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Mieux vaut en rire

« Pensez-vous qu’un sujet sur le thème de l’écriture vous intéresserait-il ?

L’écriture prend plusieurs formes et peut être considérée comme un acte de transmission, de mémoire, de transgression, de guérison, d’exutoire ou encore d’invention. À qui s’adressent ses lignes de mots ? Pourquoi certains ressentent le besoin de coucher sur le papier leurs émotions ou leurs rêveries ? L’écriture a-t-elle des bienfaits sur notre santé et notre moral ? Quelles sont les spécificités de ce mode de langage qui est plus que la simple transcription du langage oral ; un puissant instrument de transmission et de conservation de l’information…

Librinova, maison d’auto-édition qui a le vent en poupe, reçoit chaque jour les manuscrits d’internautes qui écrivent pour toutes ses raisons. Des profils différents pour des histoires de mots et de maux qui peuvent expliquer pourquoi et pour qui ils écrivent et se racontent.

Je reste à votre disposition pour toute demande de mise en relation avec l’équipe de Librinova et ses auteurs. »

Tel est, sans en changer une virgule, le message qui est arrivé dans ma boite mail. En ces jours maussades où les infos, les unes après les autres, ne font qu’alimenter ma mauvaise humeur, j’avoue que ce fut un rayon de soleil. Petit, mais un rayon de soleil.

Penser qu’une « maison d’autoédition qui a le vent en poupe » commence ses messages publicitaires par :

« Pensez-vous qu’un sujet sur le thème de l’écriture vous intéresserait-il ? » m’a fait pouffer.

Je ne sais pas pourquoi, j’ai pensé à Desproges, et là, pouf pouf, je vais sur leur site et je vois un témoignage de qui, je vous le donne en mille ? Jacques Séguéla. Pour les plus jeunes qui ne connaissent pas Séguéla, je rappelle que Pierre Desproges, justement, commençait son réquisitoire contre Jacques Séguéla par cette question : « Jacques Séguéla est-il un con ? ».

Après, si vous avez du temps à perdre, et envie de voir comment on peut parler d’édition de livres sans parler un seul instant de ligne éditoriale, d’écriture ou de toute autre thème inutile et ringard qui ne soit pognon, pognon, pognon, vous pouvez aller faire un tour sur le site.

Réquisitoire aux arènes

La collection dirigée par Aurélien Masson aux arènes a démarré avec une valeur sure, très sure même, Dominique Manotti, accompagnée de deux inconnus. Dont Thomas Sand : Un feu dans la plaine.

SandsDans la France d’aujourd’hui, peuplée de gens perdus, écrasés, virés de leur boulot. Dans la France d’aujourd’hui dirigée par un banquier arrogant, dont la cour répète à l’envie les théories libérales avec morgue et suffisance dans tous les media. Dans cette France un jeune homme sans avenir décide de venger sa mère, et tous ceux qui se laissent humilier tous les jours, juste pour avoir le droit de survivre.

J’ai un peu de mal à parler de ce bouquin. Je dis bouquin car je ne suis pas certain de pouvoir le qualifier de roman. Court, sec, il tient plus, de mon point de vue, du réquisitoire et du pamphlet, voire du conte moral (avec sa morale bien particulière) que du roman.

En effet, pas de vrai personnage, tant le jeune homme central n’a pas de nom, pas de passé ou si peu, pas de futur. Une sorte d’archétype, représentant parfaitement toute une génération et tout un pan de la population, mais sans l’incarner. On ne peut pas non plus vraiment parler d’histoire, ou d’intrigue. On a juste une succession de scènes, se déroulant dans des lieux différents, dont on suit la chronologie sans forcément comprendre leur enchainement. Et surtout, une succession réduite au strict minimum, allant d’un moment choc à l’autre, sans aucun liant.

C’est violent et dérangeant, je suis entièrement d’accord avec le constat fait par l’auteur et le personnage, je comprends sa réaction, et ses actions sont logiques. Mais comme je ne trouve rien de romanesque à ce texte, que le constat ne m’apprend malheureusement rien (il peut juste m’aider à me sentir moins seul), je me trouve face à un manifeste, ou pour reprendre ce que je disais plus haut, un réquisitoire.

Or il se trouve que les seuls réquisitoires qui m’enthousiasment vraiment sont ceux de feu le Procureur Desproges Françaises. Donc là, malgré ma sympathie pour ce que raconte l’auteur, je me suis un peu ennuyé.

Thomas Sand / Un feu dans la plaine, Les arènes / Equinox (2018).

PS. Deux moments de cette semaine qui confirment, si c’était nécessaire, le constat de l’auteur :

Un joli petit lien pour ceux qui ont prétendu il y a un an qu’il valait mieux Macron que Fillon.

Et ici, un autre, qui relate comment le banquier est allé écouter un concert des demoiselles de la légion d’Honneur, mais n’a pas daigné rencontrer les voisins, des lycéens, leurs profs et leurs parents, qui doivent affronter des conditions de travail inacceptables et inadmissibles.

Et vous savez quoi ? Ce matin j’ai réussi à écouter jusqu’au bout sans vomir !

Huxley l’avait prédit.

« La dictature parfaite serait une dictature qui aurait les apparences de la démocratie, une prison sans murs dont les prisonniers ne songeraient pas à s’évader, un système d’esclavage où, grâce à la consommation et au divertissement, les esclaves auraient l’amour de leur servitude. »

« Sous la poussée d’une surpopulation qui s’accélère et d’une sur-organisation croissante et par le moyen de méthodes toujours plus efficaces de manipulation des esprits, les démocraties changeront de nature. Les vieilles formes pittoresques — élections, parlements, Cours suprêmes, et tout le reste — demeureront, mais la substance sous-jacente sera une nouvelle espèce de totalitarisme non violent.
Toutes les appellations traditionnelles, tous les slogans consacrés resteront exactement ce qu’ils étaient au bon vieux temps. La démocratie et la liberté seront les thèmes de toutes les émissions de radio et de tous les éditoriaux. Entretemps, l’oligarchie au pouvoir et son élite hautement qualifiée de soldats, de policiers, de fabricants de pensée, de manipulateurs des esprits, mènera tout et tout le monde comme bon lui semblera.
»

Aldous Huxley, retour sur le meilleur des mondes, 1958.

Une idée pour Jean-Hugues ?

Petite idée de scénario de polar pour un auteur qui nous a déjà décrit, avec brio et talent, les dessous de l’élection présidentielle de 2002.

Un Président, élu sous la pluie, réussit l’exploit pourtant improbable de devenir encore plus impopulaire que son prédécesseur. A force de trahisons, de passages de lois en force, même contre une partie de son camp, lui et son premier ministre qui ont soutenu, entre autres, des mesures souhaitées par le parti fasciste du pays, savent que la future élection est foutue d’avance et que la déroute sera sévère.

Tous les sondages s’accordent à dire que le parti fasciste sera au second tour, mais ce n’est pas dramatique, c’est même très utile, on sait qu’il sera battu, une fois de plus au second tour et, comme en 2002, quitte à voter en vomissant, le cocus iront faire barrage. Le danger vient d’ailleurs.

Première option, l’autre parti, l’alter-ego est également au second tour. Pas grave, on rejouera 2002.

Deuxième option, beaucoup plus gênante, le tribun de gauche, appuyé par la partie encore de gauche de ceux qui sont au pouvoir est qualifié pour ce second tour. Là ce serait la catastrophe. Remise en cause des institutions, du rôle du président, accentuation de la lutte contre l’évasion fiscale, renationalisation de services publics, lutte contre la financiarisation de la société … Là est le vrai danger.

Alors le président, ou un de ses sbires a une idée : créer de toute pièce une candidature qui va sembler hors système, qui le « trahira », qu’on va faire semblant de combattre, avant de le rallier, pas forcément très finement et surtout pas trop tardivement, en trahissant une fois de plus les électeurs (mais ça c’est habituel), et même un certain nombre de ses cadres, qui ne seront pas mis dans la confidence.

Coup de chance, le président a le candidat parfait sous la main. Propre sur lui, en apparence nouveau (alors qu’il a fait toute sa carrière avec pour mentor un des conseillers financiers présent sans discontinuité à l’Elysée, Matignon ou Bercy depuis quarante ans), ex banquier, menteur comme un ministre, capable de dire tout et son contraire et de vous planter un couteau dans le dos avec un sourire de premier communiant, qui fera mine de trahir le père, alors qu’il est en train de le servir et d’enfiler tous les autres. Aussitôt dit, aussitôt fait, et ça marche !

Question – JH, tu nous l’écris ce bouquin ? Moi je sais pas faire, et puis t’es le meilleur !

 

Aux raclures qui passent ici.

Ca fait un moment que je n’ai pas eu d’accès de rogne. Et là, une bande de raclures essaient de poster sur mon blog des pubs ordurières pour voter Macron. Déjà appeler à voter Macron, ici, c’est une insulte. Mais en plus, croyez-moi sur parole, le post est immonde.

Donc les raclures, sachez que mon joli WordPress, en général, vous classe en indésirables. Merci WordPress. Et comme les commentaires sont modérés, ceux qui passent le barrage sont impitoyablement mis à la poubelle par ma pomme.

Mais du coup, vous m’avez énervé. Donc je vais faire de la pub à votre candidat que, soit dit en passant, je vomis autant que ses deux amis, Fion et Pen. J’ai découvert grâce au journal Le Monde, ce gentil youtubeur. J’avoue que les chaînes vidéo sur Youtube, c’est pas mon truc, question de génération sans doute. Mais là, même si le ton est un poil accéléré pour moi, j’aime bien, j’aime beaucoup même.

Et donc voilà ce qu’il nous raconte sur la pourriture que vous soutenez.

Ceci dit, il y en a aussi pour Fion.

Et puis il y a aussi pas mal de vidéos sur des sujets de fond, comme celui-ci sur le rôle des tribunaux d’arbitrage.

Après, sur la forme, je préfère Guillaume Meurice, même s’il creuse moins les sujets, et là, encore sur la corruption, allez voir ça, le passage où il interroge Patoche comme il dit, est tout simplement, comment dire … Surréaliste.

Mais les deux valent la peine. Mon seul regret, c’est que je ne pense pas qu’il passe ici, à par les raclures qui postent des commentaires de merde, des gens susceptibles de voter Fion, Pen ou Macron …