Homesman

Je l’avais manqué lors de sa sortie en grand format, je me rattrape heureusement aujourd’hui, alors qu’il parait chez Totem, Homesman de Glendon Swarthout.

A la fin d’un hiver particulièrement éprouvant, quelque part sur le frontière, au milieu du XIX° siècle, les familles de colons accueillent le retour du printemps. Mais tous et surtout toutes n’en sortent pas indemnes. Epuisement, terreur, mort des enfants ou de proches, quatre femmes ont sombré dans la folie. Comme l’année précédente, le pasteur qui s’occupe de la zone décide avec les maris de les ramener vers leurs familles, dans l’Est.

Il va falloir les accompagner. C’est Mary Bee Cuddy, maîtresse femme, ancienne institutrice à la tête d’une ferme prospère qui conduira le chariot. Mais elle ne peut y aller seule et s’adjoint l’aide de Briggs, un voleur, menteur, qu’elle sauve de la pendaison. Qu’il soit vers l’Est ou vers l’Ouest, le voyage n’est jamais de tout repos …

Quand on dit que le western et le polar sont cousins germains. Tout amateur de roman noir ne peut que se régaler à la lecture de Homesman.

Pour ses personnages extraordinaires, que ce soit Mary Bee Cuddy ou Briggs, qui vont se révéler au cours du voyage. Révéler leurs forces, leurs fêlures, leur humanité. Deux personnages magnifiques qui vont longtemps vous hanter. Autant que vont vous hanter les histoires de ces quatre femmes, et les événements qui ont fini par les plonger dans la folie.

Six personnages qui dressent le portrait de la vie terrible des premiers colons, et en particulier de celles de ces éternelles oubliées de l’Histoire, les femmes. La terrible solitude, l’enfer des hivers, le poids de ce que leurs maris et la société attendent d’elles. Et ce sans caricature ni manichéisme, sans dépeindre les hommes comme des tyrans, autant victimes que leurs femmes, autant pris dans les mêmes contraintes. Mais en changeant l’éclairage habituel.

Vous allez suivre la mise en place et le périple passionnément, vous serez révoltés avec Cuddy, vous sourirez de Briggs, et vous finirez bouleversés. Vous pouvez me faire confiance.

Glendon Swarthout / Homesman, (The homesman, 1988), Gallmeister/Totem (2021) traduit de l’anglais (USA) par Laura Derajinski.

12 réflexions au sujet de « Homesman »

    1. Claude M

      Film réalisé par Tommy Lee Jones qui s’en sort très bien comme d’habitude (à voir aussi le magnifique « Trois enterrements » (The Three Burials of Melquiades Estrada)

      Répondre
  1. Julien

    Bonjour,
    Merci pour cette chronique.
    Du coup je pense que vous allez adorer « les pionniers  » de Ernest HAYCOX, roman passionnant sur les colons venus du Missouri pour de nouvelles terres dans l’Oregon, avec également des magnifiques portraits et introspections (notamment sur la condition féminine).
    Julien

    Répondre

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