Le mur grec

Un nouvel auteur à l’Atalante, Nicolas Verdan : Le mur grec.

Evangelos est agent des services secrets (si j’ai bien compris) à Athènes, bientôt à la retraite. Alors qu’il pense pouvoir laisser couler tranquille tout en profitant de son bar préféré, il est appelé à Evros, à la frontière avec la Turquie, là où passent les migrants. On a retrouvé une tête coupée, et ce n’est pas celle d’un étranger.

Dans une zone très sensibles, où les agents de Frontex côtoient avec des frictions les flics grecs, son enquête va être largement téléguidée par des intérêts qui le dépassent.

J’aurais beaucoup aimé être emballé par ce roman, et pourtant non.

J’ai souvent vu attribuée au maître Elmore Leonard la maxime suivante : « Si ça a l’air écrit, je réécris ». Je ne sais pas si c’est vraiment de lui, mais cela pourrait tant son écriture parait couler de source, la simplicité même. Et sauf de rares exceptions, c’est ça que j’aime. Disons qu’à mon goût Nicolas Verdan aurait dû réécrire …

Et c’est bien dommage parce que le fond est passionnant : la peinture de cette frontière, de la situation des migrants et des flics qui la surveillent est atroce et pour cela salutaire. Celle de la corruption en Grèce est affligeante, et tout aussi nécessaire. La vague allusion au passé de certains flics, obligés de vivre avec des faits qu’ils se reprochent encore des années après la fin de la dictature est sensible et intéressante. La description, trop rapide, des troubles actuels et de leur répression bien utile au lecteur français …

On le voit, beaucoup de thématiques, dont certaines à peine abordées ou effleurées, et à côté de ça des digressions, des effets de styles qui, à mon goût très personnel, n’apportent rien au récit, et ont même eu l’effet contraire de me sortir de l’histoire qui, au contraire, redevient agréable à suivre quand elle retrouve une certaine simplicité.

En résumé, un roman qui a mon goût aurait gagné, soit à être simplifié pour aborder moins de thématiques, soit à s’étoffer pour les développer comme elle le méritaient, et où l’écriture aurait gagné à viser à plus de simplicité. Mais un roman également qui parle de thèmes passionnants et peu présents dans le paysage du roman noir. Comme un goût de rendez-vous manqué.

A noter que mon avis n’est pas partagé par toute la toile où j’ai lu quelques chroniques beaucoup plus convaincues.

Nicolas Verdan  / Le mur grec, L’Atalante/Fusion (2022).

4 réflexions au sujet de « Le mur grec »

  1. verstraete

    bonsoir jean-marc,

    voici la mienne

    « L’auteur suisse connaît bien la Grèce et son histoire récente . de mère hellénique, le journaliste affectionne les thèmes autour de la politique internationale. Et il en est énormément question dans ce roman paru en Suisse en 2015 et édité en France cette année. Nicolas Verdan réussit à nous contextualiser ce pays en proie aux déficits abyssaux et en même temps devront faire face à des enjeux de politiques migratoires pour les autres membres de l’union européenne Agent Evangelos, son personnage principal, perçoit tous ces enjeux mais veut néanmoins parvenir à la vérité, celle issu des faits et non celle qui arrangerait sa hiérarchie. Mais c’est loin d’être aussi simple. L’auteur nous montre tout ce qui peut graviter de sordide autour de ces frontières : militaires, prostitution, corruption, trafics. Ne vous attendez pas avec le « mur grec » à une intrigue policière alambiquée, trépidante. L’intérêt du livre est vraiment ailleurs dans cette plongée hyper réaliste dans cette Grèce endettée et surexposée aux critiques. Je vous laisse découvrir comment une tête va peut-être en faire tomber d’autres. »

    au plaisir de te lire,

    Répondre

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