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Mon premier polar coréen

Vous aurez sans doute remarqué qu’il n’y a pas beaucoup de polars asiatiques ici. En voici quand même un : Les planificateurs du coréen Kim Un-Su.

UnSuDepuis plus de quatre-vingt ans, la bibliothèque du chien était le seul endroit où, que l’on soit un officiel ou un simple quidam (fortuné), on venait commanditer un assassinat. La dictature sud-coréenne est tombée, la bibliothèque est restée, tenue par père Raton-Laveur. Il a recueilli tout petit Laesaeng qui est devenu un de ses meilleurs tueurs.

Aujourd’hui Hanja, un autre de ses anciens employés, a monté une structure concurrente et moderne. Mais le marché de l’assassinat est une niche qui supporte mal la concurrence et entre Hanja et père Raton-Laveur la guerre est imminente. Alors que l’élection présidentielle approche et occupe tout le monde, Laesaeng se trouve pris dans un tourbillon dont il risque de ne pas sortir indemne.

Voici un roman étonnant qui vaut le détour. Ne connaissant strictement rien de la culture ou de la littérature coréenne, je ne saurais dire si le côté étrange de ce polar est typiquement coréen, ou s’il est propre à l’auteur. On est dans une sorte de conte (avec des personnages étonnant comme ce père Raton-Laveur), avec des moments surréalistes et d’autres brutaux et très terre à terre. On passe de scènes qui semblent oniriques au lecteur peu habitué que je suis, à d’autres d’un réalisme au raz du caniveau.

En parfait accord avec ces ambiances, Kim Un-Su sait passer d’une langue très poétique à des moments où l’écriture se fait beaucoup plus prosaïque.

Le récit est classique (avec des retours vers le passé qui éclairent la vie de Laesaeng), classique et parfaitement maîtrisé dans une montée progressive vers une explosion de violence inévitable.

Malheureusement, mon manque de connaissance total de ce que fut, et de ce qu’est encore la société coréenne, m’empêche de voir si ce conte policier est une métaphore de la vie politique et sociale de ce pays. Vu du fond de mon ignorance, c’est bien l’impression que cela donne, la brutalité ouverte d’une dictature qui n’a guère besoin de justification se cachant ensuite sous le masque d’entreprises privées tout aussi brutales mais beaucoup plus secrètes et hypocrites. Quant à l’intermède qui décrit la vie de l’ouvrier coréen, il est sans pitié (le revers d’un succès économique vanté par tous les économistes libéraux).

Tout ça pour dire que j’ai été dépaysé, étonné et ravi par mon premier polar coréen, à découvrir, vraiment.

Kim Un-Su / Les planificateurs (The plotters, 2010), L’aube noire (2016), traduit du coréen par Choi kyungran et Pierre Bisiou.

Suspense japonais.

Je continue à écluser les bouquins qui étaient restés sur la pile en cette fin d’année scolaire. Et je fais une incursion à l’est, très à l’est, avec Les assassins de la 5°B de la japonaise Kanae Minato.

MinatoFin d’année en 5°B. Mme Moriguchi, professeur principal fait ses adieux à la classe. Elle a décidé de démissionner. Un mois auparavant, sa fille de 4 ans a été retrouvée morte, noyée dans la piscine du collège. Une mort accidentelle en apparence. Lors de son discours d’adieu, Mme Moriguchi révèle qu’elle sait que ce sont deux élèves de la classe qui ont tué sa fille. Qu’elle ne les a pas dénoncés à la police. Mais que sa vengeance est déjà en marche.

A la rentrée suivante, la déléguée de classe, la mère d’un des assassins, les deux garçons auront tour à tour la parole, apportant chaque fois un nouvel éclairage au drame, jusqu’à la conclusion, machiavélique.

Sans quelques conseils, ici ou là, je ne serais sans doute pas allé vers ce polar psychologique, et j’aurais eu tort. Parce qu’il est passionnant.

La construction est impeccable, tordue à souhait, chaque nouvelle voix venant éclairer les faits d’une nouvelle lumière et apporter son lot de surprises. C’est qu’ici personne n’est celui qu’il parait être. On pense forcément à Rashomon de Kurosawa dans cette façon de raconter le même événement vu par les différents protagonistes. Et cela pourrait être lassant si ce n’était, effectivement, qu’un procédé.

Mais c’est bien mieux que ça, tant la narration est habilement menée, mais surtout, tant chaque personnage, au travers de son récit de ce fait divers, révèle des pans entiers de la société japonaise. Des pans fort mal connus ici (au moins fort mal connus de moi).

L’absence totale du père dans l’éducation : ici seule les mères ont un poids. Comme si le rôle qu’elles abandonnent dans la société du travail renforçait leur pouvoir à la maison, et surtout leur influence sur leurs enfants, et en particulier leurs fils.

L’écrasante pression du regard des autres et de la place dans la société des parents et des enfants.

L’impunité et le manque total de repère de toute une génération d’adolescents, pris dans une sorte de maelstrom entre le matraquage de l’école, l’espoir immense mis sur leurs épaules par les parents et toute la société, et une sorte de début de liberté qui en fait des êtres intouchables, des parents eux-mêmes, mais également des éducateurs.

Autre fait frappant (surtout pour un latin !) le manque de chaleur dans les relations. Une distance, une froideur telles qu’elles en paraissent inexistantes.

Bref, derrière un suspense parfaitement entretenu et un final qui va en surprendre plus d’un, le portrait tout en finesse de la société japonaise qui fait froid dans le dos au français hispanophone que je suis.

Kanae Minato / Les assassins de la 5°B (Kokuhaku, 2008), Seuil/Policiers (2015), traduit du japonais par Patrick Honnoré.

Un polar japonais original

Cela ne vous aura pas échappé, il n’y a pas grand-chose sur les polars asiatiques en général, et japonais en particulier ici. Manque d’occasion, curiosité défaillante, attirance plus marquée pour l’Europe et l’Amérique … Sans doute une peu de tout ça. Mais rien n’étant irréversible, je me suis laissé tenter par ce Rendez-vous dans le noir du japonais Otsuichi. Et j’ai bien fait.

OtsuichiMichiru est une jeune femme devenue aveugle dans un accident. Depuis la mort de son père elle vit seule dans sa maison, ne sortant que très rarement avec la seule amie qui lui reste. Akihiro aussi vit seul, sans amis, et ne sort que pour se rendre à son travail, dans une imprimerie. Parce qu’il est réservé, il devient peu à peu le souffre-douleur du meneur de l’atelier.

Un matin, dans la gare qui jouxte la maison de Michiru, un homme est poussé sur la voie et meurt percuté par l’express qui passe à ce moment-là. Le même jour, Michiru se rend compte qu’elle n’est plus seule dans sa maison, et que quelqu’un est là, silencieux. Peu à peu, entre deux êtres seuls, une étrange relation se noue.

Voilà un polar très fin et très bien fichu. Et il fallait ça pour que je m’y intéresse. Parce qu’a priori, les thrillers psy c’est pas mon truc. Et puis la culture japonaise toute en retenue et en non-dits, avec les frustrations rentrées que ça entraîne c’est pas non plus mon verre de saké. En général je préfère quand sa gueule et que ça pète.

Mais là, chapeau.

Toute en subtilité l’auteur fait ressentir la double solitude des personnages. L’enfermement dans un double carcan de la jeune femme, aveugle et tellement éduquée à être polie, à ne pas déranger, à ne pas avoir le moindre espoir d’une vie un peu épanouie. Et celui du jeune homme, incapable de cette fausse fraternisation du boulot, individu qui ne rentre pas dans la moule et est donc implacablement rejeté.

Toute la rigidité d’une société montrée sans en avoir l’air au travers des pensées, pourtant jamais revendicatrices des deux personnages. Et derrière cette raideur, des souffrances, évoquées plus que décrites, que l’on ressent plus qu’on ne les comprend. Des souffrances que l’on devine représentatives de toute une société, même si ici elles semblent individuelles.

Mais ce n’est pas tout. Petit à petit, mine de rien, l’intrigue se noue, sans même qu’on s’en aperçoive, pour se résoudre en quelques retournements diablement bien amenés lors d’un final que rien, vraiment rien, ne pouvait laisser deviner.

Je ne lirais pas ça tous les jours, je continue à préférer la fureur, l’énergie et l’enthousiasme d’un Taibo, la rage d’un James Lee Burke ou l’humour d’un Camilleri, mais je dois avouer que, dans son style, c’est très fort. Et émouvant.

Otsuichi / Rendez-vous dans le noir (Kurai tokoro de machiawase, 2002), Picquier Poche (2014), traduit du japonais par Myriam Dartois-Ako.

La confrontation Orient-Occident vue par Nury Vittachi.

J’avais découvert Nury Vittachi et son énergumène, C.F. Wong il y a quelques années avec Le maître de fengshui perd le nord. Hilarant. Puis les éditeurs avaient traduit un recueil de nouvelles très décevant, et je l’avais oublié. Jusqu’à ce que j’aperçoive Le maître de fengshui est à l’ouest sur les tables de ma librairie de prédilection, et que je décide de lui redonner une chance. Bien m’en a pris !

Les affaires vont mal, très mal pour C. F. Wong, maître de fengshui de Singapour. Aussi, malgré son mépris et sa crainte de l’Occident est-il obligé d’accepter une mission bien inhabituelle : Arranger les salons d’un A380 plus que luxueux, destiné à devenir un véritable centre d’affaires volant et … analyser la disposition d’un certain palais de Buckingham. En effet, l’avion est en partance de Hong Kong pour Londres, et depuis quelques temps la Famille Anglaise subit de sérieux revers. Toute aide serait donc la bienvenue. Bien entendu, il serait grassement payé. Tout cela semble bel et bon, mais heureusement, très rapidement, les grains de sables vont enrayer la machine …

Commençons par un avertissement. Si vous cherchez dans un polar une intrigue retorse, avec des déductions savantes et une progression millimétrée, passez votre chemin. Ceux qui n’aiment pas diront sans doute que l’histoire est complètement irréaliste, incohérence, pas un poil crédible. Arbaracatrabrantesque ou quelque chose dans le genre.

Ceux qui aiment (dont moi), la trouveront tout simplement loufoque. Et surtout, on se marre à toutes les pages. Si Nury Vittachi n’est pas un génie de l’intrigue, c’est un magicien du dialogue et un maître es situations. La confrontation, vue par ses yeux, entre Orient et Occident est absolument hilarante, on éclate régulièrement de rire, et ça fait un bien fou. A ne rater donc sous aucun prétexte.

Le comique s’appuie sur une présentation burlesque très réussie de certaines actions, et surtout sur l’incompréhension totale entre Wong, vieux chinois comprenant mal l’anglais, et encore plus mal notre société, et son employée (jeune australienne gentille mais pas forcément lumineuse) et surtout les envoyés de la Queen. Ce qui donne ce genre de dialogue :

« au décès de la Princesse de Galles, entre autres choses.

– La Princesse de Galles est morte elle aussi ?

– Comment ça elle aussi ?

– Eh bien, Lady Diana est morte dans un accident de voiture.

– Oh, je vois, non … Il ne s’agit pas d’une autre princesse. La princesse de Galles est le titre officiel – de Lady Diana … Euh … La Princesse Diana, pour être correct.

– C’était une princesse galloise ?

– Non, une roturière anglaise. Mais elle portait le tire de Princesse de Galles

Wong estima qu’il valait mieux ne pas essayer de comprendre. »

Ou

« Les reines sont Regina. Les rois sont Rex.

En entendant cela, les sourcils du maître de fengshui se froncèrent. « Mais Joyce m’a dit que Rex voulait dire chien en Angleterre. »

Manks réfléchit. « C’est vrai, d’une certaine façon. En occident, le mot latin Rex est utiliser pour baptiser les chiens, mais cela veut aussi dire Roi. »

Wong secoua lentement la tête. Pas étonnant que la civilisation occidentale soit dans une état aussi lamentable. Aucun sens des convenances. »

Voilà, et des comme ça il y en a des wagons.

N’allez cependant pas croire que la charge est à sens unique. Si les représentants de la Royauté en particulier, et les occidentaux en général ne sont pas épargnés, Wong non plus : cupide, égoïste, rapace, férocement individualiste, bourré de préjugés … Terriblement humain, et très drôle.

Nuri Vittachi / La maître de fengshui est à l’ouest (Mr Wong goes west, 2008), Picquier/Poche (2010), Traduit de l’anglais (Hong Kong) par Cécile Leclère.

Eloge (japonais) de la paresse.

Je ne suis pas un fan des romans à énigme. Ni un grand admirateur de Holmes, Rouletabille, et autres Poirot, même s’ils m’ont offert de belles heures de lecture il y a bien des années. Mais de temps en temps … Et puis là, il s’agissait d’un auteur japonais, traduit pour la première fois en France. De quoi exciter notre curiosité. Voici donc, en provenance du pays du soleil levant, Tokyo Zodiac Murders de Soji Shimada.

Les Holmes et Watson japonais se nomment Mitarai et Ishioka. Mitarai est un dilettante. Astrologue, détective déductif, aimant par-dessus tout la tranquillité … Il est interpelé par une affaire vieille de plus de quarante ans : En 1936, Heikichi Umezawa, vieux peintre misanthrope est assassiné dans son atelier. Un atelier dont la porte est fermée de l’intérieur et dont les fenêtres sont protégées par des grilles. Près du cadavre, un texte, où la victime décrivait son fantasme : fabriquer en suivant les principes astrologiques Azoth, la femme idéale. Pour les morceaux, facile, les filles vivant sous son toit les fourniraient. Quelques jours plus tard, la fille aîné de sa seconde femme est violée et tuée chez elle. Puis ce sont les cadavres incomplets des six filles sensées composer Azoth qui sont trouvés, un peu partout dans le pays. L’affaire du tueur du zodiac est née. Elle va passionner le Japon jusqu’à cette année 1979 où une femme vient apporter un document inédit à Mitarai …

Je ne suis toujours pas un fan de ce style de roman, et je n’en lirais pas tous les jours. Mais je me suis quand même bien amusé. Parce que l’auteur, tout en écrivant un roman dans la grande tradition, a réussi également à écrire un roman totalement original.

De la tradition nous avons tous les éléments : un détective génial, son assistant faire-valoir, un meurtre en chambre close, un soupçon d’astrologie (pour rire), des déductions, des schémas, un final avec présentation de la solution devant les intéressés …

Totalement original à plus d’un titre : Tout d’abord nous ne sommes pas en Angleterre mais au Japon, un pays décrit dans son évolution de 1936 à la fin des années 70. Egalement parce qu’aux mystères « classiques » l’auteur associe le thème moderne du serial killer. Son détective est totalement décalé, hors norme. Non pas qu’il soit cocaïnomane, alcoolique … ou autre, de ceux là, on en a des wagons. Non il est bien plus étrange, surtout pour un japonais : figurez-vous que moins il travaille, moins il est connu, plus il est content. Il déteste avoir des obligations, devoir se lever alors qu’il a envie de rester au lit, et gagner de l’argent l’indiffère totalement. Travailler moins pour vivre mieux en quelque sorte.

Autre originalité, l’auteur interpelle directement le lecteur, le mettant au défi :

« Défi lancé au lecteur […] Il va sans dire que vous êtes désormais en possession de tous les éléments nécessaires. N’oubliez pas que la clé de l’énigme est limpide et qu’elle se trouve juste sous votre nez » (page 282).

Et plus loin : « Le second défi […] Nous avons maintenant un indice grossier […] Je suis pourtant sûr qu’un grand nombre de lecteurs restent encore dans l’incompréhension […] C’est pourquoi je lance mon second défi : qui est donc ,%%µ**** ? » (page 298).

Pour finir, la liberté de ton, en particulier dans les dialogues, est très moderne, ce qui crée un contraste plaisant avec la thématique. Pour vous donner un exemple, voici comment Mitarai l’iconoclaste ose parler de son illustrissime prédécesseur : « Holmes nous est présenté comme le roi du déguisement. Une perruque et des sourcils blancs, une ombrelle et le voilà qui traverse la ville déguisé en vieille femme. Tu sais combien mesurait Holmes ? Plus de six pieds, soit quasiment un mètre quatre-vingt-dix ! Tu imagines des gens qui se disent : « Tiens, voilà une petite vieille d’un mètre quatre-vingt-dix » ? Un monstre, oui ! En fait les gens devaient se dire : « Tiens, voilà ce pitre de Holmes, encore déguisé en bonne femme ! » Seul Watson se laissait avoir. »

En bref, une excellente récréation pour les amateurs de logique qui ne dédaignent pas une pointe d’humour et un filet d’exotisme.

Soji Shimada / Tokyo Zodiac Murders  (Senseijutsu satsujinjiken, 1987), Rivages/Thriller (2010), Traduit du japonais par Daniel Hadida.

Xiaolong Qiu revient sur la révolution culturelle

Après De soie et de sang, revoilà l’inspecteur Chen de Shanghai, de retour dans La danseuse de Mao, sous la plume de Xiaolong Qiu.

L’inspecteur principal Chen a l’habitude des enquêtes … délicates. Mais cette fois, la requête directe d’un ministre est carrément explosive. Il s’agit de rentrer dans les bonnes grâces de Jiao, une jeune fille secrétaire qui, du jour au lendemain, c’est retrouvée propriétaire d’un grand appartement et mène grand train. Or cette belle jeune femme n’a pas de protecteur riche, et elle est la petite fille d’une ancienne maîtresse de Mao. La sécurité intérieure soupçonne qu’elle est en possession de documents compromettants pour le Grand Homme, et qu’elle s’apprête à les vendre. Même si la Chine est en train de prendre le virage du capitalisme, il est hors de question, pour le Parti qui reste aux commandes, que n’importe quel document soit publié. La difficulté est double pour le pauvre Chen : Il ne sait pas ce qu’il cherche, mais c’est forcément brulant, pour tout le monde, y compris pour le policier qui le découvrira …

Xiaolong Qiu continue sa double chronique : D’un côté celle de la mémoire de la Révolution culturelle, de ses ravages, que les nouveaux dirigeants, les nouveaux riches, les messieurs Gros-Sous, et la jeunesse branchée de Shanghai veulent oublier. De l’autre, celle de l’évolution vertigineuse de la Chine en général, et de Shanghai en particulier, où des fortunes colossales sont en train de se forger, alors que la majorité des gens s’enfonce peu à peu dans la misère. Une Chine nouvelle qui découvre des inégalités sociales faramineuses, qui lui font parfois regretter l’égalitarisme et la sécurité économique du temps … de Mao.

ll continue également à parsemer ses romans de poèmes (ici, souvent, de la main même du Grand Timonier), et surtout de description de plats plus étranges les uns que les autres.

Ce dernier opus, toujours intéressant, est tout de même moins réussi que les autres : L’intrigue servant de prétexte est vraiment très relâchée (mais c’est souvent le cas), et surtout un peu tirée par les cheveux. Le moteur de l’intrigue ne convainc pas vraiment, et sa résolution tient plus du miracle à la limite de l’escroquerie que de l’enquête policière. Comme si Xiaolong Qiu perdait peu à peu l’envie d’écrire des romans policiers, pour se concentrer sur sa chronique de Shanghai. De mon point de vue, il y perd une certaine cohérence narrative. C’est dommage.

Xiaolong Qiu / La danseuse de Mao  (The Mao case, 2007), Editions Liana Lévi (2008). Traduction de l’américain par Fanchita Gonzalez Battle.