Disque Monde n°11

Un peu de joie et de bonne humeur en ces temps moroses, ça ne peut pas faire de mal. Voici donc le retour d’un des meilleurs personnages de Sir Terry Pratchett, Mort revient dans Le faucheur.

Quelque part, quelques insignifiantes entités grises ont décidé que la Mort ne faisait pas bien son boulot, et devenait de ce fait mortel. Faut-il le rappeler ici ?« oui la Mort est un mâle, un mâle nécessaire ». Et comme le dit très bien la quatrième « il s’ensuit un chaos général tel qu’en provoque toujours la déficience d’un service public essentiel ».

Le mage Vindelle Pounze par exemple meurt, mais comme son esprit attend en vain notre héros, il réintègre le vieux corps, au grand désarroi de toute l’université. Des âmes en peine trainent partout, et loin de la Ville, un ouvrier agricole très très habile avec sa faux essaie de comprendre à quoi ressemble vivre dans une ferme et dans un village.

La mort est un des personnages les plus marquants de la série qui en compte pourtant un bon nombre. L’auteur a parfaitement réussi un mélange détonnant d’étrangeté et d’humanité. Il faut rappeler ici pour ceux qui ne connaitrait pas encore le génial Disque-Monde que la Mort est un brave type, qui se contente de venir chercher les défunts, essaie de faire son travail du mieux possible, mais ne comprend pas du tout, du fait de sa nature, ce qui nous anime, pauvres mortels. Le voir s’essayer à la conversation, ou au jeu de fléchettes dans le bar du village vaut son pesant de cacahouètes. Mais même s’il ne ressent pas, la Mort comprend vite, apprend à perdre, et surtout paie très rapidement sa première tournée !

Côté ville, l’accumulation de force vitale va chercher à créer un monstre, mais je vous laisse découvrir lequel. Sacré Terry Pratchett. Les mages sont égaux à eux-mêmes, ridicules, contents d’eux mais doutant quand même, très attachés à leurs repas. Image de l’université anglaise ? Image pour le moins d’une société très masculine, très blanche, pas très jeune, qui ne voit aucune raison de céder la moindre miette de son pouvoir, mais, et c’est l’effet Disque-Monde, un pouvoir ici très relatif. Et finalement, ils sont très humains et très attachants ces mages.

Bref, un excellent volume, avec de nombreux éclats de rire, et matière à réflexion, comme d’habitude.

Terry Pratchett / Le faucheur, (Reaper man, 1991), L’Atalante/La Dentelle du cygne (1998) traduit de l’anglais par Patrick Couton.

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