Le dernier afghan

Les polars russes sont rares par ici. Malheureusement, je n’ai pas été convaincu par Le dernier Afghan d’Alexeï Ivanov.

Guerman, dit l’allemand, chauffeur pour le compte de Chtchébétovski qui possède une bonne partie de la ville de Batouïev décide de changer de vie, pour lui, mais surtout pour son amante Tatiana. Il braque le camion contenant la recette du centre commercial qu’ils acheminent, lui et d’autres Afghans, anciens de l’Afghanistan. L’enjeu sera maintenant de rester en vie et de pouvoir disposer de l’argent.

Sur cet événement symbolique s’achève définitivement la fraternité des anciens combattants, ces jeunes considérés comme des brutes, que le flamboyant Sergueï Likholiétov avait organisés en une union qui avait mis la ville à leurs pieds au début des années 1990.

Dommage que ce roman souffre, à mon goût, de trop de longueurs. Parce qu’il commence très bien avec un récit de braquage parfaitement mené. Parce que ce qu’il raconte est intéressant et complètement nouveau pour le lecteur français qui ne sait rien de la vie de ces soldats revenus d’Afghanistan. Autant côté américain les lecteurs de polars sont familiers des privés, flics ou braqueurs anciens du Vietnam, puis d’Irak ou toute autre guerre américaine, autant on avait ici peu d’équivalent sur le pendant russe. Parce que certaines scènes sont particulièrement réussies, comme le récit de la guerre de Guerman et Sergueï, l’installation des Afghans dans des immeubles réquisitionnés ou les guerres de gangs à Batouïev.

Mais il y a beaucoup trop de longueurs, de chapitres s’attardant sur les vies des différents protagonistes qui n’apportent rien et trainent, trainent … Et plus on avance dans les plus de 600 pages du roman, plus ces longueurs deviennent lourdes, pénibles à la lecture, incitant à sauter allègrement quelques paragraphes pour aller voir comment tout cela va finir.

Dommage, je pense que j’aurais trouvé ce roman passionnant s’il avait été resserré, amputé de 200 bonnes pages. Là, au final, malgré les bons moments, c’est l’impression de lassitude, et l’envie d’en finir qui restent à la fin de la lecture.

Alexeï Ivanov / Le dernier Afghan, (HEHACTbE, 2015), Rivages / Noir (2021) traduit du russe par Raphaëlle Pache.

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