Analphabète

Découverte intéressante avec Analphabète, le second roman du britannique Mick Kitson, dont je ne sais trop dire s’il est gallois ou écossais.

Mary Peace est née dans une communauté, fille du gourou Nigel qui lui a lu beaucoup de livres, mais ne lui a jamais appris à lire et écrire. Elle en est partie à 17 ans avec Tony Shaski, qu’elle a quitté juste après avoir accouché de leur fils Jimmy. Vingt ans plus tard, les dernières paroles de Tony pour son fils seront de ne pas chercher à retrouver sa mère. Conseil qu’il va bien entendu se hâter de ne pas suivre.

Une autre personne cherche Mary, Julie Jones, flic écossaise. Parce que si Mary ne sait toujours pas lire, elle adore le luxe. Les belles choses, les bons hôtels, le champagne. Tout cela elle l’obtient en arnaquant des hommes murs crédules, séduits par sa beauté et trompés par ses talents d’actrice. Plus sinistre, elle aime les jeunes hommes, mais s’en lasse vite, et de nombreuses morts suspectes émaillent son parcours.

Mary qui a bien pris soin de ne laisser aucune trace mais pourra t’elle échapper éternellement à ceux qui la cherchent ?

Contrairement au roman chroniqué précédemment, Analphabète n’est pas un roman bâti sur de bonnes intentions. Et c’est un très bon roman qui se lit avec beaucoup de plaisir.

Parce qu’il est original. Son ton, sa construction, le choix des personnages, la progression de l’intrigue sont rafraichissants. L’écriture est très plaisante, vive, et surtout sans aucun jugement moral, sauf à l’encontre des gourous, qu’ils soient considérés comme tel comme le père de Mary, ou beaucoup plus acceptés par la société comme le pasteur pénible qui met le grappin sur la belle-mère de Jimmy.

C’est surtout la construction de personnages hors du commun comme Mary, ou au contraire beaucoup plus ordinaires en apparence comme Julie la flic ou Jimmy qui emporte l’adhésion du lecteur qui va s’y attacher et les aimer (même Mary qui est pourtant loin d’être recommandable).

Absence de jugement moral, personnages attachants, écriture légère et vive, voilà les trois atouts d’un roman que l’on prend beaucoup de plaisir à lire. Un auteur que je suivrai assurément.

Mick Kitson / Analphabète, (Mary Peace, 2021), Métailié (2021) traduit de l’anglais (Ecosse) par Céline Schwaller.

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