Un homme d’ombre

Un roman hybride, comme je les aime souvent, mais là j’avoue que je suis seulement à moitié convaincu. Il s’agit de : Un homme d’ombre de l’anglais Jeff Noon.

Soliade, une ville où règne le jour perpétuel, alimenté par des ampoules, lampes, miroirs … La ville qui ne s’arrête jamais de travailler ni de se divertir. Pas loin, son pendant, Nocturna, la ville de la nuit et du repos, où on se dirige à la très faible lumière de constellations artificielles. Entre les deux, le no man’s land, Crépuscule, lieu de brouillard et de monstres.

John Nyquist est privé. Il est contacté par le richissime Patrick Bale pour retrouver sa fille, Eleanor, adolescente, qui a disparu depuis quelques jours. Rien de compliqué en apparence, la routine pour tout privé qui se respecte. Sauf si le temps s’en mêle et les emmêle. Car le temps des horloges est un marché dans deux villes qui ne sont pas régies par les jours et les nuits solaires.

En même temps, Vif-Argent, un tueur en série, sème la panique et les victimes sans jamais se faire voir.

Je vais donc commencer par ce qui m’a tenu, en partie, en dehors du roman. Il tourne beaucoup autour de paradoxes temporels. Dans ces villes sans succession jour/nuit, le temps et la chronologie sont des denrées. Les gens vivent plusieurs temps (temps de travail, temps de loisir, temps amoureux …), s’emmêlent les pinceaux, passent leur … temps à changer l’heure de leur montre, quand ils n’en ont pas une dizaine, chacune à une heure différente. L’idée est originale et assez géniale, mais je trouve que l’auteur s’y est un peu perdu, oubliant de simplifier pour clarifier. Ce qui est certain c’est qu’il m’a parfois perdu à moi, ce qui m’a fait sortir du roman. Mais comme c’est intéressant, s’y suis toujours revenu.

Car les idées et la construction sont assez géniales. Prenez une histoire de privé archi-classique, un privé solitaire chargé de retrouver une adolescente d’une famille très riche, ajoutez une mère dépressive et un père capitaine d’industrie, vous vous retrouvez chez Ross McDonald. Mais au lieu de la Californie classique, vous prenez une époque qui ressemble d’ailleurs à celle des aventures de Lew Archer, mais vous plongez le tout dans ce lieu étrange au temps chamboulé.

Très original, ou comment renouveler totalement un genre. Et même si le lecteur de polars qui connait ses classiques aura deviné un certain nombre de retournements de situation, l’ensemble reste stupéfiant. Mais à mon goût trop touffu, et donc comme ce pauvre John qui se perd dans les différentes chronologies, je me suis aussi perdu par moment, mais j’ai fini par aller au bout. Suffisamment intrigué et intéressé cependant pour attendre la suite, puisqu’il semble qu’il s’agisse d’une trilogie.

Jeff Noon / Un homme d’ombre, (A man of shadows, 2017), La Volte (2021) traduit de l’anglais par Marie Surgers.

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