnages et de l’action, reste étonnamment actuel tout en étant le reflet de son époque.

William R. Burnett / Little Caesar, (Little Caesar, 1929), Série Noire (2020) traduit de l’anglais (USA) par Marcel Duhamel, révisée par Marie-Caroline Aubert.

12 réflexions au sujet de « Little Caesar »

  1. Zorglub

    Et du même auteur, Quand la ville dort, qui a lui aussi donné un très beau film, réalisé par John Huston avec Marilyn Monroe dans son premier vrai (second) rôle au cinéma.
    Je note que la Série noire offre une traduction révisée du petit César (dans le monde d’avant, le titre aussi était traduit), mais les deux romans étaient naguère et sont sans doute encore très faciles à trouver d’occasion avec la première traduction.

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  2. Guillaume

    je suis ravi de cette réédition qui vient compléter le « quarto » de chez Gallimard ! J’ai découvert Burnet avec « Quand la ville dort », j’ai aimé tout autant que le film.

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    1. actudunoir Auteur de l’article

      Il faudrait que je revois Quand la ville dort, je sais que j’avais beaucoup aimé, mais ça remonte à si longtemps, fin des années 80 quand je faisais des études à Paris …

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  3. vincent vranken

    Hélas oui il existe de mauvais films de John Huston, essayez donc de regarder les redoutables A nous la victoire ou le Barbare et la geisha par exemple ! Mais bon, ce sont sans doute des films de commande, on lui pardonne vu le nombre de chefs d’oeuvre qu’il a accumulé..

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