Giancarlo De Cataldo s’est de toute évidence amusé à créer un nouveau personnage de procureur amateur d’opéra dans Je suis le châtiment. Le lecteur s’amuse aussi.
Manrico Spinori, aristocrate désargenté (par la faute d’une mère qui joue), amateur d’opéra, divorcé, est procureur. Il règle de nombreuses affaires courantes. Jusqu’à la mort de Mèche d’or, ancienne gloire de la pop italienne du siècle dernier qui sévit dans la Nouvelle Star. Passé les premières réactions qui ne parlent que de son charisme et de son talent, c’est un tout autre portrait qui émerge, et les coupables potentiels se multiplient.
Changement de ton par rapport au Giancarlo De Cataldo de Romanzo Criminale ou Suburra. Dans Je suis le châtiment, contrairement à ce que le titre pourrait laisser penser, le ton est plus léger. L’auteur s’amuse, et comme il a du talent, le lecteur aussi.
Cela tient pour commencer à son personnage principal (que l’on retrouvera peut-être ?). En partie détaché de son temps, il ne conduit pas, n’a aucune présence sur les réseaux sociaux, et vit dans un palais qui ne lui appartient plus depuis que sa mère l’a perdu au jeu. Son métier l’amène à être tous les jours avec des flics et des délinquants, à assister à des autopsies, mais chez lui un vieux serviteur l’appelle « petit comte ». Un personnage qui permet à son auteur de manier avec brio l’ironie et un certain détachement.
Mais cela serait vain et rapidement lassant s’il n’y avait pas aussi de très beaux personnages secondaires, une intrigue où De Cataldo multiplie les fausses pistes jusqu’à la révélation finale (que le lecteur un peu aguerri aura quand même anticipée, mais cela n’enlève rien au plaisir de la lecture).
Et mine de rien, au travers d’une histoire enlevée, sans y paraitre, c’est bien la société romaine qui est la toile de fond de ce polar fort divertissant. Un vrai plaisir, on aimerait bien avoir une suite.
Giancarlo De Cataldo / Je suis le châtiment, (Io sono il castigo, 2020), Métailié (2023) traduit de l’italien par Anne Echenoz.
bonsoir Jean-Marc,
décidément nos PIL sont connectés, j’ai chroniqué le dernier opus de Giancarlo cette semaine
https://chroniques-livres.captivate.fm/episode/chronique-du-livre-je-suis-le-chatiment
au plaisir de te lire
Bonsoir, je vais aller voir de ce pas.
Au plaisir de t’écouter.
Bonjour Jean-Marc, comme j’avais apprécié Romanzo Criminale et Suburra, celui-ci devrait me plaire. Merci pour le conseil. Bonne journée.
il devrait, même s’il est dans un style bien différent.
Les Cataldo, c’est comme les Connoly et les Johnson, je les achète quoi qu’il arrive et par principe !
j’aime bien la plume noire de Giancarlo De Cataldo… Je me le note !
Ici De Cataldo se fait plus léger, et ça lui va très bien.
Merci Jean Marc 🙂
Ne connaissant pas l’auteur,je vais peut-être commencer par celui là .
TU peux, c’est, si j’en crois certains, le début d’une série. Du moins je l’espère.