Un petit tour au cinéma ?

Les vacances, une bonne occasion pour aller faire un tour au cinéma.

Autant commencer par un incontournable, le dernier Pedro Almodovar, Madres paralelas. Janis, 40 ans, photographe, et Ana pas encore 18, se retrouvent à l’hôpital pour accoucher. Les deux élèveront leurs filles seules. Ana en essayant de se débrouiller sans l’aide de sa mère, très prise par sa carrière d’actrice, Janis très préoccupée par la fosse commune qu’elle veut faire ouvrir dans son village pour donner à son grand-père, et aux autres hommes tués par les franquistes au début de la guerre, une sépulture digne. Mais nous sommes chez le grand Pedro, il va y avoir aussi du mélo dans l’air.

Certes ce n’est pas le meilleur Almodovar, et pour moi il y a quelques longueurs au milieu. Mais … Mais un bon Almodovar reste bien au-dessus de la moyenne de la production cinématographique. Penelope Cruz est magistrale, comme toujours avec son réalisateur fétiche, et la jeune Milena Smit qui joue Ana fait le poids en face, ce qui n’est pas peu dire. Ceux qui seraient surpris de voir le Almodovar s’attaquer aux meurtrissures du franquisme et au silence ne savent peut-être pas qu’il a trempé dans l’excellent documentaire Le silence des autres, et la scène finale du film est forte, simple, pudique et émouvante. A voir donc.

La grosse claque de ces vacances c’est un film iranien, Le diable n’existe pas de Mohammad Rasoulof. Quatre épisodes. La vie simple d’un père de famille ordinaire. Un soldat, appelé, qui ne veut pas faire ce qu’on lui demande. Un jeune homme qui profite d’une permission pour aller fêter l’anniversaire de sa fiancée. Une jeune femme vivant en Allemagne mais d’origine iranienne qui vient, à la demande de son père, rendre visite pour la première fois à un couple vivant en Iran. Impossible d’en dire plus sans dévoiler trop de chose et gâcher le film. Sachez seulement qu’il y a des liens, et que vous aurez de grosses, de très grosses surprises.

Un sens du rythme et de la mise en scène époustouflant, une partition musicale géniale, des paysages magnifiques, des liens subtils qui se tissent entre les histoires … Si vous risquez de vous demander pendant une bonne partie du premier épisode ce qui justifie ces louanges, sa fin et la suite devraient vous retourner la tête.

Une magnifique expérience de cinéma, le film de cette fin d’année pour moi.

10 réflexions au sujet de « Un petit tour au cinéma ? »

  1. Meyer Meyer

    Tout à fait d’accord avec tes commentaires. Un Almodovar reste toujours un bon film. Ce n’et pas le meilleur mais je l’ai préféré au précédent (Douleur et gloire). Je partage ton avis également sur le film iranien. Ca démarre assez lentement (mais cela est justifié par la chute de la 1re histoire). Je suis toujours étonné par la liberté de ton qu’arrivent à s’octroyer (Ô combien difficilement !) certains cinéastes iraniens face à la censure du régime. Ici c’est la peine de mort qui est critiquée et dans une scène on voit même les 2 actrices sans voile. Ce film n’a pas la force de mon coup de cœur cinématographique de l’année « La loi de Téhéran » (film iranien également). mais c’est un très beau film récompensé par l’Ors d’or 2020 à Berlin.
    A propos l’Ours d’or 2021 est sorti la semaine dernière dans les salles, c’est un film roumain « bas luck banging or loony porn ». Un véritable Ovni cinématographique qui est une superbe critique de la société roumaine actuelle (et en y réfléchissant pas que roumaine).Le film est en 3 parties + un épilogue avec 3 fins alternatives (la 2e partie est vraiment surprenante et décalée). Cerise sur le gâteau : « eh Toto » de Bobby Lapointe est la chanson accompagnant les intermèdes entre les 3 parties.

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    1. actudunoir Auteur de l’article

      Des goûts et des couleurs, Douleur et gloire est un de mes préférés. Et pour ce qui est de la censure, j’ai lu quelque part que le réalisateur iranien avait tourné clandestinement. Je note la sortie du film roumain. Bonnes fêtes.

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  2. Jourdan

    Encore un tres bon cru ce film d’Almodovar, avec ce côté memoriel en plus sur le franquisme.
    Je crois qu’auparavant il n’en avait jamais parlé dans ces films et c’est bien que les jeunes générations soient au courant.
    Je note le film iranien.

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