Sur la route d’Aldébaran

Attraper un livre dans la collection Une heure lumière du Bélial, c’est l’assurance d’avoir un très bel objet dans les mains, et de passer un bon moment de lecture. Cela ne se dément pas avec Sur la route d’Aldébaran du très british Adrian Tchaikovski.

Depuis des lustres (durée à peu près équivalente au « certain temps » de Fernand Raynaud),  Gary Rendell, astronaute et pilote erre seul dans les Cryptes. Bien des années auparavant, un objet massif a été découvert au-delà de l’orbite de Pluton. Des sondes envoyées sur place ont révélé qu’il s’agissait d’un objet artificiel. C’est pour prendre contact et l’explorer que le Don Quichotte avait été envoyé avec à son bord la fine fleur de la science internationale.

Reste à savoir comment Gary s’est retrouvé seul, perdu dans les couloir d’un artefact que personne ne comprend.

Ce qui m’a tout de suite emballé dans cette novella, c’est l’humour, très british donc :

« J’étais aussi un des pilotes, bien que le pilotage spatial représente une de ces disciplines où l’on devrait sérieusement être accompagné d’un chien ; votre boulot consisterait à le nourrir, le sien serait de vous mordre si jamais vous touchez à n’importe quel équipement couteux. »

« Notre vaisseau s’appelait le Don Quichotte. Son nom avait fait l’objet d’un débat […] Cervantès l’avait emporté parce que personne ne détestait son héros et qu’aucun participant n’avait lu son livre. Franchement, nous avons eu de la chance de ne pas voyager à bord du Kermit. »

Un humour qui tourne parfois à l’humour plus noir, voire très noir, tant l’auteur s’amuse à plonger dans la SF horrifique. Il faut « entendre » Gary, qui est devenu complètement timbré, expliquer comment il dépèce tel monstre, ou se nourrit de tel cadavre. C’est archi référencé, dès les premières pages vous avez droit à Donjons et Dragons, le magicien d’Oz, la légende du hollandais volant et Docteur Folamour, et ce n’est qu’un début.

Ajoutons que le rythme ne faiblit jamais et que l’auteur maîtrise sa construction et son suspense à la perfection, avec aller-retours classiques et efficaces entre présent et passé pour finir par comprendre comment on en est arrivés là, et où on va.

Une perle, un bijou d’humour grinçant. Et puisque c’est la période, je ne saurais trop recommander cette superbe collection pour des cadeaux à des lecteurs exigeants mais n’ayant pas le temps de se plonger dans de gros pavés.

Adrian Tchaikovski / Sur la route d’Aldébaran, (Walking to Aldebaran, 2019), Le Bélial / Une heure lumière (2021) traduit de l’anglais par Henry-Luc Planchat.

8 réflexions au sujet de « Sur la route d’Aldébaran »

  1. cush

    Ah je suis ravi de voir que toi aussi tu as beaucoup aimé cette novella à l’allure de conte horrifique pour grands enfants. Et quelle fin ! La bonne nouvelle c’est que le fan de Tchaikosky que tu sembles être devenu a encore deux ouvrages en français de cet auteur à lire. Dans les profondeurs du temps (il est sur ma pal) et Chien de guerre que j’ai adoré.

    Répondre

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s