Disque Monde n°12

Un petit Terry Pratchett pour bien commencer l’année, et un bon, puisqu’il met en scène mes trois sorcières préférées : Mécomptes de fées.

Du côté des montagnes du Bélier, pas loin de chez Nounou Ogg et Esme Ciredutemps, une sorcière meurt. Elle était aussi marraine fée et lègue sa baguette à Magrat, encore jeune, qui complète le trio. Et elle lui laisse une lettre lui demandant d’aller à Genua, loin très loin, empêcher un mariage catastrophique, et surtout lui recommande de NE PAS y aller avec Nounou et Esme. Résultat immédiat le trio, accompagné de Gredin le monstre effrayant qui sert de chat à Nounou part traverser le Disque Monde à destination de Genua où les attendent une Marraine spécialiste en magie des miroirs qui semble avoir des comptes à régler avec Esme, et une Dame qui cuisine un délicieux gombo, vit dans les marais, et semble connaitre un ancien Baron.

Comme souvent, on rit beaucoup. L’auteur s’amuse et nous avec.

Il s’amuse avec les clichés touristiques, des Carpates où un vampire va passer une très mauvaise nuit à l’Espagne. Il s’amuse avec les clichés des ressorts comiques avec un trio classique composé d’une enthousiaste toujours prête à tout tester (surtout si ça titre plus de 40°), Nounou ; une naïve qui se fait tout le temps avoir, Magrat ; et la ronchon de service pour qui rien ne vaut son chez soi, Esme. Et il s’amuse avec les contes de fées classiques, de la belle au bois dormant au petit chaperon rouge, sans oublier de leur flanquer un bon coup de dépoussiérant. Il s’amuse à récréer une Louisiane à la sauce Disque-Monde tout en rendant un bel hommage à sa cuisine et à sa culture populaire.

Et puis, parce ce que c’est Pratchett, en toile de fond, on retrouve son humanisme, et sa profonde conviction qu’il n’y a rien de pire que d’imposer sa volonté aux gens sous prétexte de ne vouloir que leur bien. Pas d’homme ou de femme providentiel chez lui, mais le portrait glaçant d’une bonne marraine qui fige tout dans un univers de conte d’où rien ne doit dépasser. Pour le bien de tous bien entendu.

A noter que c’est une des rares fois où l’on a un aperçu de la puissance de l’immense Esme, qui habituellement n’a besoin que de son chapeau et de son regard foudroyant pour se faire craindre et respecter. Et l’on comprend pourquoi, si elle autorisait qu’une telle chose (impensable) existe, elle serait la chef des sorcières.

Bref c’est très drôle, c’est émouvant et c’est intelligent, comme toujours.

Terry Pratchett / Mécomptes de fées, (Witches abroad, 1991), L’Atalante/La Dentelle du cygne (1998) traduit de l’anglais par Patrick Couton.

3 réflexions au sujet de « Disque Monde n°12 »

    1. actudunoir Auteur de l’article

      Entièrement d’accord. Et j’ai déjà ressorti le suivant de ma bibliothèque, c’est Les petits Dieux, qui, si mes souvenirs sont bons, est aussi un très très bon.

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