Les rêves qui nous restent

Boris Quercia en avait fini avec Santiago Quiñones, mais pas avec la littérature ni avec le polar. Qu’il aborde par le biais de la SF avec Les rêves qui nous restent.

Une ville coupée en deux, entre la ville des pauvres et celle des riches. Natalio est flic, un classe 5, le plus bas niveau, méprisé par les riches, haïs par les pauvres. Suivi par son robot, bas de gamme et d’occase comme il se doit, il est recruté par Rêves Différents. Cette société offre 2 années d’évasion à des volontaires qui, en échange, acceptent d’être utilisés pendant leur sommeil comme producteurs de cellules pour les rajeunissements des plus riches. Depuis peu, il y a des échanges d’identité parmi les rêveurs.

Alors que la révolte gronde une fois de plus, et que de plus en plus de robots semblent avoir des comportements imprévisibles, Natalio tente de faire son boulot, tout en se posant de plus en plus de questions.

On peut avoir deux sentiments à la lecture de ce nouveau roman de Boris Quercia.

Si on le lit comme une version futuriste de la trilogie de Santiago, on se retrouve en terrain connu, avec un flic perdu dans un monde très hardboiled, corrompu, où les forts écrasent les faibles, et où le narrateur a de plus en plus de mal à accepter son rôle de chien de garde. C’est sombre, efficace, sans illusion mais non sans empathie, du bon roman noir.

Si par contre on le lit comme un roman de SF, on peut finir frustré. Parce que l’auteur brasse une multitude de thématiques, autour de la dépendance aux machines, de leur conscience potentielle, d’une « élite » sans cesse rajeunie en exploitant les plus pauvres, de la fuite de la réalité dans le rêve etc … Et qu’aucune n’est vraiment creusée ni amenée à son terme.

J’avoue que je fais partie de cette deuxième catégorie. J’ai apprécié la partie polar du roman, mais j’aurais aimé un roman plus long pour explorer toutes ces pistes. A vous de vous faire une idée.

Boris Quercia / Les rêves qui nous restent, (inédit en espagnol), Asphalte (2021) traduit de l’espagnol (Chili) par Isabel Siklodi et Gilles Marie.

2 réflexions au sujet de « Les rêves qui nous restent »

  1. cush

    J’étais pas loin de l’acheter celui-là. Mais si l’aspect sf n’est pas très abouti je vais faire l’impasse. Ma pal me remerciera !

    Répondre

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