Archives pour la catégorie Polars américains

Le retour de Chris Offutt

Un nouveau roman de Chris Offutt, on n’y croyait plus. La nouvelle n’en est que meilleure. D’autant plus qu’avec Nuits Appalaches, on retrouve l’âpreté, la rudesse et la beauté des précédents écrits de l’auteur.

Offut1954, Tucker qui a menti sur son âge revient de la guerre de Corée alors qu’il n’a pas encore 18 ans. Il retourne chez lui, dans les Appalaches. Sur la route, il intervient pour défendre Rhonda, 15 ans, sur la point d’être violée par son oncle. Entre eux c’est le coup de foudre, et ils vont s’installer dans la vallée de la famille de Tucker.

Dix ans plus tard, Tucker travaille pour un trafiquant d’alcool local. Il fait vivre une famille en difficulté, quatre de leurs cinq enfants étant handicapés. Mais avec l’aide de Jo, leur grande fille, et avec tout l’amour de leurs parents, ils se débrouillent. Jusqu’à ce qu’un médecin de l’assistance sociale décide qu’il faut leur retirer la garde de Ida, Velmey, Bessie et Big Billy. Alors Tucker va se souvenir que l’armée lui a appris à tuer, et que la vie dans ses collines l’a formé à prendre soin des siens.

Des années après les magnifiques recueils de nouvelles Kentucky straight et Sortis du bois, publiés dans la défunte collection La Noire qui, coïncidence, renait ces jours-ci, Chris Offutt nous offre un roman se déroulant dans les mêmes collines boisées et perdues des Appalaches.

Cela a sans doute été dit et redit (ou va l’être dans les jours qui viennent), mais l’auteur me fait vraiment penser à Larry Brown et Daniel Woodrell pour les anciens, et le jeune David Joy marche sur ses traces. Voilà pour la famille littéraire.

Comme tous ces auteurs, il sait magnifiquement décrire une situation sociale dure, très dure, qui forge des gens rudes, pas forcément très respectueux de la loi d’un pays qui ne se souvient d’eux que pour s’en moquer ou restreindre leur liberté, mais également extrêmement solidaires, aimant leur terre malgré son âpreté, et très attachés à leur famille. Loin, très loin des clichés de pauvres blancs incultes et violents, encore plus loin des tarés de Délivrance.

Les descriptions des collines et des forêts sont superbes, l’auteur nous touche profondément en décrivant l’amour total de ces deux parents pour leurs enfants, pour tous leurs enfants, les scènes de violence font preuve d’une belle efficacité, de sécheresse et sont totalement dénuées de toute complaisance.

Un roman bouleversant sans pathos, qui réussit à nous rendre incroyablement familiers et attachants des personnages dont on se sentirait difficilement proche dans la vie non littéraire.

Le seul reproche que l’on puisse faire à Chris Offutt est de ne pas écrire davantage.

Chris Offutt / Nuits Appalaches (country dark, 2018), Gallmeister (2019), traduit de l’anglais (USA) par Anatole Pons.

Un roman intrigant

Voilà un livre qui me laisse un peu flottant, ni convaincu, ni complètement déçu. Pour tout dire, je ne sais trop quoi en penser. Chaque homme, une menace de l’américain Patrick Hoffman.

HoffmanQuel est la lien entre Raymond Gaspar, petit truand chargé, juste à sa sortie de prison, de superviser certaines affaires du ponte qui l’a protégé pendant son séjour à l’ombre ; Semion et Isaak, deux israéliens patrons de boites de nuit à Miami qui profitent de leur situation pour traficoter gentiment tout en restant sous les radars ; Moisey Segal, une vague connaissance des deux précédents vivant à Bangkok ; Vanya Rodriguez, alias Candy Hall-Garcia, alias pas mal d’autres, belle plante ; et un chargement de quelques tonnes de came sur le point d’arriver à San Francisco ? Il vous faudra lire Chaque homme, une menace jusqu’au bout pour le savoir.

Je suis passé par tous les états (états de lecteur, n’exagérons rien) pendant cette lecture. Au début, incompréhension et un peu d’ennui, au point d’avoir failli abandonner pendant la première des 5 parties. Comme le personnage de Raymond Gaspar, on ne comprend rien à ce qui est en jeu, et la narration assez elliptique n’aide pas. Ce qui n’aide pas non plus c’est que les personnages sont peu creusés, et qu’on n’arrive pas trop à s’intéresser à ce qui leur arrive.

Ceux que l’on croise ensuite sont un peu mieux définis, leur histoire un peu plus claire, et on commence à se prendre au jeu. Et puis, peu à peu, on entrevoit des liens entre les différents protagonistes présentés au long des 5 parties du roman (courtes les 5 parties, le roman fait 300 pages).

Et au final, même si certains aspects me semblent un poil tirés par les cheveux, il faut reconnaître que l’on reste assez bluffé par le puzzle qu’a construit l’auteur, et la construction tordue qu’il a mise en œuvre pour perdre son lecteur jusqu’à la cinquième et dernière partie où tous les fils se rejoignent.

Donc on referme le bouquin, beaucoup plus satisfait que pendant les 50 premières pages. Il faut aussi dire que si la lecture est au final distrayante, ce n’est pas non plus un roman exceptionnel, aucun personnage ni aucune scène ne resteront gravés dans ma mémoire, et je risque de l’avoir oublié assez rapidement. Pour les amateurs de constructions tordues essentiellement.

Patrick Hoffman / Chaque homme, une menace (Every man a menace, 2016), Série Noire (2019), traduit de l’anglais (USA) par Antoine Chainas.

Mieux vaut tard que jamais …

Je ne l’avais pas lu l’an dernier, mais j’en avais beaucoup entendu parler. J’ai rattrapé mon retard. Quelle claque ! My absolute darling de Gabriel Tallent.

TallentTurtle Alveston, 14 ans, vit seule avec son père, Martin, dans une maison qui tombe en ruine en bordure de la petite ville de Mendocino au nord de la côte californienne. Une relation plus que toxique entre ce père charismatique, écologiste misanthrope proche des théories survivalistes qui apprend à sa fille à tirer, à survivre dans la nature, abuse d’elle, lui déclare un amour absolu et la martyrise, l’appelle indifféremment son amour absolu et petite conasse.

Face à lui Turtle oscille entre amour et haine, dévotion absolue et rejet. Convaincue de sa faiblesse et de sa nullité, elle préfère partir seule en forêt qu’aller à l’école où elle fuit les relations avec les autres adolescents. Jusqu’au jour où, lors d’un de ses périples en forêt, elle aide deux lycéens perdus sous la pluie et découvre alors que d’autres modèles de familles et de relations humaines existent. Une découverte qui, peu à peu, va remettre en question l’acceptation de sa situation. Jusqu’à l’explosion.

J’arrive un peu après la bataille, et nombreux sont les blogs qui ont déjà dit tout le bien que l’on pouvait penser de ce roman. Je ne peux que me joindre au chœur des louanges.

Oui Turtle et Martin forment un couple inoubliable. Et si le père entre dans le panthéon des monstres, mais des monstres ô combien humains, c’est Turtle qui vous hantera longtemps.

Il est incroyable de voir comment l’auteur, dont c’est le premier roman, a réussi à créer ce personnage auquel on croit immédiatement, mélange de solidité et de dureté de diamant, alliées à une fragilité extrême due au mépris qu’elle a pour elle-même. A la fois fière de ses compétences, terriblement dure au mal, et persuadée par un père manipulateur qu’elle est une petite merde, incapable de vivre sans lui, indigne de l’attention et de l’amour des autres, justement parce qu’elle se laisse dominer par ce père. Honteuse d’aimer le pervers qui l’asservit. Coupable de ce dont elle est victime.

C’est ce balancement permanent qui vous tordra les tripes.

Autour de cette relation hors normes, par petites touches et sans avoir l’air d’y toucher, l’auteur sait également éclairer le récit par ailleurs bien sombre de superbes descriptions de la nature environnante où Turtle trouve un peu de paix et de joie, ou suggérer sans en avoir l’air l’hypocrisie et la lâcheté d’une petite ville qui, sous couvert de se montrer libérale et respectueuse des différences, s’arrange très bien de ne pas voir une situation qui pourtant saute aux yeux.

Un livre qui marque, qui vous flanque dès le premier chapitre une grand baquet d’eau glacée dans la figure, et ne vous lâche plus, bien longtemps après l’avoir refermé.

Gabriel Tallent / My absolute darling (My absolute darling, 2017), Gallmeister (2018), traduit de l’anglais (USA) par Laura Derajinski.

Promenons-nous dans les bois …

Le début d’une nouvelle série chez Rivages ? Il semblerait que ce soit le cas avec Trouver l’enfant de l’américaine Rene Denfeld.

DenfeldMadison Culver a disparu il y a 3 ans. Si elle est encore vivante, elle a aujourd’hui 8 ans. Les parents désespérés font finalement appel à Naomi la trentaine, détective privée, la « femme qui trouve les enfants ».

Madison a disparu soudainement, dans la neige de cette forêt de l’Oregon où elle était allée avec ses parents choisir un sapin de Noël. C’est dans le froid et un décor à la Jack London que Naomi va devoir fouiller, chercher, retrouver les traces des vieilles concessions, des chercheurs d’or et des trappeurs. Mais c’est aussi son passé d’enfant adoptée qui va la rattraper.

Je ne vais pas vous dire que c’est le polar de l’année, ou que l’histoire est follement originale. C’est vrai que des enquêtes sur des disparitions d’enfants il y en a beaucoup dans le polar. Mais … Mais je vous conseille néanmoins de vous pencher sur Trouver l’enfant de Rene Denfeld.

Parce qu’au-delà du classicisme du point de départ, il va vous offrir quelques belles surprises.

Pour commencer, l’histoire est fort bien racontée, prenante et émouvante. Elle vous accroche dès le départ, et ne vous lâche pas jusqu’à la fin. Après tout, les clichés bien travaillés font partie des fondations du roman policier.

Ensuite parce que le lieu est original, très bien décrit, et très bien utilisé dans l’histoire. On ressent le froid, la neige, les immensités perdues. On retombe en enfance dans cet Oregon montagneux et enneigé, on revoit nos lectures de Jack London, on entend les loups (et oui, il y a aussi des renards et des belettes …). Le lieu est important, mais aussi son histoire dans laquelle l’enquêtrice va fouiller pour trouver une éventuelle piste.

Les personnages sont beaux. En premier lieu avec cette Naomi qui se consacre entièrement à la recherche d’enfants perdus, dont on sent la fêlure, le secret douloureux qu’elle se cache à elle-même. Un secret que l’on voit apparaître, peu à peu, comme la photo dans le révélateur. Mais ce n’est pas la seule, l’auteur prend le temps de brosser les portraits d’une galerie de personnage secondaires qui ne sont jamais simplifiés, et peuvent nous surprendre au cours de la lecture.

La référence aux contes de fées qui permet à la gamine de survivre (je ne spoile pas, on le sait très vite), apporte une dimension qui se marie très bien avec le décor. Et pour finir, à aucun moment l’auteur ne simplifie l’histoire. Pas de Mal absolu, venu de nulle part ici, mais beaucoup de souffrances, et malgré tout un peu d’espoir.

Une belle découverte, et l’envie de retrouver cet auteur et son enquêtrice (la quatrième parle du début d’une série).

Rene Denfeld / Trouver l’enfant (The child finder, 2017), Rivages/Noir (2019), traduit de l’anglais (USA) par Pierre Bondil.

Magnifique Jack Boucher

Je retrouve la bonne humeur avec le nouveau roman de Michael Farris Smith : Le pays des oubliés.

FarrisSmithJack Boucher arrive au bout du rouleau. Depuis l’âge de 19 ans il a combattu dans des arènes grillagées, univers dont il est devenu une légende. Mais aujourd’hui, à 46 ans, son corps est brisé, et sa mémoire s’enfuit morceau par morceau. Il ne lui reste plus qu’à rendre à Big Momma Sweet les 12000 dollars qu’il lui doit, puis à aller tenir compagnie à Maryann, sa mère adoptive, en train de mourir dans une maison de retraite.

Sauf que, bien entendu, les choses ne vont pas se passer comme ça. Et qu’il va devoir mener un dernier combat.

Le polar, et en particulier le polar américain nous a déjà offert une belle galerie de personnages brisés,  arrivés au bout de leur vie. On pourrait même croire qu’on a déjà tout lu. Et bien non. Jack Boucher est un des plus beaux et des plus émouvants looser déglingué de cette galaxie. Et autant j’avais eu des réserves sur le premier roman traduit de Michael Farris Smith, Une pluie sans fin, autant Nulle part sur Terre et ce dernier sont de vrais bonheurs de lecture.

Certes on se doute bien de comment toute cette histoire peut se terminer. Mais une fois de plus, ce qui compte c’est bien le voyage et non la destination. Et surtout en compagnie de qui on voyage. Et Jack, Maryann et Annette que vous allez découvrir sont des personnages que vous n’oublierez pas de sitôt.

C’est poisseux, glauque et violent, et pourtant d’une humanité et d’une tendresse qui vous mettront les larmes aux yeux. La façon de décrire les souffrances de Jack, sa mémoire qui s’effiloche, sa solitude et pourtant son courage et l’étincelle de dignité qu’il ne veut pas laisser s’éteindre vont vous bouleverser.

Dans toute cette noirceur, quelques rayons de soleil viennent éclairer le récit, comme une gloria entre les nuages d’orage. Le vol d’un faucon, un silence partagé face à un coucher de soleil, un sourire … Au risque de rendre les ténèbres environnantes encore plus noires, par contraste. Mais ça fait quand même du bien.

Un roman magnifique.

Michael Farris Smith  / Le pays des oubliés (The fighter, 2018), Sonatine (2019), traduit de l’anglais (USA) par Fabrice Pointeau.

Le gang Dillinger vu par James Carlos Blake

Avec Handsome Harry James Carlos Blake revient à ce qui l’a fait connaître depuis plus de 20 ans avec des romans comme L’homme aux pistolets ou Les amis de Pancho Villa : les histoires de gangsters comme façon de raconter l’Histoire des US.

blake16 octobre 1934, tout le gang Dillinger a été décimé, il ne reste plus que Harry Pierpont, dit Handsome Harry, qui attend son exécution après une ultime évasion ratée. C’est lui qui nous raconte l’histoire d’un des gangs les plus célèbres de la période de la grande dépression.

On passe rapidement sur les premiers braquages dans l’Indiana, sa rencontre avec John Dillinger en prison, puis l’évasion de ce qui allait devenir le gang grâce à John libéré avant les autres. Viennent ensuite les quelques mois pendant lesquels l’équipe réalise ses braquages les plus spectaculaires. C’est cette période, auprès de Harry, John, leurs complices et les femmes qui ont partagé leurs vies, alors qu’autour le pays s’enfonce dans la dépression que décrit James Carlos Blake.

L’intérêt du roman est de raconter ce qui n’apparait pas dans les rapports de police ou les articles très exagérés des journaux : la vie au quotidien des membres de l’équipe. C’est cela qui est mis en avant, leur vie amoureuse, leurs amitiés, leurs discussions, les blagues, les changements de domicile, les déplacements dans tout le pays. Et c’est au moins aussi intéressant, sinon plus, que le récit des attaques de banques qui, finalement, passe presque au second plan.

Le tout est raconté dans un style très parlé, sec et vif, sans tenter d’enjoliver la réalité. Les différents personnages sont présentés comme des hommes et des femmes presque ordinaires, avec leurs qualités et leurs défauts, leur panache, leurs lâchetés. La différence avec le citoyen lambda ? Pour les membres du gang, la seule différence entre eux et les banquiers, c’est que eux sont hors la loi, alors que les banquiers, tout aussi criminels, sont protégés par la loi. Une opinion assez partagée en cette période de grande dépression et de krach boursier. Cela donne un moment particulier de l’histoire des US vu par un prisme assez inhabituel, et offre une autre vision de la société.

Une vision qui pourrait connaître un regain de popularité dans une période où un trader, un parasite ayant joué en bourse et précipité des pays entiers dans la panade, ou un conseiller bancaire spécialisé dans l’évasion fiscale gagnent infiniment plus qu’un instituteur, un infirmier, un plombier, un chercheur, un chirurgien ou un boulanger pour ne prendre que quelques exemples de métiers autrement plus indispensables.

James Carlos Blake / Handsome Harry (Handsome Harry, 2004), Gallmeister (2019), traduit de l’anglais (USA) par Emmanuel Pailler.

Avec Dortmunder, une année de bonheur.

Le premier John Dortmunder avait un goût de pas assez. Donc j’ai attaqué le second Comment voler une banque, que j’avais lu avec beaucoup de retard, bien après sa parution, et que j’avais même déjà chroniqué sur mon premier blog et repris ici (quelque part dans les profondeurs des archives). Je reprends ma chronique, un poil changée. L’auteur ? Je ne vous ferai pas l’injure de la rappeler.

Dortmunder-02Cambrioler une banque, c’est à la portée du premier crétin venu (ou presque), mais voler la banque ? Toute la banque ? En profitant du fait que, pendant les travaux, elle s’est installée dans un mobile home. Ca, il n’y a que l’équipe de John Dortmunder pour le réussir. Et finir, bien entendu, par tout faire foirer, ou presque.

Dès ce deuxième volume on voit, déjà, se mettre en place une complicité avec le lecteur, et un comique de répétition. Répétition quand les complices auxquels John pense sont occupés ou pris pour des raisons plus incongrues les unes que les autres. Répétition des explications de Stan Murch sur les trajets qu’il emprunte pour arriver au rendez-vous.

Un nouveau personnage entre en scène, May, la copine de John, et on a droit aux premières discussions surréalistes entre les arsouilles du O. J. Bar.

Sinon, une nouvelle fois le plan de John est génial. Une nouvelle fois malgré le génie de John, c’est au moment où tout semble bien marcher que tout se met à foirer. Et une nouvelle fois les dialogues sont d’une précision qu’envieraient beaucoup d’horlogers suisses.

Et on s’aperçoit à la lecture que, mine de rien, on peut suivre une partie de l’actualité politique de l’époque en lisant les aventures de John. Dans le premier Donald Westlake faisait allusion aux flics en train de taper sur les étudiants manifestant contre la guerre au Vietnam. Là il est fait, très vite, allusion aux mouvements pour les droits civiques. Et on a un ancien agent du FBI pas très malin qui cherche à connaître les opinions politiques de tout le monde.

Juste pour le plaisir, ces quelques lignes qui définissent si bien l’attitude de John face à la vie :

« Dortmunder avait payé son apprentissage de la patience au prix fort. Des tâtonnements de la vie parmi d’autres être vivants il avait retenu que, lorsqu’un petit groupe se met à s’agiter dans tous les sens et à crier sur fond de quiproquo, la seule chose sensée à faire est de rester en retrait et de les laisser se débrouiller entre eux. L’alternative consistait à attirer leur attention, soit en explicitant le malentendu, soit en les ramenant au sujet de conversation initial mais, dans les deux cas, vous vous retrouviez vous aussi à vous agiter dans tous les sens et à crier sur fond de quiproquo. Patience, patience ; au pire, ils finiraient par se fatiguer. »

J’en profite pour vous souhaiter une excellente année 2019, si vous la passez avec John, vous aurez une année souriante.

Donald Westlake / Comment voler une banque (Bank shot, 1972), Rivages/Noir (2011), traduit de l’anglais (USA) par M. Sinet.