L’enfant du silence

Rivages a l’excellente idée de rééditer un roman de l’américaine Abigail Padgett, L’enfant du silence. J’avais gardé un souvenir lointain mais très bon de la série consacrée à Bo Bradley des services de protection de l’enfance, cette réédition confirme, c’est excellent.

Bo Bradley travaille au service de protection de l’enfance de San Diego. Et elle cache à tous, sauf à sa meilleure amie et collègue Estrella, qu’elle est maniaco-dépressive. Quand une vieille indienne découvre un enfant de 4 ans, attaché dans une cabane, son passé lui saute à la figure. Le gamin n’est pas attardé comme l’ont trop rapidement conclu ceux qui l’ont recueilli, il est sourd, et n’a visiblement jamais pu apprendre la langue des signes. Sourd comme sa sœur décédée il y a longtemps.

L’irruption à l’hôpital où il est en observation de deux hommes qui tentent de le tuer va faire voler en éclat la neutralité et le détachement dont Bo est censée faire preuve, et elle décide de tout faire pour le sauver. Commence alors une double course-poursuite, contre les deux tueurs, et contre la maladie qui revient en force et menace de lui faire perdre toute lucidité.

C’est étonnant la mémoire … Je me souvenais parfaitement de l’humanité des romans d’Abigail Padgett, de la tendresse avec laquelle elle parle de ces enfances fracassées. Je me souvenais de la justesse de sa description des troubles de son enquêtrice, de la force qui émane de sa volonté de vivre avec et de remplir ses missions malgré ce handicap. Et j’avais complètement oublié son mordant, son humour, l’énergie revigorante de l’extraordinaire Bo, sa façon d’envoyer paitre sans ménagement ceux qui se mettent en travers de son chemin.

Résultat, cette redécouverte a été un véritable enchantement. Au-delà d’une intrigue maitrisée mais assez classique, c’est vraiment Bo, l’humour vachard avec lequel elle fait face à ses difficultés et aux lourdeurs du système, la lucidité sans pathos, et là aussi, teintée d’un humour mordant avec laquelle elle se regarde elle-même et elle imagine l’impression qu’elle donne aux autres.

J’envie vraiment ceux qui ne connaissaient pas cette série et vont la découvrir, et j’encourage chaudement ceux qui la connaissaient à la relire. Merci Rivages pour cette réédition fort bienvenue.

Abigail Padgett / L’enfant du silence, (Child of silence, 1993), Rivages (1995 puis 2021) traduit de l’anglais (USA) par Danièle et Pierre Bondil.

9 réflexions au sujet de « L’enfant du silence »

    1. actudunoir Auteur de l’article

      Pareil pour moi, et ça me donne envie de relire le seul que j’ai dans ma bibliothèque (les autres je les avais pris en bibli, j’avais moins de moyens à l’poque pour acheter des livres), Petite tortue, le dernier de la série.

      Répondre
  1. Zorglub

    Je note, je n’en avais jamais entendu parler.
    Je me permets deux suggestions :
    – « comme l’on trop rapidement conclue ceux qui l’ont recueilli… »
    On écrirait plus volontiers « onT », et « conclu » (sans e).
    – plus loin, « censée faire » et non « sensée faire ».

    Répondre

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