Cavalier, passe ton chemin

Gallmeister a la bonne idée de traduire et d’éditer le premier roman de Larry McMurtry : Cavalier, passe ton chemin.

Nous sommes dans les années 50, dans un ranch du Texas. Il y a là le grand-père, plus de 80 ans, encore en pleine forme, sa deuxième femme Grand-Mère, son petit-fils, le narrateur, Lonnie, 17 ans, partagé entre la fascination des récits du passé et l’ennui, Hud, la trentaine, fils de Grand-Mère, un homme violent que tout le monde craint, deux cow-boys qui aident à s’occuper du bétail, et Halmea, la cuisinière noire.

Un équilibre fragile, qui menace de s’écrouler quand une des vaches tombe malade et que le vétérinaire appelé sur place craint une épidémie.

Autant le dire tout de suite, on n’a pas encore la puissance, le souffle et le romanesque de l’extraordinaire série de Lonesome Dove. Mais ce serait dommage de passer à côté de ce court roman qui montre combien western et roman noir sont liés. Car si l’on a ici les personnages et les lieux typiques du western (ranch, cowboys et rodéo) c’est bien une intrigue non moins typique de roman noir qui est mise en place, avec montée de la tension, rupture et mort à la clé.

Avant d’écrire sa grande série, ce sont les faibles échos de la période épique qui se terminera avec Les rues de Laredo que l’on entend ici. Echos fort lointains qui se mélangent avec la description d’une Amérique loin des centres, d’une jeunesse qui s’ennuie, de droits civiques encore bien éloignés, de bals partagés entre un rock naissant et des quadrilles et la country toujours très présents.

Ces tiraillements, ce point de bascule sont parfaitement incarnés par le narrateur, jeune homme qui doute de tout, au moment où sa vie va basculer. Un beau roman, moins épique que l’œuvre à venir, mais qu’il serait dommage de ne pas découvrir.

Larry McMurtry / Cavalier, passe ton chemin, (Horseman, pass by, 1961), Gallmeister (2021) traduit de l’anglais (USA) par Josette Chicheportiche.

4 réflexions au sujet de « Cavalier, passe ton chemin »

  1. Meyer Meyer

    Je viens de voir avec près de 10 mois de retard , en lisant la rétrospective des disparus de l’année dans libération, que Larry Mc Murtry était décédé en mars2021. Je n’aurai plus l’occasion de suivre les aventures de Duane. Il reste quand même « Rhino ranch  » qui n’a pas encore été traduit. J’ai adoré cette série (notamment « la dernière séance ». Je n’ai lu qu’un seul des Lonesome Dove (« la marche du mort ») je l’avais lu sans déplaisir mais je ne suis pas fan des western en littérature (j’aime bien au cinéma). Faut que j’essaie avec un autre des Lonesome dove si je crois ce qu’en j’en lis ici.

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