Les âmes sous les néons

Cela faisait un bon moment que l’on n’avait plus de nouvelles de Jérémie Guez. Il revient avec Les âmes sous les néons. Retour gagnant.

Son mari Lars vient de se faire tuer, une balle dans la tête. Elle se retrouve seule avec son fils, bébé. Quand il vient la voir en lui disant qu’il doit lui parler, elle découvre un homme dur, qui a promis au défunt de s’occuper d’elle. Dans le même temps elle voit ce qu’elle n’a pas voulu savoir avant, Lars gagnait son argent grâce à un réseau de prostitution et au blanchiment d’argent.

Ceux qui ont tué son mari, aidé par son avocat qui est à leur solde, veulent tout lui racheter, et l’arnaquer. D’après l’homme, la seule solution pour conserver un bon train de vie est de reprendre les choses en main. Il est prêt à l’aider le temps nécessaire.

L’ami Yan sur son blog résume parfaitement le ressenti à la lecture de ce nouveau roman de Jérémie Guez : « Il est facile de se rater en essayant de faire un « grand roman », beaucoup plus difficile de réussir une vraie bonne série B. » S’il n’a pas cherché à écrire un grand roman, l’auteur a ici réussit la série B parfaite.

Nerveuse, pas une ligne de trop, tout ce qui est écrit est nécessaire à l’avancée de l’action ou à la compréhension des motifs des personnages. Car série B ne veut pas dire que les deux personnages principaux ne sont que des archétypes ou des silhouettes. Même s’ils sont construits au départ sur des clichés, ils trouvent au fil des pages leur originalité, prennent l’épaisseur qui va amener le lecteur à s’intéresser à eux, et pas seulement à leur sort à la fin du roman. Ce qui ne veut pas dire qu’ils paraissent forcément aimables ou sympathiques.

Sec, terriblement efficace mais loin d’être sans âme, une excellente série B.

Jérémie Guez / Les âmes sous les néons, La Tengo (2021).

6 réflexions au sujet de « Les âmes sous les néons »

  1. Cousteix

    Bonjour et encore merci pour toutes ces offres de lecture.
    J’aime bien les livres de Jérémy Guez. Vais me laisser tenter par celui-là.
    Comme je vois qu’ici on apprécie aussi les romans-western avec du polar dedans, je viens de terminer « Dehors les chiens » de Michaël Mention auteur que tout le monde connait par ici, j’en suis persuadé.
    Californie 1866…
    Sous-titré « Les errances de Crimson Dyke » ce premier tome devrait se poursuivre par de nouvelles aventures de Dyke.
    Un inédit de 10/18 que je conseille.
    Bonnes lectures à tous.

    Répondre
  2. Zorglub

    Ça a l’air bien.
    Mais, en littérature, et particulièrement dans le polar, qu’est-ce qu’une série B ?
    Est-ce que Mort et vie de Bobby Z est une série B, et pas la Griffe du chien ? L’homme au boulet rouge et pas la Position du tireur couché ? ADG n’a-t-il écrit que des séries B (les romans médiocres qui mettent en scène le journaliste Machin) ou ses premiers romans sont-ils de la littérature ? Les romans de Chester Himes à la Série noire sont-ils des séries B, et pas ses romans de littérature « blanche » ? Un lecteur exclusif de littérature blanche ne considérerait-il pas tous les polars comme des séries B, qu’ils soient signés Hammet, Chandler ou par le premier tâcheron venu ?
    J’aime beaucoup Actu du noir et Encore du noir, mais la seule question qui vaille, à mes yeux, est : est-ce un bon roman ou, à la rigueur, est-ce un bon polar ? 😉

    Répondre
    1. actudunoir Auteur de l’article

      Je vais essayer de dire ce que j’entends, et sans doute Yan aussi, par série B. Mais pour commencer oui, il y a des bons et des mauvais romans, celui en est un bon.
      Ensuite, il y a des romans dont la « seule », avec tous les guillemets de rigueur, ambition est de faire passer un bon moment au lecteur. De coller au plus près de l’action, sans prétendre également faire découvrir un endroit, un moment d’histoire, un partie de la société … Juste raconter bien une bonne histoire. C’est ça que fait J. Guez à mon avis. Un autre cas évident qui me vient à l’esprit est Drive de James Sallis, ou effectivement certains Winslow. Quand c’est bien fait, c’est excellent.
      D’autres, en plus de raconter une bonne histoire, veulent creuser une thématique, émouvoir, faire réfléchir etc … Je ne dis pas que l’un est mieux que l’autre, les deux peuvent donner d’excellents bouquins ou de sombres daubes. Ton premier exemple est parlant pour moi, Mort et vie de Bobby Z. est un bouquin qui m’a fait passer un très bon moment, c’était son but je pense, La griffe du chien est un roman que je n’oublierai jamais, qui m’a secoué, fait réfléchir, enragé, que j’ai conseillé à tout le monde.
      Tout ça reste bien entendu fort subjectif.

      Répondre
      1. Cousteix

        Bonjour,
        Voui, la littérature c’est surtout ça : nous raconter des histoires.
        Et c’est déjà beaucoup !
        La littérature n’est pas là pour démontrer, expliquer.
        Pour des démonstrations, des explications, laissons cela aux Sciences (soi-disant) Humaines. Elles le font très bien ou…très mal.
        La littérature c’est la nuance, la singularité.
        Bonnes lectures !

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