L’été sans retour

Que voilà une belle découverte dans la blanche de Gallimard, L’été sans retour, de l’écrivain belge d’origine italienne (comme son nom et son roman l’indiquent) Giuseppe Santoliquido qui aurait parfaitement eu sa place dans La Noire.

La Basilicate, c’est la région du sud de l’Italie coincée entre la pointe et le talon de la botte. Une région chaude, belle et pauvre. Dans le village de Ravina, le temps semble arrêté. Les mentalités sont figées, les hommes s’épuisent au travail de la terre, les jeunes fuient dès qu’ils peuvent. En cet été 2005, alors que se prépare la fête du village, Chiara, 15 ans disparaît entre sa maison et celle de sa cousine Lucia, 400 mètres plus loin.

C’est Sandro, jeune homme, infirmier, orphelin depuis l’âge de 15 ans et recueilli par les parents de Lucia le temps de pouvoir habiter seul sa maison qui va raconter l’horreur, les soupçons, l’invasion médiatique, l’indécence …

Un roman qui n’a donc de belge que la nationalité de l’auteur. Nous sommes bien dans le sud de l’Italie, dans un de ces villages qui justifie le dicton espagnol « pueblo chico, infierno grande ». L’auteur arrive à rendre la beauté de la nature, l’air limpide après une pluie, les senteurs, le calme, l’attachement viscéral à une terre, aussi dure soit-elle. Mais également l’ennui, la solitude, le rejet de la différence, l’impression d’enfermement dans un environnement où les mentalités n’ont pas changé avec leur époque et où tous savent tout sur tout le monde.

C’est déjà âpre, dur, à la fois coupant et beau comme un paysage semi-désertique. L’horreur intervient quand vient se mêler à tout ça ce que le monde extérieur et moderne a de pire : l’attrait pour le clinquant des pires émissions télé (et l’Italie en compte visiblement quelques-unes de gratinées) ou la fascination devant les célébrités factices des réseaux sociaux.

En résultent des jalousies, des mesquineries et des haines qui mènent à la folie furieuse. Une dégringolade que le lecteur suit, effaré par la mécanique subtile et implacable mise en place par l’auteur.

Giuseppe Santoliquido / L’été sans retour, Gallimard (2021).

5 réflexions au sujet de « L’été sans retour »

  1. Jourdan

    Je note celui-là avec curiosité mais avant il faudrait que je lise Monteperdido,de Agustín Martinez, chroniqué ici, un peu sur le même thème de disparitions il me semble.

    Répondre
    1. actudunoir Auteur de l’article

      Les deux parlent effectivement de disparitions, mais le fond, les lieux et le déroulement de l’intrigue sont totalement différents. Ceci dit ils sont très bien tous les deux.

      Répondre

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