Bois-aux-renards

Un des romans très attendus de cette rentrée 2023 c’est bien évidemment le dernier Antoine Chainas :  Bois-aux-renards.

Quelque part dans le sud des Alpes, une route abandonnée depuis les années 30, la Voie des cols. Malheur à qui s’y aventure. Dans les années 50, un accident, toute la famille meurt, sauf une petite fille. Plus de trente ans plus tard, dans le coin, une gamine un peu en marge Anna, se promène seule. Un couple, Yves et Bernadette, profitent de leurs vacances pour trucider des autostoppeurs isolés.

Et dans le Bois-aux-renards qui entoure la route, une communauté vit en marge de la société de consommation. Et puis il y a ces contes autour d’un puits, d’une tour, et de femmes renards … tous les éléments du drame sont en place. Moteur.

Envoutant et dérangeant, comme ces cauchemars horribles non dépourvus d’une beauté vénéneuse dont vous ne pouvez pas vous extraire. Tel est le dernier roman d’Antoine Chainas.

Si vous connaissez l’auteur, vous savez forcément que ce ne sera pas aimable, que cela ne ressemblera à rien que vous ayez lu auparavant, même et surtout sous sa plume, mais que vous allez vous faire embarquer sans rémission. Sinon vous savez maintenant à quoi vous attendre.

Dès les premières lignes on sait que ça finira forcément mal, mais on ne sait pas encore comment et pour qui. Puis on se fait happer par la forêt, par les contes, par la chaleur poisseuse, mais également par la beauté des jeux de lumière ou de l’apparition d’un renard ou d’un oiseau.

L’écriture est d’une extrême richesse, qui vous oblige parfois à ouvrir votre dictionnaire mais sans jamais être pédante. Si ce mot est là, c’est qu’il n’y en avait aucun autre possible.

On brasse des multitudes de thématiques, de la relation de l’homme à la nature à la société de consommation, en passant par le rapport au divin et à la maternité. Mais surtout l’auteur campe des lieux et des personnages à jamais inoubliables. Tout en instaurant une ambiance et une tension qui font passer les plus de 500 pages en un éclair.

Encore une réussite magistrale, ça valait le coup d’attendre.

Antoine Chainas / Bois-aux-renards, La Noire (2023).

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