Archives pour la catégorie Polars africains

Rendez-vous raté avec 1994.

Rentrée algérienne. Après le roman de Frédéric Paulin, voici 1994 d’Adlène Meddi.

Meddi2004. Amin Sellami enterre son père, militaire spécialisé dans la lutte anti-terroriste à Alger. Quelques jours plus tard, lors d’’une rencontre avec des amis il perd la tête et sort dans la rue en tirant des coups de feu. Il se retrouve interné, au secret, en hôpital psychiatrique. De l’autre côté de la mer, à Marseille, Sidali décide qu’il est temps d’aller revoir ses parents et ses anciens amis après un exil de 10 ans.

Dix ans auparavant, en pleine guerre entre islamistes et armée, Amin, Sidali et deux autres lycéens décident qu’ils en ont assez d’être pris entre les terroristes barbus et la répression militaire et policière et qu’il est temps d’agir. C’est cela que Sidali vient solder, dix ans plus tard.

Rendez-vous raté pour moi avec Adlène Meddi. Je suis allé au bout, mais que ce fut laborieux ! Un fait qui ne trompe pas, j’ai mis presque une semaine à le lire. Alors qu’avec certains bouquins, je passe mon temps à ruser pour voler des instants de lecture, là je me trouvais toujours autre chose à faire. Au point que dans l’intervalle j’ai relu les 8 volumes de Saga. Je ne sais pas dire si le livre est bon ou mauvais. Ce qui est certain est que lui et moi, on n’est pas compatibles.

Trois grandes époques sont évoquées : 2004, présent lu roman ; 1994 quand se sont passés les événements principaux, durant la guerre entre armée et islamistes ; et une petite incursion pendant la guerre d’Algérie, pour revivre une partie du passé des pères des protagonistes.

Pour commencer je trouve l’équilibre bancal. La partie se déroulant pendant la guerre d’Algérie est soit trop courte, rien n’y est développé, les liens à peine évoqués ; soit trop longue car en l’état, elle n’apporte pas grand-chose, sinon une explication superficielle de l’animosité entre deux adultes qui, finalement, n’est pas primordiale pour le récit.

Mais surtout, je n’ai pas du tout accroché à la première partie, se déroulant en 2004. Je l’ai trouvée très confuse. Je suppose que le chaos littéraire et narratif était censé faire écho chaos dans la tête d’Amin, mais c’est moi qui me suis trouvé perdu. Plus embêtant, car être perdu n’est pas forcément un souci, je me suis ennuyé, au point de sauter des passages entiers. C’est surtout là que je ne sais que penser : suis-je hermétique à une construction trop littéraire ou à une écriture poétique que je n’ai pas perçue, ou est-ce vraiment raté ? Je vous laisse juge.

Pour finir, la partie que je trouve la plus réussie est le centre du récit de 1994. C’est plus compréhensible, le roman apporte un autre éclairage par rapport à celui de Frédéric Paulin, en nous plongeant au cœur de la rivalité entre les différents militaires, et en se focalisant sur le vécu de quelques lycéens. Mais même sur cette partie-là, je me suis senti plus intéressé que transporté, pas aussi bouleversé que j’aurais dû l’être par l’horreur, l’arbitraire, l’absurdité de la situation.

Bref rendez-vous raté. Avec l’impression très subjective d’un roman extrêmement ambitieux, dans sa construction, son écriture et la quantité de thématiques qu’il brasse, et qui n’est pas à la hauteur de cette ambition.

Adlène Meddi /1994, Rivages/Noir (2018).

Retour de Makana au Caire

Parker Bilal continue à écrire les aventures de Makana, privé d’origine soudanaise réfugié au Caire.  Le Caire : toile de fond.

BilalMakana va changer de standing. Aram Kasabiam, le marchand d’art le plus riche et réputé du Caire lui demande de venir le voir. L’enquête qu’il veut lui confier est délicate et dangereuse : Un client américain a eu vent la présence dans la ville de Samari, haut dignitaire de Saddam Hussein, recherché par les armées du monde entier. Samari, qui avait participé à l’invasion du Koweit aurait accumulé avant la retraite un trésor inestimable, bijoux, or, mais surtout des toiles de maitres, dont certaines disparues depuis la fin de la guerre de 45.

Problème, ou plutôt problèmes : Personne dans cette affaire ne joue franc jeu, ni ne dit la vérité ; Samari est extrêmement dangereux ; et il ne peut pas être sur le sol égyptien sans avoir des soutiens très haut placés, soutiens qui nous souhaitent pas que leur nom soit associé à l’aide à un ennemi public du grand frère américain. Dans une partie de la ville du Caire qu’il connaît mal, Makana va devoir faire preuve de la plus grande prudence et de la plus grande intelligence.

Je suis en peu embêté pour commenter ce quatrième opus. A la lecture des trois premiers j’avais eu l’impression : 1. Que Parker Bilal n’était pas complètement à l’aise avec la résolution de son énigme dans le premier, mais que les descriptions de la ville et du personnage central promettaient de belles choses ; 2. Que ça y était, il avait tout, le second tome me paraissant vraiment réussi, 3. Que c’était toujours intéressant mais que l’auteur retombait dans le troisième dans des travers de final un peu trop rocambolesque …

Et pour le 4 ? Disons que l’intrigue, même si elle est un peu foisonnante et ambitieuse est plutôt tenue. Ce qui manque cette fois c’est un peu l’émotion. Les souvenirs et traumatismes de Makana me semblent tourner un peu en rond, les promesses entrevues d’avoir des informations sur le sort de sa fille n’aboutissent sur rien dans ce volume, et peut-être que le monde des trafiquants d’art et des richissimes m’intéresse moins que la vie des habitants « normaux ».

Du coup, je ne me suis pas ennuyé, c’était agréable, mais mon préféré reste le second volume et j’espère encore que Parker Bilal va nous livrer bientôt les livres enthousiasmants qu’il laisse entrevoir. Aussi enthousiasmants que Les écailles d’or.

Parker Bilal / Le Caire : toile de fond (The burning gates, 2015), Le Seuil/Cadre noir (2018), traduit de l’anglais  par Gérard de Chergé.

Un grand Deon Meyer

Surprise, Deon Meyer nous revient avec un roman qui n’a rien à voir avec tous ses précédents. Et c’est une grande réussite : L’année du lion.

MeyerUn virus a décimé 90 % de l’humanité. Dans une Afrique du Sud bien vide, Willem Storm et son jeune fils de 13 ans Nico cherchent un endroit où créer une communauté qui permettra à Willem de mettre en pratique ses idées humanistes.

Bien des années plus tard, Nico, formé à l’usage des armes par Domingo, raconte les trois premières années de la communauté d’Amanzi créée par son père. Ainsi que les circonstances de son assassinat, et la traque des tueurs qu’il a menée.

Qu’est-ce que ce bouquin fait du bien. Parce que ça faisait quand même un moment que le grand Deon Meyer ronronnait un peu. Après des débuts fracassants, dans les derniers je ne m’ennuyais jamais, mais je ne retrouvais pas l’enthousiasme du début.

Et là, avec ce changement de thématique, je le retrouve. Commençons par dézinguer la quatrième qui, avec une originalité confondante, évoque La route sous prétexte que c’est un roman post- apocalyptique et qu’il y a un père et son fils. Non, L’année du lion n’a rien, absolument rien à voir avec La route. Le point de départ de l’intrigue est le même : une catastrophe, un père et son fils, tout le reste n’a rien à voir. Et je ne fais pas ici de comparaison, ni en bien, ni en mal.

L’année du lion est, paradoxalement, autant une utopie qu’un récit post-apocalyptique. Car c’est bien à la reconstruction d’un monde bâti sur des bases plus saines, selon les convictions humanistes de Willem Storm que l’on assiste. Et comme Deon Meyer n’est pas naïf, cette construction se heurte à des très nombreuses résistances, dont la moindre est de résoudre des problèmes techniques.

Car dans ce monde post apocalyptique, tout n’a pas disparu, et surtout les connaissances persistent. Donc il est relativement facile de commencer à reconstruire des communautés. Mais il faut alors affronter l’avidité, le comportement charognard, ceux qui préfèrent prendre par la force ce qu’ils ne peuvent reconstruire, les religieux, les comportements individualistes … Il faut accepter de s’armer et de se défendre, voire d’attaquer.

Dit comme ça, ça fait un peu café du commerce, mais n’oublions pas que l’auteur est un grand conteur, et qu’il est ici au sommet de son art. Avec l’annonce, dès le départ, de l’assassinat du père, avec les regrets du fils (on saura pourquoi), avec son choix de raconter ces trois années comme des mémoires, il installe dès le début une tension qui va habiter le récit, faire tourner les pages toutes seules, et nous réserver, comme il sait si bien le faire, quelques beaux coups de théâtre.

Les scènes d’action sont, comme on s’en doute, particulièrement réussies, les personnages gagnent en épaisseur au fur et à mesure qu’on avance dans le récit, le suspense est parfaitement maîtrisé, l’idée de départ, classique, bien exploitée, et Deon Meyer s’y entend pour vous attraper dès la première page et ne plus vous lâcher jusqu’à la fin. Et mine de rien, vous ne pouvez vous empêcher de vous demander comment vous vous situez, par rapport à tel ou tel personnage, à telle ou telle réaction. Mais il faut lire le bouquin jusqu’à la dernière page pour comprendre complètement l’éventail de choix que propose l’auteur …

Un vrai plaisir intelligent, un roman à lire qui renouvelle son auteur.

Deon Meyer / L’année du lion (Koors, 2016), Seuil (2017), traduit de l’afrikaans et de l’anglais (Afrique du Sud) par Catherine du Toit et Marie-Caroline Aubert.

Mark Winkler, nouvel auteur sud-africain

Un auteur sud-africain chez Métailié, c’est pas banal. Je m’appelle Nathan Lucius, de Mark Winkler n’est pas non plus un roman banal.

winklerNathan Lucius est en apparence un jeune homme d’une grande banalité. Il travaille dans un journal, dans le département de la pub, vit seul, aime courir, et boit de temps en temps une bière avec ses collègues. Une vie ennuyeuse, sans aspérité. Il a une amie, Madge, une vieille antiquaire atteinte d’un cancer.

Il a bien ses particularités Nathan, mais qui n’en a pas ? Jusqu’au jour où Madge, en phase terminale d’un cancer, lui demande de l’aider à mourir. Et là, petit à petit, les particularités semblent prendre de plus en plus d’importance, et le récit de Nathan commence à déraper …

Je ne peux pas dire que ce soit le style de polar que je préfère, mais je dois aussi avouer qu’il est sacrément bien construit et écrit. L’auteur a le chic pour créer un malaise sans que le lecteur puisse savoir exactement ce qui le gène, et ce qui lui met la puce à l’oreille. La folie s’insinue petit à petit, sans qu’on sache bien mettre le doigt sur ce qui cloche.

Et après une première partie qui voit la normalité et la banalité se dissoudre lentement dans le monologue du narrateur, la deuxième partie vous plonge au cœur de la folie.

Il est vrai que je préfère habituellement les romans qui embrassent davantage tout un pan de la société, et que les romans centrés sur un seul personnage m’attirent moins, mais celui-ci est sacrément bien écrit et construit. A découvrir donc.

Mark Winkler / Je m’appelle Nathan Lucius (Wasted, 2015), Métailié (2017), traduit de l’anglais (Afrique du Sud) par Céline Schwaller.

De retour, avec Parker Bilal

Avec Les ombres du désert, Parker Bilal et son privé soudanais exilé au Caire, Makana, s’installent dans la famille des personnages récurrents du polar.

bilalNous sommes en septembre 2002, la lutte antiterroriste mondiale s’est installée dans le paysage, avec des effets partout, entre autres en Egypte. En marge de cette agitation, Makana est contacté par la femme d’un riche avocat qui veut qu’il suive son mari qu’elle soupçonne d’être infidèle. Rien que de très classique. Cela commence à déraper quand l’homme va rendre visite à une jeune femme gravement brûlée dans l’incendie de son échoppe. Elle meurt quelques jours plus tard, et finalement, c’est l’homme qu’il suivait qui l’engage pour trouver ce qui lui est arrivé.

Son enquête va l’amener dans l’oasis de Siwa, en plein désert, un lieu qui semble coupé du reste du pays, un lieu qui a ses propres lois.

On retrouve, dans ce troisième épisode, les qualités, et certains défauts du premier roman.

Débarrassons nous des défauts. Le final est tiré par les cheveux, trop rocambolesque, trop forcé. Et avec des rebondissements qu’on voit venir d’un peu loin.

C’est d’autant plus dommage que, comme dans les autres épisodes, hormis ces « erreurs » dans la construction de l’intrigue, c’est un roman qui se lit très agréablement. Le personnage de Makana, à la fois étranger (et donc ayant un regard un peu extérieur) et suffisamment familier pour comprendre ce qu’il se passe dans son pays d’adoption est attachant, avec ses douleurs et ses fêlures que l’auteur évoque sans trop en faire.

La description du Caire, puis de cette ville perdue, loin de la loi et de ce qu’on pourrait appeler la civilisation mais pas assez loin de la cupidité et des intérêts financiers, est intéressante. Cette version moderne et orientale de la petite ville de western où arrive un étranger, l’étouffement, la mainmise de quelques uns, les sort réservé aux femmes et l’inévitable toubib alcolo est mise en scène de façon assez jouissive … l’auteur joue bien avec ces clichés d’un autre lieu et d’un autre temps, et les actualise tout en les épiçant, pour le plus grand plaisir du lecteur.

Une bonne série donc, malgré ses défauts.

Parker Bilal / Les ombres du désert (The ghost runner, 2014), Seuil/Policiers (2017), traduit de l’anglais par Gérard de Chergé.

PS. Je ne vous avais pas abandonné, j’étais juste dans la dernière zone sans internet de France, voire d’Europe, la maison de mes parents ! D’autres notes à venir.

Wessel Ebersohn est bien de retour

Il avait totalement disparu pendant des années, on l’a retrouvé avec La tuerie d’octobre. Et le revoilà, avec ses deux personnages récurrents, Yudel Gordon et Abigail Bukula ; c’est Wessel Ebersohn. Le nouveau roman s’intitule : La nuit est leur royaume.

la nuit est leur royaume.inddAbigail Bukula, brillante et intransigeante juriste du ministère de la justice, fait trop de vagues et ne respecte que la loi et la justice. Pas forcément la bonne attitude quand on veut faire carrière. Et pourtant on lui propose (impose ?) une promotion assortie de six mois de congés.

Elle va en profiter pour répondre à un appel angoissé : un avocat de Zimbabwe la contacte pour venir représenter un groupe d’opposants au régime dictatorial en place arrêtés et gardés au secret. Parmi eux, elle se découvre un cousin, écrivain engagé et capable de fulgurances, mais dont elle peine à comprendre la personnalité. C’est pourquoi, avant de partir, elle contacte le psychologue Yudel Gordon.

Ils ne seront pas trop de deux pour essayer de faire éclater la vérité dans un pays ruiné, ravagé par la faim où l’état impose une chape de plomb.

Les amateurs de polars, habitués de la collection Rivages au siècle dernier, avaient été marqués par les romans très sombres de Wessel Ebersohn traitant de l’apartheid. La nuit divisée, en particulier, secouait son lecteur. Autant dire qu’on était à la fois heureux, et inquiet, de son retour bien des années plus tard, avec La tuerie d’octobre. Moins dense que les romans précédents, c’est un bon polar, qui rend compte de la complexité du nouveau pays qu’est devenu l’Afrique du Sud. Il nous permettait de retrouver avec plaisir son personnage Yudel Gordon et de découvrir une nouvelle héroïne, Abigail Bukula.

Avec La nuit est leur royaume, et son incursion au Zimbabwe, l’auteur renoue avec sa force initiale. On retrouve une intrigue assez classique, et des personnages très attachants, quelques pointes d’humour (une nouveauté me semble-t-il), liées au fait que Yudel Gordon est moins en danger que lorsqu’il s’opposait à son propre gouvernement.

Mais on retrouve surtout la rage, l’impuissance face à un pouvoir absolu, l’empathie avec ceux qui souffrent mais tentent de garder leur dignité et luttent, même si l’issue du combat est désespérément prévisible. On retrouve la patte Ebersohn, cette façon de décrire une dictature, ses abus de pouvoir et ses horreurs arbitraires, sans jamais tomber dans le voyeurisme ni le sensationnel. Ce qui donne d’autant plus de force à un roman qui fait mal aux tripes et secoue le lecteur, en plus de lui faire découvrir un pays dont on ne sait pas grand-chose.

Un roman à lire donc, et qui donnera envie, j’espère, à ceux qui ne les connaissaient pas, de découvrir les premiers titres de l’auteur.

Wessel Ebersohn / La nuit est leur royaume (Those who love night, 2010), Rivages/Thriller (2016), traduit de l’anglais (Afrique du Sud) par Fabienne Duvigneau.

Encore une découverte sud-africaine

Après Marli Roode, nous découvrons ici une nouvelle auteur sud-africaine, Karin Brynard, dans ce qui pourrait bien être le début d’une nouvelle série : Les milices du Kalahari.

BrynardL’inspecteur Beeslaar était flic à Johannesburg avant d’être muté dans une petite ville en bordure du parc transfrontalier du Kalahari. Il lui faut apprendre à s’habituer à la chaleur, à la sécheresse … Et aux habitants. Les relations sont tendues entre une police à majorité noire et les fermiers Boers qui s’estiment sacrifiés : une bande vole leur bétail, des fermiers blancs sont assassinés et ils commencent à s’organiser en milice privée, aux sales relents d’extrême droite.

Dans ce contexte difficile, Freddie, une artiste peintre et la petite fille métisse qu’elle venait d’adopter sont retrouvées égorgées dans leur ferme. Pour les meneurs de la milice, pas de doute, le coupable est son intendant bushman ; les employés parlent d’un sorcier ; et Beeslaar va devoir découvrir la vérité dans une situation où tout le monde le considère comme un ennemi.

Voilà une belle découverte, qui prend son temps. Le temps de planter un décor, le veld, le sable rouge, les plantes qui piquent, la chaleur. Le temps de donner de l’épaisseur à des personnages, du flic à Sara, la sœur de Freddie, en passant par Dam, l’étonnant intendant bushman. Le temps d’écouter des histoires de Dam, de s’attarder sur l’histoire de la région, des guerres, des luttes et des expropriations. Le temps d’écouter tout le monde, les fermiers blancs, qui ne forment pas un bloc, mais une communauté certes effrayée mais pas uniquement composée de fous furieux, les ouvriers agricoles, les gamins paumés …

Mais c’est aussi un roman qui sait accélérer, avec de très belles scènes de bravoures dont une en particulier digne des meilleurs westerns. Parce que, plus presque que dans un polar, on est dans un western : une zone perdue à la limite de la civilisation, des « indiens » fantasmés, des hors la loi, des « braves gens » capables de devenir des lyncheurs, et au milieu, un shérif, un peu seul, et la cavalerie qui arrive presque trop tard …

Une vraie belle histoire, consistante, des personnages qu’on a envie de revoir, une belle profondeur sociale et historiques, un décor impressionnant. Tout pour plaire.

Karin Brynard / Les milices du Kalahari (Plaasmoord, 2009), Seuil/Policiers (2016), traduit de l’anglais (Afrique du Sud) par Estelle Roudet.