Le dernier Hammett

Juan Sasturain, vétéran du polar argentin, mettant en scène Dashiell Hammett, voilà qui était alléchant. Mais pour moi Le dernier Hammett, c’est raté.

Dashiell Hammett, aux prises avec les tribunaux de Mc Carthy vient de sortir de 6 mois de prison. Il va se mettre au vert dans la campagne proche de New York, dans la maison d’un couple d’amis, pour lire, se reposer, et peut-être essayer d’écrire. Sa solitude et sa tranquillité sont troublées par l’arrivée de Tulip, alias le colonel Lindgren, une vieille connaissance qu’il a connu pendant la guerre des Aléoutiennes. Le début d’une série de péripéties pendant lesquelles Dash devra se souvenir qu’il a été, un temps, détective privé.

J’avoue que je ne saurais dire pourquoi je suis allé au bout des 750 pages de ce pavé. Sans doute parce que jusqu’à la fin je suis resté perplexe et me suis demandé où voulait nous amener l’auteur. Mais que j’ai trainé les pieds. Je trouvais toujours un prétexte pour faire autre chose que lire, alors qu’avec certains bouquins, je me cache pour grappiller quelques pages à tout moment du jour et de la nuit. C’était un mauvais signe.

Pour commencer, il faut attendre environ 300 pages pour qu’il se passe autre chose que des dialogues plus ou moins sarcastiques entre Hammett et les autres protagonistes. Alors que la quatrième nous promet « un roman hard-boiled très dense ». Certes c’est bien écrit, certains bons mots font mouche, mais sur 300 pages c’est long.

Ensuite ça devient très confus, avec des romans dans le romans (sous prétexte de manuscrits confiés à Dash, ou de vieilles nouvelles retrouvées), des péripéties et des personnages invraisemblables, et des avalanches de révélations qui viennent combler en quelques lignes le temps « perdu » en digressions.

La partie intéressante est la reconstitution de la paranoïa et du racisme de l’époque, ainsi que la peinture du milieu culturel. On sent que l’auteur s’est amusé à rendre hommage aux romans du maître, mais que c’est long. Sauf erreur de ma part, les romans de Hammett dépassent rarement les 200 pages …

Bref, j’avoue ne pas avoir bien compris. Entre considérations sur l’écriture, la littérature, la boxe et la politique et roman hard-boiled « à la manière de », je ne sais pas quelle était l’intention de l’auteur, et s’il a atteint son but, mais ça n’a pas marché avec moi et je me suis pas mal ennuyé.

Juan Sasturain / Le dernier Hammett, (El ultimo Hammett, 2018), La Noire (2022) traduit de l’espagnol (Argentine) par Sébastien Rutés.

7 réflexions au sujet de « Le dernier Hammett »

  1. Ortiz

    Dommage,mais plus de 700 pages pour rechercher un manuscrit et pas un criminel,je vais passer,même si c’est intéressant par le contexte .

    Mais je lirai autre chose de l’auteur que je connais mal.

    Répondre

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