A hell of a woman

L’édition superbement illustrée dans le style Pulp de A hell of a woman a été l’occasion de relire ce chef d’œuvre de l’immense Jim Thompson.

Frank Dillon n’a pas de chance. Il n’épouse que des souillons, son chef est un salaud, et les clients qui achètent ses produits à crédit n’ont jamais un sou pour rembourser. Et pourtant Franck mérite mieux, il en est certain. Ce n’est pas sa faute s’il est parfois obligé de taper dans l’argent récupéré pour boire un coup entre deux entrevues avec des fauchés sournois. Et ce n’est pas sa faute si l’atroce vieille veut lui vendre (ou plutôt lui louer) sa nièce en échange d’un service de couverts en argent. Une vraie salope cette vieille, et riche en plus … Ce n’est vraiment pas la faute de Franck s’il y a de telles tentations …

J’avais déjà lu et relu ce roman, bien entendu. La première fois dans sa version série noire, puis la traduction de Danièle Bondil reprise ici. Cette version illustrée est l’occasion de vérifier que c’est un roman que l’on peut lire et relire sans se lasser.

Les illustrations de Thomas Ott sont parfaites pour souligner la veulerie de ce cher Dillon. Faible, chouineur tout le temps en train de rendre le monde entier responsable de sa vie de merde, alcoolique sans jamais le dire, et pourtant dangereux, très dangereux, tant il n’a aucune morale. Immerger le lecteur dans la pensée de ce superbe représentant du mal dans ce qu’il a de plus ordinaire est un tour de force.

On ressort rincé par cette plongée forcée en compagnie d’un meurtrier visqueux. Tout le talent de Jim Thompson, pas connu il est vrai pour ses portraits de chevaliers blancs. Mais arriver à ce niveau c’est du grand art. A découvrir de toute urgence pour ceux qui ne connaîtraient pas cet auteur majeur.

Jim Thompson illustrations de Thomas Ott / A hell of a woman, (A hell of a woman, 1954), Editions la Baconnière (2022) traduit de l’anglais (USA) par Danièle Bondil.

10 réflexions au sujet de « A hell of a woman »

  1. Nico

    Hello,

    J’ai passé aujourd’hui un long moment dans une librairie à regarder sous toutes les coutures ce superbe livre. J’ai résisté à la tentation de l’achat avec difficulté. Et ce soir je découvre ton billet.
    Je crois que je vais céder et me le procurer sachant que je ne l’ai jamais lu.
    Je transmets tes coordonnées à mon banquier 😉

    Répondre
  2. Zorglub

    Ah, le grand Thompson.. . Je l’ai déjà dit sous un autre billet : Alain Corneau a tiré de ce roman son film Série noire, avec Patrick Dewaere dans le rôle de sa vie. A voir avant de mourir 😉

    Répondre
  3. Françoise

    J’avais adoré ce roman, mais bon, illustré par l’immense Thomas Ott, c’est incontournable ! Et je plussoie pour le film avec Dewaere et Marie Trintignant.

    Répondre
  4. Trane

    Je ne l’ai jamais lu. Je vais déjà me procurer le poche.
    Le problème avec tes chroniques est que je passe une partie de mes nuits à lire pour suivre le rythme 😉
    Je conserve le Varesi pour les vacances, afin de savourer l’instant.

    Répondre
    1. actudunoir Auteur de l’article

      En ce moment j’ai un coup de mou et la tête sous l’eau, le rythme des chroniques ralentissant, tu devrais retrouver un peu de temps de sommeil.

      Répondre

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s