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Bilan 2017

Nous sommes arrivés à l’époque des traditionnels bilans de l’année. Ceux qui suivent ces notes depuis un moment savent que j’ai beaucoup de mal à choisir, que je suis du style fromage ET dessert, c’est pourquoi je ne vais même pas tenter de sortir les 10 ou 12 ou 15 ou 30 meilleurs romans je vais juste faire un bilan avec les lectures qui m’ont marqué.

En regardant en arrière, je m’aperçois que l’année a été particulièrement marquée par la publication d’excellents polars français.

En commençant par trois grands revenants, qu’il a été extrêmement agréable de voir revenir. Je veux parler, of course de Claude Amoz et La découronnée, Hugues Pagan et Profil perdu et Jean-Hugues Oppel et 19500 dollars la tonne. Trois titres aussi différents les uns des autres qu’on peut l’être, et trois très belles réussites.

la decouronee.indd  Pagan   Oppel

Viennent ensuite des auteurs très discrètes, trop sans doute. Et pourtant leurs romans, là aussi très différents l’un de l’autre, valent vraiment que l’on s’y arrête. Il s’agit du délicieux Manuel de savoir vivre en cas de révolution de Maïté Bernard, et du plus âpre Sous nos pas, la neige de Laurence Biberfeld.

Bernard    Biberfeld

Même si cela ne fait pas si longtemps que ça qu’ils écrivent, on ne présente plus ici ces auteurs qui confirment, une fois de plus, tout le bien que l’on a pensé de leurs précédents romans. Je pense à Thomas Bronnec et En pays conquis, Seules les bêtes de Colin Niel, Glaise de Franck Bouysse et Ils ont voulu nous civiliser de Marin Ledun.

bronnec  Bouysse   niel  Ledun

Il est deux auteurs dont, jusqu’à présent, je n’avais apprécié qu’à moitié les romans, et qui cette année m’ont enthousiasmé : le complètement déjanté mais néanmoins cohérent Révolution de Sébastien Gendron, et Ingrid Astier qui, à mon goût, a trouvé le ton qui lui va le mieux avec un Haute voltige plein de panache. Auxquels j’ajoute un auteur que malheureusement je connais mal Frantz Bartelt, et son excellente Hôtel du grand cerf, et un auteur que je découvre cette année et qui m’a emballé : Jacki Schwartzmann et son Demain c’est loin.

gendron  astier Bartelt  Schwartzmann

Et pour en finir avec nos auteurs, les grands de grands n’ont pas déçu, je me suis régalé, là aussi dans des registres totalement différents avec le retour d’Adamsberg dans Quand sort la recluse de Fred Vargas, Hervé Le Corre aussi magistral dans le roman noir classique de Prendre les loups pour des chiens que dans ses romans historiques, je suis un fan absolu de l’humour noir, de la méchanceté incisive, de l’humanité et de l’écriture ciselée d’Hannelore Cayre : La daronne, et Serge Quadruppani nous a livré un roman d’une énergie et d’un humour absolument réjouissants : Loup solitaire.

Vargas  prendre les loups pour des chiens.indd   Cayre Quadruppani

Ceci dit, il n’y a pas eu que des polars français cette année. On a eu, en particulier quantité d’excellents polars italiens qui viennent confirmer, année après année, la vitalité du genre chez nos voisins qui savent allier humour et noirceur, tendresse et pertinence de la critique. Cette année nous sommes allés à Naples avec Le Noël du commissaire Ricciardi de Maurizio de Giovanni, à Parme avec La pension de la via Saffi de Valerio Varesi, en Sicile avec Une voix dans l’ombre du maestro Andrea Camilleri, dans le Val d’Aoste avec Maudit printemps d’Antonio Manzini, en Calabre avec La vérité du petit juge de Mimmo Gangemi et à Milan avec Le chant des sirènes de Gianni Biondillo.

Varesi  le noel du comissaire ricciardi.indd  Camilleri

Manzini  Gangemi  Biondillo

On ne s’est pas non plus ennuyés chez nos amis américains. On a retrouvé les amis de toujours, James Lee Burke et La fête des fous, Thomas Cook avec Danser dans la poussière, Ron Rash, Par le vent pleuré.

LeeBurke  Cook  Rash

Les « petits nouveaux » ont confirmé, de la bonne série B avec la conclusion de la trilogie de brillants de Marcus Sakey, En lettres de feu, le truculent Todd Robinson et Une affaire d’hommes, on retrouve Peter Farris avec Le diable en personne, et Neely Tucker, reprend son personnage de journaliste dans le beaucoup trop méconnu A l’ombre du pouvoir.

Sakey  Robinson  Farris  Tucker

Pour finir chez les américains, deux découvertes pour moi, Nulle part sur terre de Michael Farris Smith, qui a eu un bon succès, au moins sur les blogs polars, et (In)visble de Sarai Walker dont je n’ai vu parler nulle part et qui pourtant mérite vraiment qu’on le découvre.

FarrisSmith  Walker

Du côté des grands-bretons et des irlandais, nous avons eu cette année les solides et efficaces Sam Millar avec Au scalpel, Stuart Neville, Le silence toujours, le roman historique de Gordon Ferris, La filière écossaise, un bon roman d’espionnage de Mick Herron, Les lions sont morts, et une belle découverte avec le roman noir, mais en même temps roman d’aventures Dans les eaux du grand nord de Ian McGuire.

Millar le silence pour toujours.indd  Herron   McGuirre

Pour finir ce tour du monde, des romans de nos deux auteurs fétiches au festival Toulouse polars du Sud, La veille de presque tout de Victor del Arbol et Attends-moi au ciel de Carlos Salem,

delarbol   Salem

Trois très belles découvertes avec le Mexicain Martin Solares, et un roman très noir N’envoyez pas de fleurs, l’inclassable Bagdad, la grande évasion de Zaad Hossain, et un de mes grands coups de cœur de cette année, le premier roman d’une jeune mexicaine, Gabacho d’Aura Xilonen.

Solares  Hossain  xilonen

Je termine avec deux grands auteurs qui m’ont fait très plaisir cette année, Jo Nesbo en reprenant Harry Hole dans La soif, et le grand roman de Deon Meyer, L’année du lion.

A14504_Nesbo_Lasoif.indd   Meyer

En fait ce n’est pas fini … Il me faut rajouter quelques titres inclassables, mais immanquables. Je veux parler des westerns : Une assemblée de chacals de Z. Craig Zahler, La famille Winter de Clifford Jackman et bien entendu Lune comanche de Larry McMurtry et le grand livre d’aventure Equateur d’Antonin Varenne.

Zahler  Indridason  McMurtry  Varenne bis

Si vous ne savez pas quoi lire en cette fin d’année, ou en début d’année prochaine, vous pouvez piocher dans cette liste en toute confiance.

Rencontres

Je vous ai dit tout le bien que je pense du dernier Biondillo, mais aussi comme il ne faut pas rater une occasion de le voir en chair et en os (et en humour).

Et bien les parisiens ont de la chance, il sera à l’Institut culturel italien le 26 octobre à 19h00. Tout est là.

J’en profite pour attirer votre attention sur le très riche programme de rencontres des auteurs Métailié.

Avec une mention pour les toulousains, vendredi prochain, à Ombres Blanches, avec Santiago Gamboa. Rencontre à laquelle, malheureusement, je ne pourrai pas participer.

Toulouse Polars du Sud 9°

Affiche-TPS2017

Pour la 9° année, le week-end du 6 au 8 octobre sera noir à Toulouse avec le festival Toulouse Polars du Sud.

Dès mercredi dans les librairies, les médiathèques et les CE, sans compter les collèges et les lycées (mais là, ce n’est pas ouvert au public), vous pourrez rencontrer un peu plus d’une cinquantaine d’auteurs.

Je ne vous détaille pas tout le programme, vous avez tout là.

Sachez quand même, si vous suivez ce blog que vous pourrez discuter avec une belle collection d’auteurs dont vous avez entendu parler ici.

Cayre  Robinson  Varesi  doa

En vrac, et de façon non exhaustive, Todd Robinson et Sara Gran from US, Andrée Michaud la québécoise, notre invité fétiche l’argentin Carlos Salem, pour la première fois l’auteur péruvien Santiago Roncagliolo, les espagnols Agustin Martinez et Andreu Martin, une  belle brochette d’auteurs italiens qui seront présentés par une pointure : Carlo Lucarelli, Gianni Biondillo et Valerio Varesi présentés par Serge Quadruppani (dont le dernier roman sort juste à temps pour le festival), le roumain Bogdan Teodorescu

lucarelli  Salem  bondree.indd Roncagliolo

Sans oublier, bien entendu côté français, Hugues Pagan, Jean-Hugues Oppel, Claude Amoz, Maïté Bernard, Hervé le Corre, DOA, Hannelore Cayre, Philippe Huet, Cloé Medhi … Et bien d’autres.

sinnerPour les amateurs de BD en noir et blanc, une légende sera avec nous José Muñoz, dessinateur du mythique Alack Sinner créé avec son compère Carlos Sampayo.

Vous aurez aussi l’occasion de croiser quelques amateurs de polar que vous connaissez peut-être comme Yan de encore du noir, les docteurs du polar … ou ma pomme.

HasanPlus inhabituel, vous pourrez aussi y croiser une ancien Puma, ancien joueur du Stade Toulousain, chanteur lyrique, et président , cette année, du prix Violeta Negra : Omar Hasan, qui avec le jury a choisi cette année … Mais ça vous ne le saurez que samedi matin, lors de l’inauguration.

 

Bref une semaine bien dense, et un week-end de folie. On se voit au bar ?

Pour les toulousains

Une grosse semaine s’annonce pour les toulousains, avec le Marathon des mots. Je ne vais pas vous détailler tout le programme, ce serait impossible, il est en ligne là.

Mais je vais faire un peu d’égocentrisme.

Je serai aux manettes de trois animations avec des auteurs :

Vendredi à 18h30 à Ombres Blanches pour une table ronde d’écrivaines mexicaines, avec Guadalupe Nettel et surtout Aura Xilonen, auteur du très bluffant Gabacho.

Le même vendredi, un peu plus tard, à 20h30 à la Librairie de la Renaissance avec Leonardo Padura.

Un Leonardo Padura que je retrouverai le dimanche à 11h à la librairie Ombres Blanches.

A noter que juste après, le mardi 27 juin à 18h00 c’est Alex Taylor, auteur du Verger de marbre qui sera à Ombres Blanches.

Deux infos polar

Deux infos polar :

Mercredi 22, la Librairie de la Renaissance et Toulouse polars du Sud invitent Hervé le Corre, pour discuter, entre autres de son dernier roman : Prendre les loups pour des chiens.

Ce sera à 20h30, rencontre puis signature.

Le prix Mystère 2017 de la critique a été attribué à :

  • Cloé Medhi / Rien ne se perd pour le prix du meilleur polar français
  • Don Winslow / Cartel pour celui du meilleur polar étranger.

Mise en page 1   winslow

Prix Violeta Negra 2017

Toulouse polars du Sud a sorti sa sélection pour le prix Violeta Negra qui sera décerné en octobre lors du festival.

Comme tous les ans, six titres du « sud » seront en lice :

  • Peine capitale de Santiago Roncagliolo
  • Société noire d’Andreu Martin
  • Meurtres rituels à Imbaba de Parker Bilal
  • Et l’obscurité fut de Maurizio De Giovanni
  • Le fleuve des brumes de Valerio Varesi
  • Suburra de Giancarlo de Cataldo et Carlo Bonini.

Que les lecteurs du jury soient inspirés et que le meilleur gagne ! En 2016 c’est Toutes les vagues de l’océan de Victor del Arbol qui l’avait emporté.

Tout est là.

Et si vous deviez voter ?

Bilan polar 2016

D’ici la fin de l’année, je ne pense pas lire autre chose que des vieilleries laissées de côté, de la SF ou des BD. Voire attaquer la rentrée de janvier. Il est donc temps de voir un peu quel est le bilan polar de l’année.

Je ne sais pas si c’est l’âge, l’envie de tout partager, un manque de discernement, ou si c’est juste que 2016 a été une très grande année littéraire, mais cette année, plus que d’habitude, je ne sais pas choisir. Surtout, je ne sais pas éliminer, donc je vais proposer encore plus de roman pour mon bilan de fin d’année. J’ai essayé d’en garder, 10, 12, 24 … Je bloque à 36 ! Finalement, on va faire avec, ça ne fait jamais que 3 par mois.

Deux monstres étaient attendus en 2016, ils ont tous les deux tenu leurs promesses. Vous l’avez sans doute deviné, il s’agit de Cartel de Don Winslow et de Pukhtu Secundo de DOA.

                        winslow  doa

Il y a ensuite les auteurs que je suis régulièrement, depuis déjà quelques années, et qui ne me déçoivent jamais (ou rarement). Certains comme Céryl Férey et son Condor, Giancarlo de Cataldo (cette année associé à Carlo Bonini) pour Suburra, et Marin Ledun avec En douce reviennent régulièrement avec de nouvelles histoires et de nouveaux personnages, mais toujours le même talent.

Férey DeCataldo ledun

J’attends également le retour de personnages qui sont devenus de vrais amis avec une impatience non dissimulée. C’est le cas de Salvo Montalbano d’Andrea Camilleri (un des rares qui m’a fait rire dans cette sélection), de Walt Longmire de Craig Johnson, d’Erlendur d’Arnaldur Indridason, de John Rebus de Ian Rankin, de Charlie Parker de John Connolly (tient, lui aussi fait sourire parfois, sourire noir, mais sourire), des flics du commissariat de Pizzafalcone de Maurizio de Giovanni ou de la police de Rennes d’Olivier Truc. Tous étaient là au rendez-vous cette année, pour mon plus grand bonheur (et le vôtre ?).

Camilleri   couv rivire   Indridason  rankin

Connolly   DeGiovanni   truc

J’ai aussi eu l’excellente surprise de retrouver certains auteurs que je n’attendais pas cette année : ce fut le cas de la Peine capitale du péruvien Santiago Roncagliolo, autre divine surprise, la suite des aventures de la réplicante de Rosa Montero dans Le poids du cœur, et le nouveau roman grinçant de Donald Ray Pollock, Une mort qui en vaut la peine. Auxquels il faut ajouter la suite du flamboyant « Huitième vibration » de Carlo Lucarelli : Albergo Italia.

Roncagliolo  Montero  pollock  lucarelli

Autres suites, que j’attendais ou pas, et qui confirment le talent ou le retour de leurs auteurs : Anne Bourrel qui souffle le froid, après avoir soufflé le chaud dans L’invention de la neige, Les justiciers de Glasgow de l’écossais Gordon Ferris, le retour confirmé du sud-africain Wessel Ebershon avec La nuit est leur royaume, la suite attendue de l’américain Marcus Sakey dans Un monde meilleur, le second roman égyptien du soudanais Bilal Parker, Meurtres rituels à Imbaba, la conclusion de la trilogie du polonais Zygmunt Miloszewski avec La rage, et la confirmation de la verve des deux italiens Mimmo Gangemi, Le pacte du petit juge et Antonio Manzini, Froid comme la mort (eux aussi sont drôles, heureusement que les italiens sont là pour nous faire rire ou sourire). Joli tour du monde non ?

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Enfin, il y a les découvertes, ou du moins les découvertes pour moi, toutes magnifiques : du côté de chez nous, Chloé Medhi et Rien ne se perd, et également avec un gamin comme personnage central, Planète vide de Clément Milian. Toujours chez nous les campagnes pas vraiment rassurantes de Benoit Minville de Rural noir, de Patrick Delperdange dans Si tous les Dieux nous abandonnent, et de Pierric Guittaut, D’ombres et de flammes. Toujours en plein air, mais loin d’ici, il y a eu la découverte (enfin) de la canadienne Andrée Michaud avec Bondrée.

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MinvilleDelperdange   guittaut

Pour finir, on a voyagé pour la première fois également avec un polar psychologique très fin : Tout ce qu’on ne s’est jamais dit, de l’américaine Celeste Ng, et le suspense sécuritaire angoissant de Sean Doolittle, Sécurité renforcée. On a découvert le plaine du Pô, avec ce qui ressemble bien au début d’une belle série : Le fleuve des brumes de Valerio Varesi, et joies, les contrastes et la vitalité de la ville de Lagos de Leye Adenle : Lagos lady. Le roman étrange et envoutant, Les planificateurs du sud-coréen Kim Un-Su nous a amené hors du temps, et le très sombre Water knife de Paolo Bacigalupi dont je viens de parler nous a montré un futur possible particulièrement sombre.

NG   Unknown  varesi

Adenle    UnSu    bacigalupi

Voilà pour l’année polar, et reviens d’ici la fin de l’année causer BD et SF, rassurez-vous, ce sera plus court.