L’heure des chiens

Je découvre de Thomas Fecchio avec son second roman : L’heure des chiens.

Soissons, petite ville a priori calme (que l’on a bien du mal à placer sur une carte quand on vit du côté de la Garonne). Sauf qu’en quelques heures : une nécropole de la première guerre mondiale est profanée, les tombes musulmanes éventrées, le slogan « l’invasion s’arrête ici » peinte sur les murs ; Julia une jeune femme qui est suivie psychologiquement à la clinique Mon repos trouve une main tranchée ; un cadavre mutilé est trouvé dans le rivière.

Cela fait beaucoup. Trop pour l’adjudant Gomulka, gendarme fatigué et désabusé qui n’aspire qu’à la retraite. Il demande de l’aide à sa hiérarchie. C’est ainsi que le lieutenant Delahaye, surnommé « la machine » tant il ne vit que pour le boulot viendra l’épauler. Dans une ville prête à s’enflammer, où l’extrême droite fait feu de tout bois, leur coopération ne sera pas de trop pour démêler le vrai du faux.

Avis mitigé sur ce roman. Il y a de bonnes choses, et d’autres qui auraient mérité un autre traitement, du moins à mon goût.

Une bonne chose pour commencer est que l’auteur a créé de vrais personnages, complexes, et qu’il n’a à aucun moment cherché à les rendre complètement sympathiques. Pas de chevalier blanc (même s’il y a de parfaits connards). Julia est victime mais c’est aussi une vraie saloperie, ou elle l’a été, Gomulka et Delahaye, les « héros », ne sont pas non plus exempts de défauts, de gros défauts même, que je vous laisse découvrir.

Ensuite il a sur certains points les défauts de ses qualités. L’heure des chiens brasse de très nombreux thèmes : le sort des migrants, le racisme, la montée de l’extrême droite, le poids de l’histoire du côté de Soissons, la violence des rapports sociaux en entreprise … Il y en a beaucoup, c’est bien, mais à mon goût il y en a peut-être trop, et aucun n’est vraiment complètement creusé. C’est bien, mais c’est parfois frustrant.

Le final, aurait gagné à être retravaillé. Trop de révélations qui arrivent, d’un coup, juste parce que le coupable crache tout ce qu’on n’avait pas compris. Dommage parce que jusque-là l’intrigue est bien menée, avec ce qu’il faut de surprises et de fausses pistes.

Pour finir sur une bonne note, les amateurs de polars apprécieront le clin d’œil en hommage à l’immense James Lee Burke et à un des romans les plus réussis de la série Robicheaux. Mais ça je vous laisse le découvrir.

Thomas Fecchio  / L’heure des chiens, Seuil/Cadre noir (2021).

10 réflexions au sujet de « L’heure des chiens »

  1. Zorglub

    Disons que Soissons n’est pas très loin de Laon. Ville davantage connue pour la fragilité de ses vases que pour ses intrigues policières. (Oui, j’ambitionne d’entamer une carrière d’humouriste.)

    Répondre
      1. actudunoir Auteur de l’article

        Avec ça, tu m’as fait sourire, mais je ne suis pas plus avancé quant à la position géographique de Soissons : Laon … Heureusement il y a Google. Et je ne suis pas particulièrement fier de mon ignorance sudiste.

  2. flyingelectra

    Mdr évidemment Soissons est tout près de Laon .. bon je suis à Nantes et j’ignore toujours en lisant jusqu’à la fin ton billet où se trouve Soissons !

    Répondre
  3. belette2911

    Soisson et son fameux vase, mais je ne connais rien d’autre non plus 😆

    Bon, je n’aime pas trop quand les coupables expliquent tout à tout le monde, ça fait « pas sérieux »… je vais passer, de toute façon, je ne l’avais pas coché sur ma wish 😉

    Répondre

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